Des modèles de coopération pour transformer le secteur agricole

La coopération Sud-Sud et la Coopération triangulaire peuvent favoriser une agriculture plus intelligente, dixit le Directeur général de la FAO

12 février 2020, New York - Le processus de réduction des souffrances liées à la faim en vue de les faire atteindre des niveaux acceptables « passe par notre capacité à transformer le secteur agricole », a déclaré M. QU Dongyu, Directeur général de la FAO, lors d'un dialogue interactif organisé au siège des Nations Unies.

 « Nous avons besoin d'une agriculture plus intelligente capable de travailler avec, et non pas contre, la nature, et qui valorise et rémunère correctement les contributions des petits producteurs, pêcheurs, éleveurs et peuples autochtones non seulement pour leur production alimentaire mais aussi pour la préservation de la biodiversité et la conservation des services écosystémiques », a-t-il ajouté.

Le Directeur général a prononcé son allocution à l'occasion de l'événement « Viser la faim: la Coopération Sud-Sud et la Coopération triangulaire pour transformer l'agriculture », un dialogue interactif qui s'est tenu au siège des Nations Unies à l'initiative du Président de l'Assemblée générale des Nations Unies (AGNU).

« La faim est un fléau indigne de notre époque », a martelé M. Tijjani Muhammad-Bande, Président de la 74ème session de l'AGNU. « Nous disposons de la capacité technique et d'autres ressources pour y mettre fin. »

Les efforts visant à atteindre l'objectif Faim Zéro doivent et peuvent « s'inscrire dans le cadre plus général de l'éradication de la pauvreté », a ajouté M. Muhammad-Bande.

Selon le rapport de la FAO sur L'État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde,
plus de 820 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim comme le montrent les indicateurs de sous-alimentation, tandis que deux milliards de personnes sont régulièrement confrontées à une situation d'insécurité alimentaire modérée ou grave.

Plusieurs façons de coopérer

« La FAO a toujours été en première ligne en matière de Coopération Sud-Sud et triangulaire depuis plus de 40 ans, pendant lesquels elle a réussi à lever plus de 370 millions de dollars pour des projets et déployer plus de 2 000 experts et techniciens dans 80 pays en vue de favoriser le transfert de solutions et de technologies. Ces échanges permettent de transférer aux petits agriculteurs, de manière efficace, les connaissances, les expériences et les technologies en matière d'agriculture durable et intelligente face au climat, » a indiqué M. Qu.

Les participants présents au dialogue se sont accordés à dire qu'il était nécessaire de mettre en place des mesures politiques clés en faveur des petits exploitants agricoles, en particulier pour la fourniture d'un appui technique, pour favoriser l'accès aux financements, aux moyens d'atténuer les impacts du changement climatique, aux marchés et aux équipements de stockage, ainsi qu'à la recherche et aux technologies, afin de répondre à leurs besoins spécifiques. Des accords de coopération sur-mesure sont fondamentaux si l'on veut arriver à trouver des solutions locales qui peuvent être reproduites à plus grande échelle et favoriser l'auto-suffisance. Ils devront être soutenus par des mesures fiscales dans le secteur social et au niveau de la production dans les pays où l'insécurité alimentaire est persistante.

Le Directeur général a indiqué que l'initiative Hand-in-Hand lancée l'an dernier, permettra de mettre en œuvre des projets de coopération Sud-Sud et triangulaire de vaste portée et innovants. L'initiative vise à identifier et à cibler les domaines où l'écart entre le potentiel agricole et le développement réel est grand et où, par conséquent, les investissements peuvent aider les populations à sortir à la fois de la pauvreté et de la faim.

« L'objectif est de comprendre où et comment les investissements, l'innovation, les changements politiques et institutionnels peuvent aider à faire du changement du système agroalimentaire un moteur de réalisation des Objectifs de développement durable », a déclaré M. Qu.

La clé de la réussite des actions prévues réside dans l'élargissement des partenariats entre différents groupes d'acteurs, en ajoutant de nouveaux membres en plus des pays qui ont été de fervents défenseurs de la coopération Sud-Sud et triangulaire, en créant des partenariats avec des établissements universitaires et des instituts de recherche, et en stimulant les liens avec le secteur privé, pour « avoir un impact d'envergure », a affirmé le Directeur général.

La FAO fournira à ses membres un appui différencié pour le renforcement des capacités, en apportant aux donateurs et aux bénéficiaires une aide afin que « les pays soient capables de gérer les échanges de manière efficace et qu'ils s'engagent en faveur » d'une coopération Sud-Sud et triangulaire « qui soit percutante et produise des bénéfices mutuels. »

« La FAO peut faire beaucoup. Ensemble, nous pouvons faire plus et nous pouvons le faire plus vite, et dans les temps, en vue de réaliser les ODD, » a indiqué M. Qu.

Photo: @FAO/Kena Betancur
De gauche à droite : QU Dongyu, Directeur général de la FAO, Tiijani Muhammad-Bande, Président de l’Assemblée générale des Nations Unies et Jorge Chediek, Directeur du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.