Partenariat FAO-Rabobank : rendre les systèmes alimentaires plus durables grâce à des mécanismes d’investissement novateurs

Réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer l’utilisation des terres et de l’eau, et donner plus de moyens aux petits exploitants

6 juillet 2020, Rome - L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a signé un nouvel accord de partenariat avec la Rabobank, une banque coopérative néerlandaise, avec l'intention de permettre aux communautés rurales visées de bénéficier de systèmes alimentaires plus inclusifs et plus durables. Les deux partenaires prévoient également d'étudier l'utilisation d'instruments financiers novateurs afin de combler les déficits de financement sur les nouveaux marchés et de promouvoir la durabilité des investissements réalisés dans les systèmes alimentaires. 

La FAO et la Rabobank travailleront avec les principaux secteurs de l'alimentation et de l'agriculture sur une série de projets étudiés pour faciliter la réduction des émissions de gaz à effet de serre, améliorer l'utilisation des terres et de l'eau, et donner plus de moyens aux petits exploitants afin de relever les défis du changement climatique et de réduire les pertes de denrées alimentaires. Elles feront particulièrement attention à ce que les populations pauvres, vulnérables ou marginalisées, notamment les femmes et les jeunes, soient pris en compte.

Cette collaboration démarrera par un examen du secteur laitier dans deux pays pilotes, l'Inde et le Kenya, afin de réduire les pertes alimentaires dans ce secteur et de promouvoir une transition vers des systèmes alimentaires plus durables. En effet, le secteur laitier a un rôle important à jouer dans la transformation des systèmes alimentaires, car il contribue à la sécurité alimentaire et à la nutrition, et fournit des moyens d'existence à un certain nombre d'acteurs tout au long de la chaîne de valeur alimentaire. Et même s'il contribue également aux émissions de gaz à effet de serre, les possibilités d'amélioration sont énormes dans ce secteur. 

Les projets entrepris grâce à ce partenariat s'inscriront dans le cadre de l'initiative Main dans la main, qui met en relation donateurs et bénéficiaires, à l'appui d'initiatives sur mesure pilotées par les pays afin d'aider les populations les plus vulnérables. Le secteur privé est un partenaire clé de cette initiative, et la Rabobank, l'un des chefs de file mondiaux dans le domaine du financement de l'agriculture et des services bancaires axés sur la durabilité, offre les meilleurs atouts pour participer à la conception de ces interventions.

«Ce nouveau partenariat entre la FAO et la Rabobank permettra de financer les activités que nous menons pour transformer les systèmes alimentaires afin qu'ils deviennent plus inclusifs et plus durables, tout particulièrement dans le contexte des interventions de lutte contre la covid-19 et compte tenu de la nécessité de reconstruire, en mieux. Il sera axé spécifiquement sur l'amélioration de l'utilisation des terres et de l'eau, la réduction des émissions de gaz à effet de serre et des pertes de denrées alimentaires, tout en renforçant la résilience des agriculteurs et des petites entreprises» a expliqué M. Qu Dongyu, Directeur général de la FAO. «Je tiens également à remercier la Rabobank pour le soutien qu'elle apporte à l'initiative Main dans la main qui vise, grâce à des interventions pilotées par les pays, à aider les populations les plus vulnérables» a-t-il ajouté.

La pandémie de covid-19 nous a enseigné que nos systèmes alimentaires ont besoin d'une «nouvelle normalité», a déclaré Berry Marttin, membre du conseil d'administration de la Rabobank. «Nous devons recenser et analyser les déficits de financement et réfléchir aux circuits d'approvisionnement, courts et longs. Nous devons mettre en avant de nouveaux moyens de rémunérer les investissements axés sur la durabilité, avec par exemple l'idée que la nature a un prix, une méthode d'établissement des prix qui prend en compte l'impact environnemental de l'alimentation. La Rabobank est la banque de référence dans le secteur de l'alimentation et de l'agriculture, mais c'est également une banque coopérative. Nous croyons en la collaboration. Ce partenariat avec la FAO nous permet de mobiliser nos savoir-faire et nos réseaux complémentaires afin de contribuer à de réelles transformations des systèmes alimentaires.»

Les activités de ce partenariat consisteront également à analyser la situation des filières agricoles afin de déterminer les secteurs qui se prêtent au financement de l'action climatique sur les nouveaux marchés, et nous étudierons la possibilité de mettre en place, dans le cadre de programmes de financement de la protection de l'environnement ou de l'action climatique, des mesures d'incitation afin d'encourager les agriculteurs et les petites entreprises à adopter des techniques et des pratiques de réduction des émissions des gaz à effet de serre.

Dans le cadre de ses activités, la FAO œuvre pour des systèmes alimentaires durables qui garantissent à chacun la sécurité alimentaire et une bonne nutrition sans compromettre les conditions économiques, sociales et environnementales nécessaires à la sécurité alimentaire et à la nutrition des générations futures. Les systèmes alimentaires, qui sont cause de changements climatiques, de dégradations des sols et de pertes de biodiversité, tout à la fois contribuent aux phénomènes météorologiques extrêmes et en pâtissent. Par conséquent, la recherche de solutions exige une approche axée sur les systèmes qui prenne en compte l'ensemble des problèmes, dans leur globalité et leur complexité.

Les collaborations précédentes de la FAO avec la Fondation Rabobank, une fondation privée financée par la banque, ont été fructueuses. Elles ont porté sur des projets visant à augmenter les revenus des petits exploitants en Éthiopie, au Kenya et en Tanzanie grâce à un meilleur accès aux outils financiers et aux investissements.

Photo: ©FAO/
Une agricultrice kenyane prépare des feuilles de niébé pour ensuite les sécher. Le partenariat entre la FAO et Rabobank se veut inclusif en intégrant les populations pauvres et vulnérables et les groupes marginalisés dont les femmes et les jeunes.