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Dans un programme financé par l’Italie, de petits agriculteurs deviennent entrepreneurs

A l’ouverture de la Semaine mondiale de l’alimentation, la FAO souligne la réussite du Programme de sécurité alimentaire par la commercialisation de l’agriculture (FSCA)

Photo: ©FAO/Alessandra Benedetti
Maria Helena Semedo salue l'initiative italienne en matière de commercialisation de la production des petits agriculteurs

15 octobre 2013, Rome - Lors d'un événement collatéral qui s'est tenu le premier jour de la Semaine mondiale de l'alimentation, la FAO a présenté les succès des projets financés par le gouvernement italien en Afrique de l'Est et de l'Ouest, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, permettant de transformer des exploitations agricoles et des fermes familiales en véritables petites entreprises.

Le programme FSCA opère dans 34 pays depuis 2006, sous la supervision technique de la Division FAO des infrastructures rurales et des agro-industries. A ce jour, les pays ont bénéficié d'un soutien de près de 50 millions de dollars, ciblé essentiellement sur les orientations de politique, le renforcement des capacités et le transfert des technologies modernes et des meilleures pratiques.

La Directrice générale adjointe pour les Ressources naturelles Maria Helena Semedo a ouvert l'événement au nom du Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, en déclarant: "Le Programme de sécurité alimentaire par la commercialisation de l'agriculture (FCSA) est de la plus haute importance pour la FAO; ses réalisations contribuent directement à sa nouvelle vision stratégique: éliminer la faim et atteindre le développement durable. L'accent du programme sur la mise en place de systèmes agricoles et alimentaires plus ouverts et plus efficaces aux niveaux local, national et international souligne le nouveau Cadre stratégique de la FAO visant à renforcer l'appui à la lutte contre la faim des Etats membres."

Dans un monde où 842 millions de personnes sont encore affamées alors que la production vivrière suffirait à nourrir tous les habitants de la planète, Mme Semedo a affirmé que le problème n'est donc pas l'offre de nourriture.

Le problème de la faim aujourd'hui exige une démarche et des solutions nouvelles par rapport au passé. La mondialisation s'est accompagnée d'une meilleure intégration des chaînes d'approvisionnement et des marchés, exigeant parfois de gros investissements dans la technologie - dont les petits exploitants et agriculteurs familiaux sont de plus en plus exclus.

"La participation croissante de l'agriculture familiale et des petites exploitations aux systèmes alimentaires et agricoles est déterminante pour atteindre notre but d'un monde libéré de la faim", a ajouté Mme Semedo.

Giampaolo Cantini, Directeur général pour la coopération au développement du ministère italien des Affaires étrangères, a souligné que "les chiffres [sur la faim dans le monde] dressent un sombre tableau. Impossible de fermer les yeux. Ainsi, nous devions repenser et réinventer l'approche globale de sécurité alimentaire en tenant compte de la complexité des systèmes alimentaires".

Cette approche permet d'accroître les revenus des ménages, de soutenir l'utilisation durable des ressources naturelles, de créer des emplois ruraux dignes, de réduire les pertes et gaspillages alimentaires et, ainsi, de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Dans un contexte économique mondial difficile, a poursuivi Mme Semedo, la FAO invite tous les partenaires à concentrer leurs ressources et leurs efforts sur les initiatives réussies encourageant l'intégration des petits producteurs dans les chaînes agroalimentaires. C'est d'autant plus crucial que plus de 70 pour cent des victimes d'insécurité alimentaire vivent dans les zones rurales des pays en développement.

Bright Rwamirama, Ministre de l'agriculture de l'Ouganda, a évoqué les liens étroits que le FSCA établit avec les buts des politiques et stratégies de développement du pays comme une des clés de son succès. Les domaines d'action et les objectifs reflètent les politiques nationales. M. Rwamirama a ajouté que le projet s'est traduit par un accroissement de 30-35 pour cent des transactions pour les organisations d'agriculteurs et de 30 pour cent des revenus des ménages.

Winston Magloire, du Ministère de l'agriculture de l'île de la Dominique, a cité le développement des chaînes de valeur d'ananas dans son pays comme un des principaux résultats du FSCA. Comme dans d'autres pays, la formation des agriculteurs en techniques et technologies modernes, l'appui à leur organisation en groupements et coopératives et à leur interaction avec les organisations de transformateurs et de consommateurs ont permis aux producteurs locaux d'ananas de pouvoir rivaliser, à l'échelle des Caraïbes, avec de grandes marques mondiales.

Jorge Alberto Salinas Rodriquez, Directeur du Bureau de planification et de politiques publiques du Ministère de l'agriculture d'El Salvador, a signalé des résultats analogues dans son pays. La formation, le développement des capacités, et le renforcement des groupes d'agriculteurs et de leurs liens avec les négociants et l'industrie se sont traduits par une augmentation des bénéfices de 50 pour cent pour les producteurs de jocote, un fruit indigène, et de fleurs comestibles loroco, et de 80 pour cent pour les cultivateurs de plantain. Par ailleurs, a-t-il dit, le resserrement des liens entre producteurs primaires et négociants a permis de viser des marchés de niche; gelées et confitures, boissons et farine de plantain ne sont que quelques exemples de nouveaux créneaux précédemment inexploités dont les agriculteurs peuvent désormais tirer parti.