Journée mondiale contre la rage 2020

Les dirigeants de la FAO, de l’OIE et de l’OMS annoncent un effort collectif pour éliminer les décès dus à la rage humaine d’ici à 2030

28 septembre 2020, Rome/Paris/Genève - Un nouveau Forum « Tous unis contre la rage » vise à progresser plus vite pour éliminer les décès dus à la rage transmise par les chiens d'ici à 2030. Cette maladie tue encore une personne toutes les neuf minutes, et près de la moitié des décès concernent des enfants.

Le Forum, créé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) - les institutions mondiales responsables de la santé humaine, de la santé animale et de l'alimentation et de l'agriculture - réunira des partenaires d'institutions gouvernementales, des secteurs de la santé humaine et de la santé animale, du secteur privé, de la société civile ainsi que de la recherche et des milieux universitaires. Il vise à déterminer plus précisément quels sont les travaux à mener dans les domaines des politiques et de la recherche et à améliorer la coordination (y compris la mobilisation des ressources) et l'échange d'informations entre les partenaires. 

 Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus,  Directeur général de l'OMS, a déclaré :  

« Nous ne pouvons éliminer la rage humaine qu'en luttant mieux contre la rage canine et en améliorant sensiblement l'accès au traitement et aux soins, en particulier dans les catégories pauvres et marginalisées de la population qui souffrent le plus de cette horrible maladie. »

Le Dr QU Dongyu, Directeur général de la FAO, a dit : 

« Bien que la pandémie de maladie à coronavirus entraîne pour nous tous des difficultés sans précédent, nous pouvons et nous devons faire de ce désavantage un avantage. Nous avons aujourd'hui la possibilité de renforcer la collaboration suivant le principe « Un monde, une santé » et la coopération régionale, notamment afin d'améliorer les systèmes de santé et la surveillance pour les animaux. La collaboration dans la lutte contre la rage est un excellent moyen de mettre ces idées en pratique. »

La Dre Monique Eloit, Directrice générale de l'OIE, a souligné la nécessité de collaborer pour lutter contre la rage : « C'est une maladie que nous pouvons vaincre, mais plusieurs solutions sont possibles. Nous devons collaborer dans les secteurs de la santé humaine et de la santé animale et avec les communautés touchées. Ainsi, nous pourrons éliminer la maladie tout en bâtissant des systèmes plus solides pour détecter et combattre d'autres maladies. »

La FAO, l'OIE et l'OMS tiennent à mettre réellement en œuvre le principe « Un monde, une santé », selon lequel les politiques doivent allier les interventions en matière de santé humaine, de santé animale et de salubrité de l'environnement. Dans le cas de la rage, cela signifie qu'il faut investir de manière coordonnée en faveur de la vaccination de masse des chiens en tant qu'initiative de santé publique et améliorer la surveillance et la collecte de données, ainsi que la sensibilisation des communautés, et garantir l'accès à un traitement abordable contre la rage humaine (prophylaxie post-exposition ou PPE).

Jusqu'à 99 % des cas de rage humaine sont dus à des morsures de chiens, et la lutte contre la rage est considérée comme un « modèle » pour améliorer la lutte contre les zoonoses de façon plus générale. Toutefois, les investissements en faveur de la vaccination des chiens, de la surveillance de la rage et des systèmes de surveillance restent faibles dans la plupart des pays où il y a des cas de rage. 

La recherche scientifique et les données de terrain montrent que les campagnes de vaccination de masse des chiens couvrant 70 % de la population canine à risque peuvent conférer une immunité collective contre la rage et sont le seul vrai moyen d'interrompre le cycle infectieux entre l'animal et l'homme. Cela peut réduire sensiblement le nombre de décès causés par la rage humaine.

Photo: ©FAO/Luis Tato/
Loletekia, Ouganda – Un membre de la communauté pastorale de Karamojong avec son chien.