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Les problèmes nutritionnels n’épargnent ni l'Europe ni l'Asie centrale

Carences en vitamines et minéraux, retards de croissance et obésité

Photo: ©FAO/Johan Spanner
Vente de pommes de terre dans la rue près du marché central de Yerevan, Armenie

1er avril 2014, Bucarest - Globalement, sous l'angle strict des apports en calories, la région d'Europe et d'Asie centrale composée de 53 pays devrait voir la prévalence de la faim tomber à moins d'un pour cent d'ici 2050. Pourtant, si l'on y regarde de plus près, on constate encore aujourd'hui la persistance de problèmes de nutrition dans certains pays.

C'est le constat dressé par la FAO à la veille de la Conférence régionale biennale pour l'Europe qui s'ouvrira demain à Bucarest (Roumanie).

D'après le dernier rapport de la FAO sur la situation de l'alimentation et de l'agriculture en Europe et en Asie centrale, "les apports caloriques comme mesure de la sous-alimentation ne sont pas actuellement le principal problème", même s'il existe des exceptions dans quelques pays.

A l'échelle de la région, seuls deux pays n'ont pas encore atteint les deux principaux objectifs internationaux de réduction de la faim - le premier Objectif du Millénaire pour le développement de 2001 et le but du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, qui visaient à réduire de moitié la sous-alimentation d'ici 2015 - en pourcentage de la population totale et en termes absolus. Trois pays connaissent encore aujourd'hui une prévalence de la sous-alimentation supérieure à 5 pour cent.

Des régimes alimentaires sous-optimaux

Pour de nombreux pays de la région, un problème plus important est le manque d'apports suffisants en micronutriments et la qualité "sous-optimale" de l'alimentation. De ce point de vue, les performances de ces pays sont souvent plus faibles que dans d'autres régions du monde.

Le pourcentage moyen d'enfants de moins de 5 ans souffrant de retards de croissance dans la sous-région du Caucase et de l'Asie centrale est plus de trois fois supérieur à celui des pays de la CEI-Europe (Communauté des Etats indépendants), où il s'établit à 6 pour cent.

Parmi les pays du groupe d'Europe du Sud-Est, on trouve un taux comparativement élevé de retards de croissance infantile dans deux Etats.

Dans certains pays, l'alimentation est peu variée. Les plus pauvres tirent 73 pour cent de leurs apports énergétiques journaliers des céréales et seulement 10 pour cent des produits laitiers ou de la viande. A contrario, les régimes alimentaires des ménages les plus riches sont plus équilibrés, avec seulement 48 pour cent des calories provenant des céréales et 29 pour cent des produits d'origine animale.

La production de fruits et légumes dans le Caucase et l'Asie centrale est en augmentation, souligne le rapport, une tendance qui laisse espérer une amélioration de la diversité et de la qualité de l'alimentation.

L'obésité dépasse la moyenne mondiale

Le rapport fait état de nombres croissants d'individus en excès pondéral. Près de 48 pour cent des habitants du Caucase et de l'Asie centrale et plus de 50 pour cent des pays de la CEI-Europe et de l'Europe du Sud-Est sont obèses ou en surpoids, selon les critères de l'OMS.

L'excès de poids accroît le risque de contracter des maladies liées à l'alimentation et aggrave la pression pesant sur les structures sanitaires, met en garde le rapport, en particulier dans les pays les plus pauvres disposant de ressources financières plus limitées.

Les prix et la volatilité des aliments

Pour ce qui est du groupe de pays à la situation alimentaire la plus précaire (Caucase et Asie centrale), la FAO fait remarquer qu'en dépit de l'accroissement remarquable de la production agricole ces dernières années, tous les pays, à l'exception de l'Ouzbékistan, restent des importateurs nets de produits agricoles. Leur forte dépendance à l'égard des importations les rend plus vulnérables aux fluctuations des cours internationaux ou au niveau de leurs recettes d'exportation.

Au niveau des consommateurs, les ménages de ces pays consacrent en moyenne 30 pour cent de leur budget à la nourriture, contre 10 pour cent en Allemagne ou 13 pour cent en République tchèque. Les familles les plus pauvres ont tendance à dépenser une part plus importante de leurs revenus pour l'alimentation – dans certains cas jusqu'à 70 pour cent.

La marche à suivre

Les perspectives de santé et de développement dans les 18 pays à l'étude dépendront en grande partie des choix stratégiques des gouvernements nationaux. La recommandation centrale est claire: "Les gouvernements doivent s'attacher à élaborer et mettre en œuvre une approche intégrée pour la revitalisation et l'essor du secteur agricole et rural".

Le rapport suggère quelques ingrédients essentiels pour améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition au niveau national:

• Des politiques ciblées sur les petits exploitants agricoles afin de réduire la pauvreté rurale, augmenter la production et améliorer la compétitivité du secteur agricole
• Se détourner de la production extensive et de la dépendance à l'égard d'un ou deux produits de base
• Croissance économique globale
• Eviter le recours aux subventions à la consommation et aux contrôles des prix
• Redistribution des revenus et programmes de filets de sécurité sociale ciblés sur les populations vulnérables
• Commerce et coopération au niveau international
• Système efficace de science et technologie stimulant l'innovation agricole.

Le rapport Situation de l'alimentation et de l'agriculture dans la région, et nouveaux enjeux a été préparé à l'appui des délibérations des Etats membres qui se réuniront à la 29e Conférence régionale pour l'Europe. Le point correspondant de l'ordre du jour sera examiné durant la matinée du 2 avril par 44 délégations de pays.