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Hollande, Graziano da Silva: convergence de vues sur l’importance de la concertation internationale

La FAO et la France appellent à intensifier l’aide à court et à long terme en faveur des populations vulnérables

Photo: ©AFP/Bertrand Langlois
François Hollande et José Graziano da Silva
18 septembre 2012, Paris/Rome -Renforcer la concertation mondiale et les échanges d'information contribue à apaiser la tension sur les marchés, ont convenu le Président français François Hollande et le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva, lors d'un entretien hier à Paris.

« La France partage l'opinion de la FAO et des Nations Unies selon laquelle nous ne traversons pas une crise des prix alimentaires, même si nous devons rester vigilants », a déclaré M. Graziano da Silva.

Durant la rencontre, le chef de la FAO a reconnu le rôle joué par la France pour inscrire la volatilité des prix des denrées alimentaires à l'ordre du jour international.

Le Président Hollande a affirmé que « l'ordre ancien est révolu, mais le nouvel ordre n'est pas encore en place », y compris la nécessité de créer de nouveaux mécanismes de gouvernance pour affronter les problèmes de la faim et relever les nouveaux enjeux de sécurité alimentaire mondiale sur le long terme ».

« Nous remercions la France pour son rôle prépondérant dans ces questions », a déclaré M. Graziano da Silva. La création par le G20 du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS) en 2011 est un atout pour une meilleure information sur les marchés et une baisse de la volatilité», a-t-il ajouté.

AMIS a été mis en place en 2011 dans le but d'accroître la transparence et les flux d'information sur les marchés mondiaux, et de promouvoir une meilleure coordination des réponses stratégiques à la volatilité des prix alimentaires par le biais de son Forum de réaction rapide.

A l'heure actuelle, AMIS est présidé par la France depuis sa création, mais à la fin du mois, les États-Unis prendront la relève pour une période de 12 mois.

Selon M. Graziano da Silva, la première année de présidence française a été très fructueuse.

Le Directeur général appuie pleinement la convocation d'une réunion des ministres de l'agriculture du G20 au siège de la FAO à Rome le 16 octobre, profitant du fait que certains ministres ont déjà confirmé leur présence à la cérémonie de la Journée mondiale de l'alimentation et à la session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale qui aura lieu à cette occasion.
 
Cette réunion permettrait de passer en revue les progrès accomplis en matière de gouvernance des marchés alimentaires depuis la création d'AMIS.

A l'occasion de leur première rencontre officielle, M. Hollande a réaffirmé son engagement envers l'Organisation des Nations Unies et loué le travail de M. Graziano da Silva.

Stocks alimentaires

Une des solutions proposées durant l'entretien pour remédier à la volatilité des prix est la création de stocks stratégiques alimentaires, qui serviraient de secours d'urgence pour les pays pauvres en cas de crise. La France a confirmé son appui à un code de conduite sur la gestion des réserves alimentaires humanitaires, dont les travaux sont en train d'être lancés et feront intervenir toutes les parties prenantes, a déclaré le Directeur général.

Les deux hommes ont précisé que ces réserves ne devraient en aucun cas servir à intervenir sur le marché pour plafonner les prix, mais constituer plutôt des stocks-tampon -au même titre que d'autres mécanismes de filets de sécurité- en cas d'événement susceptible de menacer la sécurité alimentaire nationale.

Sahel

Un autre thème de la rencontre a été la nécessité d'accroître le soutien à court, à moyen et à long terme aux pays en développement pauvres, tels que ceux du Sahel.

"Nous travaillerons avec d'autres partenaires pour renforcer l'assistance aux pays du Sahel en mettant l'accent sur la prévention de nouvelles crises et le renforcement de la résilience de leurs populations vulnérables. Nous insisterons sur la promotion des investissements dans l'agriculture et le soutien aux moyens d'existence des éleveurs", a expliqué le Directeur général.

Le programme d'urgence de la FAO au Sahel vient actuellement en aide à 3,8 millions d'habitants dans les domaines de la production vivrière et animale, de la protection des animaux d'élevage, de l'assistance technique qui s'y rattache et de la lutte contre le criquet pèlerin.

Durement frappée par une longue série de sécheresses, de conflits et de ravageurs des cultures, la région du Sahel compte 18,7 millions de personnes exposées à une insécurité alimentaire et nutritionnelle.

Le soutien accru au Sahel a été examiné dans le cadre d'un nouvel accord de coopération signé par la France et la FAO.

Renouvellement de l'accord-cadre

Durant la visite du Directeur général à Paris, la France et la FAO ont signé un accord quadriennal visant à renforcer la coopération existante déjà solide, en la ciblant sur les questions émergentes liées à la sécurité alimentaire et à l'agriculture. Ont été évoqués la nécessité de concevoir un système alimentaire plus durable, celle d'accroître la résilience des populations vulnérables, le besoin de renforcer nos travaux d'élaboration de normes mondiales et nationales et de continuer à élargir la participation de tous les acteurs - gouvernements, organisations internationales et régionales, communauté scientifique, secteur privé, société civile et ONG.

Le Directeur général et le Ministre délégué chargé du développement, M. Pascal Canfin, ont signé l'accord au cours d'une cérémonie à laquelle a participé également le Ministre français de l'agriculture, M. Stéphane Le Foll.

Organisation mondiale de la santé animale

Dans la matinée, le chef de la FAO a également rencontré Bernard Vallat, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), dont le siège est à Paris. Ils ont convenu de travailler à un accord officiel pour affronter les chevauchements des mandats des deux organisations et faciliter et améliorer la coopération.
 
Parmi les thèmes prioritaires évoqués durant la rencontre, citons la lutte progressive contre les maladies animales transfrontières; les stratégies conjointes et groupes de travail sur la fièvre aphteuse, la peste des petits ruminants et la fièvre de la Vallée du Rift; le positionnement des centres régionaux de santé animale; les travaux conjoints sur les maladies transmises par l'alimentation et la faune sauvage; les maladies aquatiques et l'aquaculture.
 
M. Graziano da Silva a souligné que les travaux de la FAO dans ce domaine devraient être ciblés sur le mandat central de l'Organisation de lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté extrême.