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Le déficit de financement compromet les plans d’urgence en faveur du Sahel et de la Corne de l’Afrique

Le Directeur général s’adresse à la Conférence régionale pour l’Afrique

Photo: ©FAO/Souleymane Traoré
Des millions de personnes sont touchés par une crise alimentaire et nutritionnelle dûe à la sécheresse, à la pauvreté chronique, à la hausse des prix, au déplacement de populations et aux conflits.
26 avril 2012, Brazzaville - Le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva a déclaré aujourd'hui que le déficit des financements destinés aux éleveurs, agropasteurs et agriculteurs du Sahel et de la Corne de l'Afrique durant la saison des pluies en cours s'élève à plus de 110 millions de dollars.

"Dans la Corne de l'Afrique, nous perdons l'occasion de mettre à profit nos succès récents et de garantir la résilience des communautés rurales. Au Sahel, cela nous empêche de mettre en place des mesures susceptibles d'éviter une aggravation de la situation de sécurité alimentaire", a déploré Graziano da Silva à la 27ème Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique.

A ce jour, le déficit de financement pour l'année entière atteint un total de 239 millions de dollars pour les deux régions.

Les ressources serviront à couvrir toute une série d'activités à court et long terme, notamment des programmes d'argent et de coupons-contre-travail; la distribution de semences, d'engrais et d'outils ainsi qu'une formation pour les agriculteurs; la vaccination du bétail et la production fourragère.

Le Directeur général de la FAO a reconnu les efforts déployés par les pays donateurs pour maintenir l'aide internationale, en ajoutant que "c'est en période de crise que les populations vulnérables ont le plus besoin de nous".

S'adressant aux ministres et hauts représentants du continent africain, M. Graziano da Silva a présenté la nouvelle approche de la FAO pour lutter contre la faim en Afrique. Cette approche prévoit notamment la collaboration avec les partenaires dans le cadre d'initiatives nationales et régionales visant à faire la transition entre les phases d'urgence et de développement ; le renforcement de la résilience des familles et communautés rurales, l'expansion des initiatives réussies, la promotion des investissements publics et privés dans l'agriculture et la sécurité alimentaire, la gestion des risques et le renforcement des institutions locales.

Soutenir les petits exploitants

Le Directeur général a également insisté sur l'importance du commerce intra-africain et du soutien aux petits agriculteurs, éleveurs et pêcheurs africains.

 "Le continent dépense plus de 50 milliards de dollars par an en importations alimentaires. Parallèlement, plus de 50 pour cent de sa population active est constituée de petits agriculteurs, éleveurs, forestiers et pêcheurs. Trouvons des moyens de les réunir afin que l'Afrique puisse nourrir l'Afrique", a-t-il dit.

La Sous-Directrice générale de la FAO pour l'Afrique, Maria Helena Semedo, a ajouté que le secteur agricole africain est dans une dynamique de changement et a besoin d'un nouveau paradigme et d'une vision revigorée, et notre responsabilité collective est de transformer cette vision en action. 

"Nous devons aider les agriculteurs africains non seulement à produire plus de nourriture, mais à produire plus avec moins, afin d'être en mesure de doubler la production agricole et satisfaire ainsi les besoins alimentaires croissants de la population",  a déclaré Mme Semedo.