Coopération Sud-Sud et Coopération triangulaire: un «facteur de changement» pour les populations les plus vulnérables, selon le Directeur général de la FAO

Œuvrer au niveau institutionnel et communautaire

12 décembre, Madrid – Les partenariats innovants, les investissements et les échanges techniques par la Coopération Sud-Sud et triangulaire sont essentiels pour les pays, surtout dans les pays du Sud, pour faire face au changement climatique et atteindre les Objectifs de développement durable des Nations Unies.


 

C’est le message que M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO, a lancé mercredi en s’adressant au Forum de haut niveau sur la Coopération Sud-Sud à la 25ème session de la Conférence des Parties (COP25) à Madrid.


«Le changement climatique met à risque la production agricole, surtout pour les populations des régions vulnérables les plus exposées, les moins résilientes et qui disposent de moins de mécanismes de défense», a déclaré M. Qu.

Il a ajouté que la Coopération Sud-Sud et la Coopération triangulaire peuvent être des «facteurs de changement» puisqu’ils offrent des «modèles innovants à l’appui du changement et des réformes».

Rôle pionnier de la FAO

La Coopération Sud-Sud (CSS) et la Coopération triangulaire (CTr), qui prévoient également la participation de pays tiers et d’autres partenaires, rompent avec la dichotomie traditionnelle entre les donateurs et les bénéficiaires et se sont révélées efficaces pour créer des emplois, construire des infrastructures et promouvoir les échanges commerciaux.

À travers cette coopération, la FAO a facilité les échanges d’expériences techniques et de savoir-faire en envoyant sur le terrain plus de 2 000 experts et techniciens dans plus de 80 pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Afrique du Nord et ailleurs au cours des 20 dernières années.

M. Qu a fait savoir que la CSS est active aussi bien au niveau institutionnel qu’au niveau communautaire et qu’elle a aidé à traduire les besoins du développement en des possibilités commerciales attractives pour les investissements du secteur privé.

«Nous avons des solutions mais, pour qu’elles soient efficaces, nous devons agir à plus grande échelle et être plus rapides», a précisé  le Directeur général car «le temps presse».

La FAO a joué un rôle de pionnier dans la promotion de la Coopération Sud-Sud et de la Coopération triangulaire et, au cours des vingt dernières années, plus de 370 millions de dollars USD ont été investis dans des projets et des activités dans ce sens.

L’introduction réussie, à travers la CSS, de nouvelles technologies dans de nombreux pays a contribué à renforcer la sécurité alimentaire, notamment grâce à l’amélioration de la productivité agricole, à la diversification des cultures alimentaires, à la production de petits animaux et de poisson et à l’accroissement des revenus des populations rurales.

À ce jour, les principaux prestataires FAO de la CSS sont la Chine et le Brésil, ainsi que le Mexique, le Maroc et le Venezuela.

Le Nigéria, l’Ouganda, le Sénégal, le Sri Lanka et la Mongolie font partie des pays qui ont bénéficié des initiatives de la CSS pour l’amélioration de la sécurité alimentaire, des moyens d’existence et des revenus des petits agriculteurs familiaux. L’Organisation s’est fixé des objectifs ambitieux qui prévoient la création de 200 partenariats avec le monde académique et les instituts de recherche, en vue d’encourager l’échange des connaissances techniques et le renforcement des capacités.

Cette année marque le 10ème anniversaire du Programme de Coopération Sud-Sud FAO-Chine qui a directement profité à plus de 70 000 personnes dans les pays en développement en Afrique subsaharienne et en Asie. Depuis que la FAO et la Chine ont établi le Programme CSS, en 2009, des experts chinois ont partagé leurs connaissances et leurs technologies auprès d’agriculteurs locaux en Afrique et en Asie, dans le but d’augmenter la productivité et la durabilité agricoles dans les secteurs de la production, de la zootechnie, de l’horticulture, des pêches et de l’aquaculture, et d’améliorer la gestion et la conservation de l’eau et des sols.

Photo: ©FAO/Eduardo Dieguez San Bernardo
M. QU Dongyu, Directeur général de la FAO, intervenant au Forum de haut niveau sur la Coopération Sud-Sud à Madrid.

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