Les PEID, les PDSL et les PMA font entendre leur voix à la Conférence régionale de la FAO pour l’Asie et le Pacifique

Les effets du COVID-19 et du changement climatique menacent la sécurité alimentaire dans les petits États insulaires en développement, les pays les moins avancés et les pays en développement sans littoral

2 septembre 2020, Bangkok/Thimphou  - La Conférence régionale de la FAO pour l'Asie et le Pacifique, organisée à distance par le Gouvernement du Royaume du Bhoutan, a débuté hier et représente pour la FAO et la communauté internationale une occasion majeure d'écouter et de prendre en considération ce qu'ont à dire les pays qui sont généralement les plus exposés aux chocs, y compris aux répercussions de la pandémie du COVID-19: les petits États insulaires en développement (PEID), les pays les moins avancés (PMA) et les pays en développement sans littoral (PDSL). 

Les délégations des îles du Pacifique ont été nombreuses à participer activement aux deux premières journées d'échanges techniques et à exposer leurs craintes quant aux difficultés liées à la pandémie du COVID-19, à ses répercussions et à d'autres sujets de préoccupation urgents. 

La délégation des Tokélaou, territoire sans gouvernement autonome rattaché à la Nouvelle-Zélande et membre associé de la FAO, a déclaré qu'aucun cas de COVID-19 n'avait été détecté au sein de la population, qui ne compte que 1 400 habitants. Leur sécurité alimentaire est pourtant menacée. 

«Je tiens à saluer les efforts consentis actuellement par tous les pays, en particulier par les pays de notre Communauté du Pacifique, ainsi que l'action qu'ils mènent pour combattre le COVID-19 et l'empêcher de frapper les Tokélaou. Malheureusement, les restrictions concernant les déplacements qui ont été mises en place auront des répercussions majeures sur notre sécurité alimentaire. Face au COVID-19, la moindre faille de sécurité biologique est susceptible de mettre en péril la survie de la population des Tokélaou», a-t-elle déclaré.

Les Tuvalu, autre petit archipel du Pacifique, ont pris des mesures internes pour tenter d'atténuer les répercussions des perturbations concernant le commerce international: «L'offre d'aliments importés est extrêmement menacée. Dans le contexte de la pandémie sans précédent qu'est celle du COVID-19, nous encourageons la population à accroître ses activités dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche.»

Les effets du changement climatique figuraient parmi les préoccupations prioritaires des îles du Pacifique lors de la session de la Conférence régionale de la FAO. La délégation du Samoa a sollicité un appui international en faveur du renforcement de la résilience des systèmes agroalimentaires.

«Nous sommes impatients que la FAO aide le Samoa, en particulier face aux effets négatifs du changement climatique, à mettre en place des pratiques de gestion des ressources dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche et à renforcer et améliorer sa résilience face au climat et ses mesures d'atténuation des risques climatiques.» 

La délégation du Samoa a en outre fait remarquer qu'une autre menace faisait son apparition: «La peste porcine africaine gagne lentement les îles du Pacifique et nous sollicitons une assistance, sous la forme de documents de sensibilisation du public, afin de pouvoir informer notre population des mesures préventives.»

Ces deux sujets - le changement climatique et la peste porcine africaine - ont également été mis en avant par la délégation de la Papouasie-Nouvelle-Guinée: «En ce qui concerne le changement climatique, la Papouasie-Nouvelle-Guinée souhaiterait contribuer à toute initiative portée par des pays d'Asie et du Pacifique qui viserait à élaborer ou à promouvoir des technologies axées sur l'agriculture intelligente face au climat, selon les modalités de la coopération Sud-Sud et moyennant l'intégration généralisée des femmes dans les processus agricoles.» Elle a ajouté que la biosécurité transfrontière revêtait une importance capitale du point de vue de la lutte contre la peste porcine africaine et la légionnaire d'automne. 

PEID, PMA et PDSL: une priorité pour la FAO

Peu après la prise de fonctions de M. QU Dongyu au poste de Directeur général de la FAO, en août 2019, les PEID, les PMA et les PDSL ont été placés en tête des priorités dans les activités menées par l'Organisation pour réduire la faim et dynamiser la production agricole dans le monde. 

Dans ce contexte, les membres de la FAO ont approuvé la proposition du Directeur général consistant à créer un bureau qui se consacrerait aux défis auxquels ces pays sont confrontés, ce qui facilitera la coordination intersectorielle et encouragera les activités de développement. 

Ces trois catégories de pays sont également au cœur de l'Initiative Main dans la main, inaugurée par le Directeur général, qui tire parti des données et des analyses scientifiques pour déterminer où et comment cibler une intervention de sorte qu'elle produise les effets les plus déterminants dans la lutte contre la pauvreté et contre la faim. 

Au cours de la Conférence régionale, la délégation fidjienne a remercié la FAO de «l'appui qu'elle apporte en matière de collecte et d'analyse de données», donnant au pays la possibilité de prendre des décisions fondées sur des éléments concrets. «Notre recensement agricole, conduit un peu plus tôt cette année, a tenu compte des secteurs des forêts et de la pêche pour la toute première fois. Nous disposerons également, et c'est aussi une première, de données ventilées par sexe.»

La Birmanie, qui fait partie des PMA, a également salué les efforts déployés par l'Organisation en vue de soutenir les plus vulnérables, en particulier par l'intermédiaire de l'Initiative Main dans la main: «L'évaluation rapide des incidences du COVID-19 effectuée par la FAO est très utile à l'élaboration du plan du Gouvernement. Nous estimons que cette Initiative constitue un nouveau chapitre, une nouvelle plateforme et une nouvelle perspective pour notre région. La Birmanie y est favorable et se dit disposé à y apporter sa pleine et entière coopération».

La FAO entend prêter un appui aux PEID, aux PMA et aux PDSL dans le cadre du Programme d'intervention et de redressement de la FAO dans le contexte du COVID-19, qui a été lancé récemment et dont l'objectif consiste à atténuer les effets immédiats de la pandémie du COVID-19 tout en renforçant la résilience à plus long terme des systèmes alimentaires et des moyens d'existence.

Le Bhoutan, qui est à la fois un PMA et un PDSL, a félicité la FAO et a souligné que la structure décentralisée de l'Organisation aidait les États Membres: «Nous souhaiterions féliciter la FAO de s'être engagée sans attendre à lutter contre la pandémie actuelle et ses incidences sur l'alimentation et l'agriculture. En effet, la situation que nous traversons aujourd'hui nous fait encore plus prendre conscience du rôle très important des bureaux de la FAO dans les pays concernés.»

La Conférence régionale de la FAO pour l'Asie et le Pacifique se poursuivra jusqu'au vendredi 4 septembre. Le segment ministériel de haut niveau commencera jeudi et aura pour intervenant principal le Directeur général, M. QU Dongyu. Il sera possible de suivre en direct toutes les séances de la conférence en webdiffusion. On trouvera le calendrier ici et l'ordre du jour annoté ici.

Photo: ©FAO/Franco Mattioli
Des agriculteurs travaillent dans un champ de riz au Bhutan.