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La FAO et ses partenaires chinois à l’œuvre pour mobiliser la finance carbone au profit des éleveurs et pasteurs

Une nouvelle méthodologie réoriente les fonds alloués au changement climatique vers la restauration des pâturages

Photo: ©FAO//Beatrice Giorgi
Troupeau de yaks dans la province de Qinghai, en Chine

30 mai 2014, Rome – Des centaines de millions de personnes dans le monde dépendent des pâturages pour nourrir leur bétail. Et pourtant, de vastes étendues d'herbages sont dégradées à cause de la mauvaise gestion des terres – un problème environnemental qui a des répercussions directes sur les communautés tributaires de l'élevage.

Pour affronter ces problématiques, la FAO et l'Académie chinoise des sciences agricoles (CAAS), le Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF) et le Northwest Institute of Plateau Biology de Chine (NWIPB) travaillent depuis plusieurs années à l'intégration des efforts de restauration des pâturages dans les mécanismes de financement internationaux consacrés au climat.

La réhabilitation des pâturages dégradés par des pratiques plus durables et la production de fourrage peut considérablement améliorer l'alimentation et la productivité animales au bénéfice des gardiens de troupeaux qui dépendent de l'élevage pour vivre.

La restauration des pâturages dégradés permet également de piéger de gros volumes de carbone atmosphérique, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique.

Pour ce faire, les mesures d'incitation économique sont décisives.

Les mécanismes de crédits carbone, qui rémunèrent les projets en échange de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la fixation du carbone, existent bel et bien, offrant en théorie aux agriculteurs la possibilité de gagner de l'argent en adoptant des pratiques d'atténuation du changement climatique.

Toutefois, la participation de l'agriculture aux marchés du carbone – y compris ceux concernant les systèmes basés sur le pâturage – a jusqu'à présent été plutôt limitée.

Cela s'explique notamment par la difficulté de mesurer la quantité de carbone piégée grâce aux pratiques agricoles améliorées. Ce n'est qu'avec des approches fiables et abordables que les mesures, déclarations et vérifications du carbone fixé peuvent donner accès aux fonds pour le climat.

La méthodologie mise au point par la FAO, la CAAS, le CIRAF et le NWIPB tente de remédier à cette problématique.

Un nouvel outil testé et approuvé

La nouvelle méthodologie permet de mesurer directement la séquestration du carbone sur des pâturages gérés de façon durable par l'échantillonnage du sol ou la modélisation informatique du piégeage basée sur les types de sols et les activités agricoles. Le recours à la modélisation peut sensiblement réduire les coûts des mesures.

Testée ces dernières années à l'aide de données de terrain provenant d'un site de projet dans le nord de la Chine et de la modélisation mathématique, la méthodologie a désormais reçu l'aval de la Norme Carbone Vérifié (VCS), un programme volontaire de comptabilisation des gaz à effet de serre utilisé par des projets dans le monde entier pour attribuer des crédits carbone.

Selon les résultats de l'étude cas menée dans le nord de la Chine, les éleveurs pourraient piéger en moyenne 3 tonnes de CO2 par hectare de pâturage et par an au cours des vingt prochaines années, en recourant à des pratiques améliorées telles que la réduction et la rotation de l'intensité de pâturage sur les sites surchargés, et les semis de pâturages améliorés et de cultures fourragères à proximité des fermes. La nouvelle méthodologie est spécialement conçue pour l'évaluation et la quantification de ces avantages.

"Maintenant que l'outil a obtenu la certification nécessaire pour être reconnue par les marchés internationaux du carbone, les concepteurs de projets et les agriculteurs peuvent mettre en œuvre des projets de restauration des pâturages à une échelle significative, en améliorant le potentiel de production de leurs terres et en contribuant à inverser les pertes historiques de carbone", a indiqué Henning Steinfeld de la FAO.

Les recettes des mécanismes de financement carbone et autres fonds d'atténuation peuvent être investies dans la restauration de la santé à long terme des terres dont dépendent les éleveurs et pasteurs, et dans la création d'associations de commercialisation pour améliorer leurs revenus et la sécurité alimentaire des ménages", a ajouté M. Steinfeld.

La méthodologie offre également aux pays un outil pouvant être adapté et utilisé pour le suivi et la vérification lors de la mise au point de mesures d'atténuation appropriées au niveau national (MAAN) visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Un potentiel considérable

La méthodologie peut s'appliquer dans le monde entier, partout où les pays s'efforcent de nourrir durablement une population croissante tout en réduisant leur empreinte carbone, en particulier dans les nations riches en pâturages.

"En Chine, avec 400 millions d'hectares de pâturages et des politiques nationales et mesures extrêmement favorables mises en place pour encourager l'adoption de pratiques de gestion durables (ex. loi nationale sur les pâturages, mécanisme de subventions pour la conservation de l'écologie des pâturages, programme de démobilisation des pâturages), cette nouvelle méthodologie a un énorme potentiel", a souligné Li Yue de la CAAS.

La CAAS et la FAO poursuivent leur collaboration pour identifier des opportunités de piloter et reproduire cette méthodologie en Chine et ailleurs.