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Le rôle essentiel des coopératives agricoles dans la lutte contre la faim

La Journée mondiale de l’alimentation célébrée dans 150 pays

Photo: ©FAO/Giuseppe Bizzarri
Coopérative agro-alimentaire

16 octobre 2012, Rome - Les coopératives agricoles, qui font déjà vivre des millions de petits exploitants, pourraient se développer davantage et apporter une contribution encore plus importante à la lutte contre la pauvreté et la faim si les gouvernements, la société civile et les universités leur offraient un soutien adéquat

Tel est le message lancé aujourd'hui par la Journée mondiale de l'alimentation dans 150 pays, organisée chaque année le 16 octobre, date anniversaire de la fondation de la FAO en 1945. Le thème choisi pour 2012, Les coopératives agricoles nourrissent le monde, coïncide avec l'Année internationale des coopératives.

La semaine dernière, la lutte contre la faim a reçu un nouvel élan avec la publication des chiffres du rapport de la FAO faisant état de près de 870 millions de personnes affamées dans le monde, malgré une réduction de 132 millions par rapport à il y a 20 ans.

Cérémonie de la Journée

Dans un message pour la Journée mondiale de l'alimentation, le Pape Benoît XVI a déclaré que "la priorité étant donnée à la dimension humaine, les coopératives agricoles favorisent le développement économique adapté aux réelles nécessités locales".

"Il s'agit d'une vision alternative à celle déterminée par les modèles économiques qui semblent avoir comme unique objectif, le profit, la défense des marchés, l'usage non alimentaire des produits agricoles et l'introduction de nouvelles techniques de production sans les précautions nécessaires".

"La présence des coopératives peut mettre fin aux tendances spéculatives qui touchent désormais jusqu'aux produits de première nécessité destinés à l'alimentation humaine, et contenir l'accaparement des terres cultivables qui, en diverses régions, contraignent les agriculteurs à quitter leurs terres puisque, individuellement, ils n'ont aucune possibilité de faire valoir leurs droits", a-t-il affirmé.

Le message du Pape a été lu par l'Archevêque Luigi Travaglino lors de la Journée mondiale au siège de la FAO aujourd'hui, cérémonie à laquelle ont participé les chefs des organisations des Nations Unies basées à Rome, ainsi que de hauts dignitaires et des invités d'honneur.

Appel aux gouvernements

Le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva a insisté sur la nécessité de miser sur l'éradication totale de la faim, en ajoutant que de nombreux pays d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie montrent que cela est possible.

M. Graziano da Silva défend fermement les coopératives comme moyen essentiel d'extirper les petits agriculteurs de la pauvreté et de la faim. Bien qu'ils produisent la majeure partie de la nourriture dans de nombreux pays, les petits exploitants manquent d'accès aux marchés pour vendre leurs produits, de pouvoir de négociation pour acheter les intrants à de meilleurs prix et d'un d'accès aux services financiers.

"Les coopératives agricoles peuvent aider les petits exploitants à surmonter ces contraintes", a-t-il soutenu. "Elles jouent un rôle crucial dans la création d'emplois, la réduction de la pauvreté, l'amélioration de la sécurité alimentaire. Elles contribuent en outre au PIB dans de nombreux pays".

Le chef de la FAO a invité les gouvernements à jour leur rôle et à "instaurer les conditions permettant aux organisations de producteurs et aux coopératives de prospérer".

Message du Secrétaire général de l'ONU

Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souligné dans un message délivré à la Journée mondiale de l'alimentation que les coopératives agricoles étaient cruciales pour relever le Défi faim zéro qu'il avait lui-même lancé à la Conférence sur le développement durable Rio+20 en juin.

"Le grand savoir-faire des coopératives agricoles est un atout précieux pour atteindre un des buts fondamentaux de l'initiative: doubler les revenus et la productivité des petits exploitants" a-t-il ajouté.

Message du Président de la République italienne

Dans un message aux participants à la cérémonie, le Président de la République italienne Giorgio Napolitano souligne notamment que "les coopératives sont en mesure de préserver les niveaux de l'emploi et du profit, même en période de récession économique". Selon lui, "elles peuvent donc représenter pour les acteurs économiques et les décideurs un modèle d'inspiration pour les décisions futures et pour repenser le développement économique d'une manière plus durable, qui place l'être humain à nouveau au cœur de tout processus économique".
 
"Les coopératives, ajoute le Président Napolitano, sont également une incitation à la démocratie, comme le démontre leur capacité à encourager à la fois la participation, le respect des règles et l'agrégation des membres autour de valeurs communes".

LE FIDA et les coopératives

Le Président Kanayo F. Nwanze du Fonds international de développement agricole s'est adressé au public en déclarant que son organisation travaille en étroite collaboration avec les coopératives dans le monde entier.

"Des cultivateurs de thé au Rwanda aux centres de ressources animales au Népal, il existe de multiples exemples de comment les coopératives aident les petits agriculteurs à non seulement mieux s'organiser, mais à accroître ensemble leurs opportunités et leurs ressources," a-t-il affirmé.

"Notre expérience de travail au FIDA avec les agriculteurs a démontré à maintes reprises que les coopératives sont essentielles pour atteindre ces objectifs", a-t-il dit. "C'est la raison pour laquelle nous accordons beaucoup d'importance aux coopératives et continuons à renforcer notre travail avec elles".

Le PAM et la faim

Dans son allocution, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial, Ertharin Cousin, a évoqué la nécessité de filets de sécurité sociale pour les plus nécessiteux.

"Dans notre monde, trop nombreux sont ceux qui luttent tant bien que mal pour se procurer quelque chose à manger. Les programmes de protection sociale et les filets de sécurité permettent aux plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, de se sortir de la faim et de la pauvreté", a-t-elle déclaré. "Ces programmes servent à amortir les chocs et à renforcer la résilience face aux impacts économiques et environnementaux".