Le Directeur général de la FAO renouvelle son appel en faveur d’un renforcement des investissements dans les zones rurales et des mesures visant à éliminer la faim et la pauvreté

Une réunion organisée conjointement par l’Italie et la FAO fait le lien entre les efforts déployés par le G20 et le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires en vue de traduire les engagements politiques en actions

27 juillet 2021, Rome – À l’occasion du Pré-Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, a renouvelé aujourd’hui son appel en faveur d’un renforcement des investissements dans les zones rurales et des mesures visant à éliminer la faim et la pauvreté.

Lors d’une manifestation spéciale intitulée «De la Déclaration de Matera (G20) au Sommet sur les systèmes alimentaires: cadre pour la création de coalitions axées sur des domaines spécifiques», organisée par la FAO et l’Italie dans le cadre du Pré-Sommet, le Directeur général a réitéré l’appel qu’il avait lancé le mois dernier lors de la réunion des ministres des affaires étrangères et du développement du G20, lequel est actuellement présidé par l’Italie. Cette réunion, lors de laquelle la sécurité alimentaire et la nutrition tenaient, pour la première fois, une place centrale, a débouché sur la Déclaration de Matera – élaborée conjointement par les ministres du G20, la FAO et d’autres organismes et partenaires des Nations Unies, dans le but d’appuyer la transformation des systèmes agroalimentaires et de trouver des solutions aux problèmes qui entravent l’élimination de la faim. 

«L’essentiel, je le répète, est que nous devons recentrer nos efforts et nos investissements vers les zone rurales», a déclaré M. Qu Dongyu. «Pour éradiquer la faim, la solution consiste à investir dans le secteur agricole.»

Le message du Directeur général de la FAO s’inscrit dans un contexte d’aggravation alarmante de la faim dans le monde en 2020, probablement liée en grande partie aux répercussions de la pandémie de covid-19. Selon un rapport publié ce mois-ci par la FAO en collaboration avec des partenaires, un dixième environ de la population mondiale – ce qui pourrait représenter jusqu’à 811 millions de personnes – ont souffert de la faim l’année dernière – soit jusqu’à 161 millions de plus qu’en 2019. 

La pandémie a également entraîné une baisse des revenus agricoles et hors exploitation et a eu des effets négatifs sur les revenus des ménages ruraux dans toutes les régions en développement. Quatre-vingts pour cent de la frange la plus pauvre de la population mondiale, soit 600 millions de personnes – ce qui représente plus que la population totale de l’Europe – vivent en milieu rural, travaillent dans le secteur agricole et ne mangent pourtant pas à leur faim.

Pour remédier à ce problème, la Déclaration de Matera du G20 trace une voie pour l’élimination de la faim, définissant les priorités en matière de sécurité alimentaire et de nutrition – qu’il s’agisse de souligner l’importance de l’approche «Une seule santé», de donner aux femmes et aux jeunes les moyens d’agir ou d’adapter les systèmes agroalimentaires aux changements climatiques.

L’importance des partenariats y est également soulignée et les pays sont encouragés à rejoindre la Coalition en faveur de l’alimentation – initiative proposée par l’Italie et dirigée par la FAO, dont l’objectif est de mobiliser un soutien politique, financier et technique au bénéfice des pays touchés par la covid-19.

Mme Marina Sereni, Vice-Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de l’Italie, a déclaré: «À Matera, les ministres du G20 se sont engagés à encourager une mobilisation globale, en faisant fond sur les autres processus internationaux. Le Sommet sur les systèmes alimentaires, associé à l’Organisation des Nations Unies et ses Membres, est l’un d’entre eux. Lors de ce forum à portée plus large […], nous pourrons redoubler d’efforts afin de nous remettre sur la bonne voie et concrétiser les 17 objectifs du Programme de développement durable à l’horizon 2030, tout en faisant d’un monde libéré de la faim une réalité.»

Mme Sereni a mis en avant les priorités définies dans la Déclaration de Matera, indiquant que la Coalition en faveur de l’alimentation était un outil permettant de mettre cette dernière en œuvre.

2021 est une année unique pour réaffirmer nos engagements, a précisé M. Qu Dongyu, car elle nous offre de nombreuses occasions, telles que ce Pré-Sommet et le Sommet de septembre, «d’aller au-delà des mots, des engagements et des plans» et «de passer à l’action en formant des coalitions et des alliances axées sur des résultats attendus concrets». 

À cet égard, le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, qui aura lieu en septembre, doit être «l’aube d’une ère nouvelle», a souligné le Directeur général de la FAO, caractérisée par des partenariats inclusifs, à échéances précises et tenus de rendre des comptes.

«À moins que l’on n’assume nos responsabilités et que l’on ne prenne des mesures de toute urgence, nous risquons de nous réunir en 2030 pour annoncer que, non seulement nous n’avons pas éradiqué la faim et la pauvreté, mais que 660 millions de personnes ne mangent toujours pas à leur faim», a prévenu le Directeur général, alors qu’il rappelait que la FAO s’était engagée à diriger et codiriger les coalitions du Sommet liées à l’éradication de la faim et de la pauvreté, qui relève de son mandat. 

Lors de son intervention, Máximo Torero, Économiste en chef de la FAO, a insisté sur la nécessité de prendre des mesures à l’échelle nationale et dans les zones rurales afin de garantir le redressement après la pandémie, ajoutant que ce dernier se devait d’être respectueux de l’environnement. À cet égard, a-t-il ajouté, la Déclaration de Matera définit les priorités que les décideurs doivent se fixer afin d’assurer la pérennité des systèmes alimentaires et pourrait contribuer à encadrer et à faire progresser les débats à ce sujet lors du Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires, tandis que la Coalition en faveur de l’alimentation – fondée sur les besoins des pays – pourrait jouer un rôle essentiel en tant que plateforme permettant de traduire les idées issues du Sommet et de la Déclaration de Matera en mesures et résultats concrets.

La manifestation spéciale était présidée par Maurizio Martina, Sous-directeur général/Conseiller spécial du Directeur général de la FAO. Y ont également participé Josefa Sacko, Commissaire chargée de l’économie rurale et de l’agriculture (Commission de l’Union africaine); Syahrul Yasin Limpo, Ministre de l’agriculture (Indonésie); Gerd Müller, Ministre fédéral de la coopération économique et du développement (Allemagne); Victor Villalobos, Secrétaire d’État à l’agriculture et au développement rural (Mexique) et Ettore Prandini, Président de Coldiretti.

Photo: ©FAO/Giuseppe Carotenuto
Le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, s’adressant à la manifestation spéciale intitulée «De la Déclaration de Matera (G20) au Sommet sur les systèmes alimentaires: cadre pour la création de coalitions axées sur des domaines spécifiques»