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Les BRICS exposent des stratégies contre la malnutrition en prévision de la CIN2

La “faim cachée” nécessite des interventions multisectorielles

Photo: ©FAO/Christena Dowsett
Le premier débat public en prévision de la CIN2 était animé par les représentants des BRICS

22 octobre 2014, Rome - La "faim cachée" figurait au premier plan d'un débat public sur la nutrition animé mercredi dernier par les représentants des BRICS (Brésil, Russie, Indie, Chine, Afrique du Sud) au siège de la FAO, en prévision de la tenue en novembre 2014 de la deuxième Conférence internationale sur la nutrition (CIN2).

Les représentants des BRICS ont souligné que l'insécurité alimentaire et la malnutrition ne pouvaient être résolues sans un engagement politique fort, des ressources adéquates et la collaboration étroite des pouvoirs publics et des acteurs non étatiques œuvrant ensemble et de manière coordonnée.

Ce dialogue sur la nutrition, destiné à sensibiliser et à stimuler le débat sur des questions essentielles intervient peu de jours après que les Etats membres de la FAO et l'OMS parvinrent à un accord sur une Déclaration et une Plateforme d'action comprenant 60 recommandations politiques visant à assurer l'accès à des régimes alimentaires plus sains et nutritifs à tous les habitants de la planète. Cette plateforme doit être adoptée par la CIN2 en novembre prochain.

Dans ses observations liminaires, M. Jomo Kwame Sundaram, Sous-Directeur général de la FAO et coordonnateur du développement économique et social, a décrit "les trois faces de la malnutrition", le défi persistant de la faim ou énergie alimentaire insuffisante, la "faim cachée" ou carences en micronutriments (minéraux et vitamines) et les maladies non transmissibles liées à l'alimentation et souvent associées à l'obésité.

M. Jomo a souligné la double nécessité de l'engagement politique au plus haut niveau et des "approches intégrées et globales", mais cela doit se faire, a-t-il dit, "dans un cadre assez souple qui tienne compte des différentes priorités nationales". La CIN2 soulignera la centralité des systèmes alimentaires, notamment la production et la consommation alimentaires durables qui doivent assurer l'accès de tous à des régimes alimentaires sains, équilibrés et diversifiés.

Bien qu'il y ait eu un recul important du nombre de personnes sous-alimentées depuis 1992, on estime qu'au moins deux milliards d'individus souffrent de carences en micronutriments sous une forme ou une autre alors que 500 millions sont obèses. La malnutrition empêche non seulement les gens d'atteindre pleinement leur potentiel mais elle réduit aussi d'environ cinq pour cent le bien-être économique des populations, selon les estimations.

L'expérience du Brésil

Evoquant l'expérience du Brésil, M. Pedro Braga Arcuri, agent de liaison d'EMBRAPA (Brazilian Agricultural Research Corporation) auprès des entités multilatérales, régionales et nationales, et M. Eduardo Nilson, conseiller technique en nutrition au Ministère brésilien de la santé, ont exposé les stratégies qui sont au cœur du projet Faim Zéro et évoqué les efforts déployés par le Brésil pour ériger la santé et la nutrition en droits fondamentaux.

"L'approche interdisciplinaire a toujours été essentielle pour nous", a déclaré M. Nilson, en soulignant l'utilité d'une combinaison de politiques applicables dans différents secteurs et la nécessité de forger divers partenariats pour s'attaquer à la faim et la malnutrition. "[Fome Zero] a tôt fait d'attirer l'attention du monde à ces problèmes."

Tout comme M. Nilson, M. Oleg Kobiakov, Représentant permanent suppléant de la Fédération de Russie auprès des agences de l'ONU à Rome, a souligné que "la protection sociale était un élément important d'une meilleure nutrition pour tous". Il a indiqué que la Russie mettait cela en œuvre au travers de programmes d'aide alimentaire internes, notamment pour les mamans et les populations vulnérables, sur le modèle des interventions réussies dans d'autres pays.

Evoquant ouvertement les efforts déployés par son pays pour lutter contre la malnutrition infantile, M. Vimlendra Sharan, Représentant permanent suppléant de l'Inde auprès des agences de l'ONU à Rome, a déclaré qu'il était fier des nombreux succès de l'Inde dans les domaines économique et technologique, notamment la mission sur Mars cette année; mais il a ajouté que cela contrastait tristement avec le plus fort taux de malnutrition au monde détenu par son pays.

Pour lutter avec succès contre la malnutrition, M. Sharan a souligné l'importance des programmes gouvernementaux qui abattent les cloisonnements et créent des liens horizontaux et multisectoriels.

"Idéalement, le monde n'aura pas besoin d'une CIN3, mais si cela devait être le cas j'espère que ce serait pour fêter l'éradication de la faim et de la malnutrition", a-t-il ajouté.

La base de tous les droits

M. Xia Jingyuan, Représentant permanent de la République populaire de Chine auprès des agences de l'ONU à Rome, a rappelé l'objectif de la Chine de demeurer autosuffisante en produits alimentaires de base tout en soulignant l'engagement de son pays en matière de partage des technologies avec les pays en développement. "La nourriture pour tous est un droit humain de base et c'est aussi la base de tous les droits", s'est-il exclamé.

Mme Lynn Moeng-Mahlangu, Directrice de la promotion de la santé, de la nutrition et de la santé buccale au Département sud-africain de la santé, a évoqué les défis qui se posent à son pays en matière de lutte contre le déficit pondéral et l'obésité. Elle a souligné qu'il était important de créer des systèmes et des politiques qui galvanisent le soutien de tous les ministères, notamment ceux de la santé et de l'agriculture. "Si nous ne mettons pas en place de tels systèmes, nous ne pourrons pas relever les défis."

La Déclaration et la Plateforme d'action préparées pour la CIN2 reconnaissent que la malnutrition sous toutes ses formes – notamment la sous-nutrition, les carences en micronutriments, le surpoids et l'obésité – entravent non seulement la santé et le bien-être des gens, mais représentent aussi un fardeau aux conséquences sociales et économiques négatives pour les individus, les familles, les communautés et les Etats.

Le Dialogue final sur la nutrition en prévision de la CIN2 sera animé par le G77 le 30 octobre. Rappelons que le premier Dialogue sur la CIN2 avait été animé par Mme Nancy Stetson, Représentante spéciale des Etats-Unis pour la sécurité alimentaire mondiale.    

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