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«Une occasion formidable» de vaincre la faim en Afrique

Proposition d’un nouveau partenariat avec la FAO pour multiplier les avancées et donner plus de force à l’engagement des pouvoirs publics

Photo: ©FAO/Alessia Pierdomenico
De gauche à droite: Amadou Allahoury Diallo (Niger), Jeffrey Luhanga (Malawi), Rigobert Maboundou (Président de la Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique), José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO
22 avril 2013, Rome - Les ministres et les hauts représentants de cinq nations africaines se sont réunis aujourd'hui avec le Directeur général de la FAO M. José Graziano da Silva pour préparer une rencontre de haut niveau entre dirigeants africains et internationaux à Addis-Ababa en juin prochain. Cette rencontre consiste à relancer un partenariat qui permettrait d'intensifier les efforts visant à éliminer la faim en Afrique.

«C'est là une occasion formidable» d'éradiquer la faim sur le continent africain a souligné M. Graziano da Silva lors d'un événement en marge de la session du Conseil de la FAO, qui se tient à Rome cette semaine. Il s'agit avant tout de tirer parti des succès remportés par les nombreux pays d'Afrique qui ont déjà mis en place des solutions pour remédier à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition.

«En nous inspirant de ces expériences, nous pouvons mettre fin à l'insécurité alimentaire et à la malnutrition en Afrique. Ensemble, nous pouvons soulager les 23 pour cent d'Africains, selon les estimations, qui sont sous-alimentés et les 40 pour cent d'enfants âgés de moins de cinq ans qui souffrent de malnutrition ou d'un retard de croissance», a-t-il ajouté. 

L'heure est à l'optimisme: les gouvernements et les populations du continent s'impliquent comme jamais pour combattre la faim. La décision de la Conférence régionale de la FAO pour l'Afrique visant à instaurer un Fonds fiduciaire pour la sécurité alimentaire de l'Afrique l'illustre parfaitement. La République du Congo, l'Angola et la Guinée équatoriale ont déjà annoncé leur contribution.

Des approches nouvelles et unifiées

Avec l'engagement politique, le travail en partenariat est un autre élément clé. C'est la raison pour laquelle la FAO s'associe à l'Union africaine et à l'Institut Lula, au Brésil, pour organiser une rencontre de haut niveau à Addis-Abeba du 30 juin au 1er juillet, intitulée «Nouvelles approches unifiées pour mettre un terme à la faim en Afrique».

Ce partenariat s'appuiera sur le Programme détaillé pour le développement de l'agriculture africaine (PDDAA), qui fête ses dix ans et a déjà fait ses preuves dans 30 pays, et sur le défi Faim zéro du Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, afin de susciter un engagement politique fort et soutenu contre la faim en Afrique.

«Notre objectif consiste à voir ce qui fonctionne pour les Africains et pour les non-Africains, apprendre de ces expériences, étendre la portée des initiatives concluantes, combler les lacunes identifiées et, si nécessaire, ajuster ou repenser notre approche», a précisé M. Graziano da Silva.

Des partenariats novateurs

«Nous comptons recourir à des partenariats innovants, impliquer tous les secteurs de la société, affirmer la responsabilité collective et, ainsi, faciliter la réalisation des objectifs du PDDAA», a ajouté le Directeur général de la FAO.

A l'événement organisé en marge de la session du Conseil partcipaient Rigobert Maboundou, Ministre de l'agriculture et de l'élevage de la République du Congo et Président de la 27e Conférence régionale de la FAO; Amadou Allahoury Diallo, Haut-Commissaire à l'initiative 3N ("Les Nigériens Nourrissent les Nigériens") de la République du Niger; Jeffrey Luhanga, secrétaire principal de l'agriculture et de la sécurité alimentaire au Ministère de l'agriculture de la République du Malawi; Florêncio Mariano da Conceição, ambassadeur de la République d'Angola; Abreha Aseffa, Représentant suppléant permanent auprès de la FAO de la République fédérale d'Éthiopie. Lailà Lokosang, conseiller du PDDAA en nutrition et sécurité alimentaire, représentait le Commissaire de l'Union africaine à l'économie rurale et à l'agriculture, Mme Tumusiime Rhoda Peace.

L'Angola, l'Éthiopie, le Malawi et le Niger ont enjoint la FAO de soutenir plus encore leurs efforts visant à promouvoir la sécurité alimentaire et la nutrition dans le cadre des nouvelles approches, unifiées, pour vaincre la faim en Afrique. La phase pilote du partenariat va donc débuter pour ces quatre pays.

Lors du forum, M. Diallo (République du Niger) a expliqué que si l'histoire de son pays était marquée par une succession de sécheresses et de crises alimentaires, l'initiative 3N met tout en œuvre pour que «sécheresse ne rime plus avec famine». Le programme s'attache à améliorer l'accès des petits exploitants à l'eau, aux intrants, à l'information et à la formation. La protection sociale assurée au moyen de filets de sécurité, de liquidités et de bons d'alimentation, et de cantines scolaires est également essentielle, tout comme la promotion des marchés locaux, avec pour objectif une distribution «zéro transport» des produits.

Une volonté politique constante

M. Luhanga (Malawi) a expliqué que le pays est passé en moins de dix ans de grand importateur de denrées alimentaires à producteur d'excédents alimentaires. Cette mutation s'explique notamment par «une volonté politique constante», 17 pour cent du budget national étant désormais alloué au secteur agricole. Un autre élément important concerne les intrants subventionnés par les autorités, alors que les agriculteurs sont incités à augmenter la production de légumineuses et de haricots - aliments du pauvre - et que la population est encouragée à élever des moutons et des chèvres. 

A propos de l'Angola, M. Mariano da Conceição a précisé qu'un objectif fondamental du plan de développement national consiste à favoriser l'émergence d'un secteur agricole viable et compétitif afin de satisfaire la consommation alimentaire nationale. Le programme prévoit de faciliter l'accès au crédit des petits exploitants et d'améliorer routes, voies ferrées et ports. Une autre mesure importante vise à assurer l'approvisionnement en eau de toute la population - 60 pour cent de la population rurale actuellement n'ayant pas un accès approprié à l'eau.

Concernant l'Éthiopie, M. Aseffa a expliqué que le pays mène le plus grand programme de protection sociale de l'Afrique sub-saharienne, couvrant 6,8 millions de personnes souffrant d'une insécurité alimentaire chronique. Cette action comprend des services de microfinance, des liquidités et des bons d'alimentation, des programmes d'infrastructure publique argent contre travail et d'autres initiatives pour développer la résilience des individus et de toute la collectivité. L'Éthiopie vise «un développement accéléré et soutenu pour mettre un terme à la pauvreté» a ajouté M. Aseffa.

Un cadre favorable

S'exprimant au nom de l'Union africaine, M. Lokosang a fait valoir que l'éradication de la faim passe par la création et le maintien d'un cadre favorable et par un encadrement adapté pour réaliser le défi Faim zéro. Une coordination durable et bien établie permettant une réponse multisectorielle est tout aussi cruciale.

M. Maboundou, Président de la 27e Conférence régionale de la FAO, a souligné combien il est important que tous les pays respectent les engagements pris lors de la Conférence. Si l'on veut stimuler la production agricole, il est primordial de nouer des partenariats qui rassemblent les ressources appropriées, et donc d'instaurer des cadres juridiques adéquats en faveur d'un développement agricole durable.

Résumant les débats, M. Graziano da Silva a énuméré sept éléments qui apparaissent incontournables dans tout programme national de sécurité alimentaire: 1. Affirmer une volonté politique. 2. Créer des marchés locaux. 3. Promouvoir le développement rural, y compris les infrastructures de stockage et de transport. 4. Reconnaître que les petits agriculteurs ne constituent pas une partie du problème mais bien une partie de la solution. 5. Prendre conscience qu'augmenter la production agricole et animale ne suffira pas à sortir les populations de la pauvreté: une protection sociale s'impose également. 6. Coordonner et instaurer une gouvernance pour mettre en œuvre les actions. 7. Développer une résilience au lieu de simplement se préoccuper des besoins immédiats.