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Le soutien aux exploitations agricoles familiales est essentiel pour forger des systèmes alimentaires plus sains

La Journée mondiale de l’alimentation souligne le besoin d’innovation, de participation et d’inclusion

Photo: ©FAO/Giulio Napolitano
Cérémonie de la JMA, siège de la FAO à Rome

16 octobre 2014, Rome - Bien que des progrès considérables aient été accomplis dans la lutte contre la faim au cours des dernières années, plus de 800 millions de personnes continuent de souffrir de sous-alimentation chronique et des efforts supplémentaires sont requis pour atteindre l'objectif mondial de réduction de moitié de la proportion des affamés à l'horizon 2015, a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, à l'ouverture de la célébration annuelle de la Journée mondiale de l'alimentation (JMA) au cours d'une cérémonie officielle au siège de la FAO, à Rome.

Quelque 500 millions d'exploitations agricoles familiales, qui représentent en fait neuf exploitations sur dix au plan mondial, jouent un rôle essentiel dans l'augmentation de la production alimentaire dans des proportions susceptibles de couvrir la demande d'une population mondiale croissante. "Dans le même temps, beaucoup d'exploitants de fermes familiales, notamment les producteurs de denrées de subsistance, font partie des 70 pour cent d'individus qui constituent la tranche de la population mondiale rurale la plus touchée par l'insécurité alimentaire", a fait observer M. Graziano da Silva.

"Les exploitants de fermes familiales doivent devenir des protagonistes de l'innovation. C'est uniquement de cette façon qu'ils réussiront à prendre les choses en main et veiller à ce que les solutions proposées répondent à leurs besoins", a ajouté le chef de la FAO.

Dans un discours liminaire, la Reine Máxima des Pays-Bas a souligné l'importance de l'inclusion financière en tant qu'outil essentiel permettant aux exploitants agricoles de se prémunir contre les pertes de revenus et comme élément central de tout effort ambitieux contre la faim.

Cela se traduit par l'accès aux comptes d'épargne, au crédit et aux prêts.

"Les preuves empiriques nous enseignent que lorsque l'on propose des comptes d'épargne aux petits exploitants agricoles, ces derniers épargnent plus, investissent plus et obtiennent des récoltes plus abondantes", a déclaré la Reine des Pays-Bas, Avocate Spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en matière de finance inclusive pour le développement, ajoutant que sans le travail acharné des exploitants de fermes familiales il n'aurait pas été possible d'arracher au cours de la dernière décennie 100 millions de personnes des griffes de la faim.

M. John Kufuor, ancien Président de la République du Ghana, a souligné, pour sa part, la nécessité d'améliorer la rentabilité des exploitations agricoles familiales en les aidant à troquer leur système de production de subsistance contre un modèle d'entreprise commerciale. Cela, a-t-il dit, renforcera la résilience des communautés, stimulera la création d'emplois et aura un rôle essentiel dans la réduction de la pauvreté.

"Il a été démontré que la croissance du PIB générée par l'agriculture est quatre fois plus efficace pour la réduction de la pauvreté que la croissance générée par d'autres secteurs, car elle produit ses effets sur les gens directement sur le terrain."

Outre l'accès au financement, M. Kufuor a insisté sur l'importance des réformes institutionnelles en matière de droit foncier, de reconnaissance des droits fondamentaux des agriculteurs et de politiques gouvernementales intégrées de développement rural afin d'aider les exploitations agricoles familiales à réaliser tout leur potentiel.  

Le Pape François, dans un message lu par l'archevêque Luigi Travaglino, a souligné la double nécessité de reconnaître le rôle de plus en plus important de la famille rurale et d'en développer pleinement le potentiel.

"Cette année dédiée à la famille nous a permis de constater que les familles rurales peuvent répondre à un manque de nourriture sans détruire pour autant les ressources de la création. Mais nous devons être attentifs aux besoins de ces familles."

La Pape a également souligné qu'au-delà des chiffres actuels de la faim, "ceux qui souffrent de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition sont avant tout des personnes et non des numéros. Et c'est justement en raison de leur dignité en tant que personnes qu'il convient de les placer au-dessus de tout calcul ou projet économique".

"L'agriculture familiale est le pivot de notre future sécurité alimentaire", a dit de son côté Mme Ertharin Cousin, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM). Tout en consolidant une vision nouvelle et durable de l'exploitation agricole familiale en termes d'augmentation des disponibilités alimentaires et de protection des ressources de la terre, "nous devons nous attaquer à un problème universel: l'inégalité entre les sexes", a-t-elle ajouté.

"Mettre fin à l'inégalité entre les sexes n'est pas seulement la bonne chose à faire, mais c'est la chose intelligente à faire", a encore dit Mme Cousin en rappelant les nombreuses facettes de l'accès inégal des femmes aux intrants agricoles, une situation qui les contraint à "travailler plus dur et plus longtemps pour moins".

M. Giuseppe Castiglione, Sous-secrétaire d'Etat au ministère italien des politiques agricoles, alimentaires et forestières, a souligné la fonction sociale importante remplie par les exploitations agricoles familiales, notamment la préservation de la culture, des aliments locaux et de l'environnement.

L'Italie et l'Europe sont confrontées au transfert des traditions agricoles d'une population d'agriculteurs vieillissante à une génération plus jeune, a-t-il indiqué, ajoutant que "la formation joue un rôle important en introduisant à la fois l'innovation et la tradition dans le secteur de l'agriculture".

Rappelant que le monde se rapproche de l'échéance concernant les Objectifs du Millénaire pour le développement, le vice-Président du Fonds international de développement agricole (FIDA), M. Michel Mordasini a appelé la communauté internationale à revigorer son effort collectif en vue d'atteindre ces Objectifs. "Nous avons encore 440 jours pour atteindre l'Objectif consistant à réduire de moitié la proportion de personnes sous-alimentées. Pour réussir, soutenons plus activement les petites exploitations agricoles familiales du monde."

La Journée mondiale de l'alimentation, qui est célébrée chaque année le16 octobre, marque l'anniversaire de la création de la FAO à Québec en 1945.

Au cours des journées ayant précédé cette célébration, les Etats membres de la FAO ont débattu puis approuvé un accord politique prescrivant des directives destinées à améliorer les régimes alimentaires dans le monde. Cet accord sera adopté lors de la deuxième Conférence internationale sur la nutrition (CIN2) qui se tiendra du 19 au 21 novembre 2014 au siège de la FAO, à Rome. Cette réunion intergouvernementale de haut niveau est organisée conjointement par la FAO et l'OMS.

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