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Nouveau soutien financier pour affronter la situation alimentaire dramatique au Soudan du Sud

Le Royaume-Uni alloue 13,7 millions de dollars aux opérations d’urgence de la FAO en faveur des producteurs vivriers victimes des conflits

Photo: ©FAO/Charles Lomodong
Les prochains mois seront déterminants pour venir en aide aux familles d’agriculteurs, de pêcheurs et d’éleveurs du Sud-Soudan

31 mars 2014, Djouba/Rome - Le Gouvernement du Royaume-Uni a octroyé 13,7 millions de dollars de fonds d'urgence à la FAO pour aider les familles victimes des conflits à rétablir leurs moyens de subsistance basés sur l'agriculture et conjurer une situation d'insécurité alimentaire de plus en plus alarmante.

"La faim menace quelque 7 millions de personnes, dont près d'un million qui ont abandonné leurs logements face au climat de terreur semé par les combats. Ce n'est pas seulement des millions de personnes qui ont été déplacées, mais aussi plus de dix millions de têtes de bétail qui ont été éloignées de leurs itinéraires habituels de pâturage", a indiqué Sue Lautze qui dirige l'équipe de la FAO au Soudan du Sud.

L'aide aux opérations de la FAO accordée par le Département du Royaume-Uni pour le développement international (DFID) vient à point nommé.

"Nous devons respecter des délais très courts" explique Mme Lautze. "Nous avons un laps de temps extrêmement limité pour livrer les semences et autres intrants qui sont d'une importance vitale pour les agriculteurs. Il commence déjà à pleuvoir dans certaines régions; une fois que la saison des pluies démarre, il est trop tard pour semer et de vastes zones deviennent inaccessibles". 

Le don du DFID de 8,3 millions de livres Sterling (13,7 millions de dollars) permettra à la FAO d'offrir une aide aux ménages en temps utile pour qu'ils puissent tirer parti de la campagne de semis en cours.

La FAO a sollicité 77 millions de dollars pour aider 2,3 millions de personnes, en particulier pour les semis de légumes à maturation rapide et cultures vivrières de base, ainsi que la pêche et la lutte contre les maladies animales.

Le soutien de la FAO s'articule autour d'une double approche qui aide les ménages vulnérables des zones victimes du conflit à commencer à rebâtir leurs moyens de subsistance anéantis, tout en fournissant un appui aux agriculteurs des zones non touchées par le conflit. La FAO travaillera avec ces agriculteurs pour accroître les disponibilités vivrières au cours des mois à venir et permettre ainsi d'atténuer l'impact de la crise alimentaire qui se profile. 

"Nous disposons d'une fenêtre d'opportunité cruciale pour aider des millions de personnes au Soudan du Sud, et il n'y a pas de temps à perdre dans ce contexte de plus en plus dramatique", a précisé Mme Lautze.

"Les financements généreux octroyés par des donateurs comme le Royaume-Uni permettent à la FAO d'apporter son soutien aux populations pour la mise en place d'opérations agricoles et commerciales là où le besoin se fait sentir, pour l'alimentation et la vaccination du bétail ainsi que pour la fourniture de matériel de pêche".

La FAO est en train de préparer divers ensembles de subsistance d'une valeur unitaire de 30 dollars. Chaque kit permettra de fournir six mois de cultures de base pour une famille, une année de légumes riches en nutriments, des services de santé animale pour 80 familles pendant un mois, ou encore suffisamment de poisson pour nourrir 20 familles chaque jour.

Dans les zones les moins touchées du pays, l'issue de la campagne principale de semis sera déterminante pour la sécurité alimentaire à moyen terme du pays. Dans l'état de l'Equatoria occidental qui a affiché les taux de production les plus élevés du pays au cours des cinq dernières années, les agriculteurs n'ont pas été directement touchés par le conflit et ont déjà commencé à préparer leurs champs.

Face aux inquiétudes des cultivateurs sur l'interruption des marchés, des chaînes d'approvisionnement en intrants et des initiatives de développement sur tout le territoire national, la FAO entreprend de leur fournir un accès à des semences de qualité, des outils, une formation et d'autres mesures de soutien nécessaires pour assurer une production raisonnable en 2014. En effet, cela est primordial pour garantir des disponibilités alimentaires durant le restant de l'année, compte tenu du déficit actuel de production céréalière de 400 000 tonnes.

La FAO fournit un soutien direct aux agriculteurs par le biais de ses programmes de multiplication de semences, par lesquels les producteurs des Etats moins touchés produisent des semences pour les opérations humanitaires déployées dans les zones des Etats de l'Est victimes du conflit.

Des millions de personnes à risque

En février, sept millions de personnes étaient considérées à risque d'insécurité alimentaire, dont quelque 3,7 millions à des niveaux d'insécurité alimentaire aiguë ou d'urgence. Les organisations des Nations Unies et les organisations non gouvernementales ont lancé un appel commun pour 1,27 milliard de dollars visant à répondre aux besoins humanitaires d'urgence durant la première moitié de 2014.

A ce jour, la FAO a débloqué plus de 6 millions de dollars et est en négociation avec divers donateurs pour la mobilisation de 25 millions de dollars supplémentaires, mais les fonds disponibles sont loin de couvrir les besoins.

"Le facteur temps est essentiel, car la plupart des routes dans les Etats les plus affectés seront inondées durant la saison des pluies", a ajouté Mme Lautze. "Nous serons contraints d'envisager de passer des livraisons par voie routière aux largages aériens. C'est à la fois plus coûteux et moins efficace, mais nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour apporter notre aide en cette période de crise".