La Chine signe un accord de coopération Sud-Sud de 50 millions de dollars avec la FAO

Accent sur les échanges de connaissances pour l'agriculture durable et les chaînes de valeur

7 juin 2015, Rome  La Chine et la FAO ont signé aujourd'hui un accord d'un montant de 50 millions de dollars afin d'aider les pays en développement à bâtir des systèmes alimentaires durables et des chaînes de valeur agricoles inclusives, reconnaissant l'importance croissante de la collaboration entre pays du Sud dans la lutte contre la faim et la pauvreté extrêmes.

La nouvelle contribution de la Chine au Fonds fiduciaire de coopération Sud-Sud FAO-Chine permettra l'échange d'experts agricoles chinois avec les pays de l'hémisphère Sud, en particulier les zones à faible revenu et à déficit vivrier d'Asie, du Pacifique, d'Afrique et d'Amérique latine, sur une période de cinq ans.

"La Chine a accompli d'importants pas en avant dans la réduction de la faim et a utilisé sa propre expérience pour aider d'autres pays à faire de même"; a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva, lors d'une cérémonie de signature en marge de la Conférence de la FAO.

"Il est désormais clair que si nous avons le pouvoir d'éliminer la faim de notre vivant, nous ne pourrons le faire qu'en unissant nos efforts – les pays du Sud qui se donnent les moyens les uns les autres en échangeant connaissances et outils en est un élément fondamental", a-t-il ajouté.

Depuis 1990, la Chine a extirpé de la faim chronique 138 millions de personnes et atteint l'objectif du Sommet mondial de l'alimentation de 1996, outre à avoir atteint celui du Millénarie pour le développement consistant à réduire de moitié la prévalence de la faim avant l'échéance 2015.

"La Chine est le premier producteur agicole des pays en développement; la FAO est la première organisation agricole mondiale. Nous sommes prêts à renforcer notre coopération avec la FAO, ce qui sera un bienfait non seulement pour le développement agricole et les progrès vers les buts de réduction de la faim, mai aussi pour les populations pauvres et affamées de la planète", a déclaré M. Wang Yang, Vice-premier ministre chinois qui a participé à l'événement.

M. Han Changfu, Ministre chinois de l'agriculture, a signé le protocole d'accord au nom de son pays.

Sur un pied d'égalité

La coopération Sud-Sud a pris de l'ampleur ces dernières années comme approche innovante d'aide au développement en complément de modèles traditionnels.

Depuis la mise en place de l'initiative de coopération Sud-Sud par la FAO en 1996, la Chine a été un des premiers pays à partager son expertise agricole dans le monde. Jusqu'ici, elle a déployé 1 023 experts et techniciens dans 25 pays.

Ce partenariat a reçu une nouvelle impulsion avec la création par la Chine d'un Fonds fiduciaire pour la coopération Sud-Sud avec une contribution initiale de 30 millions de dollars en 2008.

En octobre dernier, lors d'une visite à la FAO, le Premier ministre du Conseil d'état, Li Keqiang,  avait annoncé l'intention de la Chine de poursuivre ce soutien avec l'enveloppe de 50 millions de dollars faisant l'objet de l'accord d'aujourd'hui.

Echanges de connaissances

Le Fonds fiduciaire a soutenu les échanges de connaissances dans le cadre de onze projets de pays et deux initiatives mondiales dans des domaines comme l'irrigation, l'horticulture, la protection de l'élevage ainsi que la transformation et la commercialisation des aliments.

Comme durant la première phase, les experts chinois détachés dans les pays d'accueil resteront deux-trois ans pour former les agriculteurs locaux à l'utilisation de technologies adaptables et abordables pour la gestion des cultures, de l'élevage et de l'eau, et nouer des liens étroits avec les communautés qu'ils desservent.

La deuxième phase s'inspirera des enseignements tirés, partageant les meilleures pratiques et aidant les pays hôtes à élaborer des politiques avisées, à renforcer les capacités institutionnelles, à faciliter le transfert de nouvelles technologies, à collaborer avec les centres de recherche et autres partenaires.

L'initiative a également pour but d'aider les gouvernements d'accueil à formuler des plans de développement agricole et à canaliser les investissements pour une plus grande participation des petits et moyens agriculteurs aux chaînes de valeur agricoles.

Les pays hôtes bénéficieront aussi d'un accès et d'une collaboration avec les centres de recherche et de formation chinois certifiés par la FAO qui encourageront l'innovation agricole au niveau régional, sous-régional et national.

Photo: ©FAO/Giampiero Diana
Au Bangladesh, un expert agricole chinois travaille de concert avec son homologue local