L’industrie forestière doit améliorer son bilan sécuritaire

Un nouveau rapport de la FAO souligne les efforts déployés afin de réduire les accidents forestiers avec notamment des contrôles de sécurité et des formations aux premiers secours

28 avril 2020, Rome - Selon un article de la FAO publié aujourd'hui à l'occasion de la Journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail, l'industrie forestière doit travailler à améliorer son bilan sécuritaire et à promouvoir l'emploi en milieu rural en vue de réaliser les Objectifs de développement durable.

Le rapport intitulé, Santé et sécurité et au travail dans le contexte de la récolte forestière et de la sylviculture : Résumé pour les ouvriers et les instructeurs, indique que malgré des statistiques incomplets, la foresterie fait partie des professions les plus dangereuses au monde.

Les données officielles relatives aux accidents révèlent un nombre élevé de blessures et de morts chaque année dans le secteur et nombre d'entre elles interviennent dans les pays développés. Néanmoins, ces dernières ne donnent pas d'indication sur l'étendue des accidents survenant dans le secteur forestier informel qui emploie entre 45 et 50 millions de personnes à travers le monde.

 " Les accidents et décès survenant dans le secteur forestier informel ou à la suite d'actes d'exploitation forestière illégale ne sont pas toujours enregistrés comme des accidents forestiers, et ne sont parfois pas signalés du tout", a indiqué Jonas Cedergren, expert forestier à la FAO, également co-auteur de l'article. " Mais il est important de se souvenir que ces accidents sont toujours aussi tragiques, " poursuit-il.

 " Réduire les blessures et les décès constitue une partie importante de nos efforts en vue d'atteindre les Objectifs de développement durable liés aux emplois décents, à la bonne santé, au bien-être, à la pauvreté et à l'égalité, " a ajouté M. Cedergren.

Des conditions difficiles

Les emplois dans le secteur forestier sont souvent caractérisés par des conditions de travail difficiles comme le fait de faire tomber de grands arbres, parfois pourris à l'aide d'outils dangereux et de soulever des charges relativement lourdes, parfois dans des conditions climatiques extrêmes.

Selon l'article, les vibrations émises par les outils manuels et les tâches répétitives peuvent entrainer des blessures musculosquelettiques tandis que le bruit des tronçonneuses et des débroussailleuses peuvent provoquer des pertes d'audition et réduire la capacité des ouvriers à évaluer les menaces posées par les machines, les arbres et même la faune.

Les forestiers travaillent également sur des terrains difficiles, où le sol et les bûches peuvent devenir glissant lorsque mouillés, et souvent dans des endroits isolés loins de toute aide.

Toujours d'après le rapport, une mauvaise formation, le manque de supervision, l'utilisation de machines de faible technologie et du matériel inadéquat pour faire face aux problèmes de sécurité posés par des conditions de travail difficiles peuvent amplifier les risques dans les pays en développement.

Les travailleurs forestiers sont également vulnérables face aux risques biologiques tels que les infections et les maladies transmises par les insectes et les morsures d'animaux.

Les étapes à suivre pour changer

Néanmoins, l'article de la FAO indique qu'il est possible de changer la donne et d'instaurer une culture de la sécurité qui minimise les risques relatifs à la santé et à la sécurité de l'ouvrier.

Le rapport propose une série d'étapes à suivre pour pouvoir réduire les accidents forestiers dont le fait d'identifier les risques, de mener à bien des contrôles de sécurité, de garantir des méthodes de travail sûres et de former les ouvriers aux premiers secours.

Le rapport insiste également sur la nécessité de mener des enquêtes suite aux incidents de manière à pouvoir lutter contre les causes de l'accident, et de constituer des registres et des statistiques afin d'identifier et de résoudre les problèmes récurrents.

Destiné aux organisations de producteurs, aux syndicats, aux instituts de formation professionnels, aux instructeurs et aux organismes publiques concernés, l'article offre également des conseils pratiques pour faire face aux problèmes sécuritaires tels que les risques biologiques, chimiques, le stress thermique, l'utilisation de machines, les risques liés à l'abattage, les scieuses, la plantation d'arbres et la récolte de produits forestiers non-ligneux.

 " La foresterie est parfois appelé, le job ‘3D'- dégoûtant, difficile et dangereux. L'industrie doit améliorer son bilan sécuritaire et sa réputation, afin d'améliorer les emplois décents et attirer les générations futures vers le secteur, "a déclaré M. Cedergren.

Photo:©FAO/Vasily Maksimov
Des bûcherons à l’œuvre près de Leshoz Saba, en Russie.