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OMD: soixante-douze pays ont atteint l’objectif de réduire de moitié la proportion d’affamés

Cérémonie de remise des prix en guise de reconnaissance de l’effort mondial pour éradiquer la faim

Photo: ©FAO/Giuseppe Carotenuto
Représentants de quelques-uns des 72 pays récompensés entourant Graziano da Silva

7 Juin 2015, Rome – Une cérémonie internationalede remise des prix s'est tenue aujourd'hui à la FAO en guise de reconnaissance de l'effort mondial qui a permis, grâce à l'engagement de tous les pays, la quasi-réalisation de l'un des principaux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), à savoir la réduction de moitié de la proportion de personnes souffrant de la faim à l'horizon 2015, ou bien la réduction de cette proportion pour la ramener en dessous du seuil des cinq pour cent.

Une majorité de pays – 72 sur 129 –, suivis de près par la FAO, ont atteint la cible en question, mais les régions en développement dans leur ensemble l'ont manqué de peu. Sur les 72 pays, 29 ont également atteint l'objectif plus rigoureux de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim, comme stipulé par les gouvernements lors du Sommet mondial de l'alimentation (SMA) en 1996 à Rome. Et sur ces 72 pays, une douzaine ont maintenu les taux de la faim en dessous de 5 pour cent depuis au moins 1990.

M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, a tenu à rendre hommage à ces réalisations au cours de la cérémonie de remise des prix.

«Depuis 1990, 216 millions de personnes ont été libérées de la faim», a-t-il révélé.

Cependant M. Graziano da Silva a déploré que près de 800 millions de personnes souffrent encore de sous-alimentation chronique, un état que la FAO définit comme le résultat d'une privation d'énergie alimentaire durant un an.

Aussi le chef de la FAO a-t-il appelé à un redoublement des efforts mondiaux de lutte contre la sous-alimentation chronique.

«Une personne sur neuf sur la planète n'a toujours pas assez de nourriture pour mener une vie active, saine et productive. C'est inacceptable», s'est-il exclamé.

L'année 2015 marque l'achèvement de la période de suivi des Objectifs du Millénaire pour le développement, qui seront remplacés par les Objectifs de développement durable (ODD) en cours de négociation par la communauté internationale.

Les ODD doivent «forger un engagement mondial qui va au-delà de la réduction de la faim, cherchant plutôt à l'éradiquer totalement», a fait valoir M. Graziano da Silva.

«Si tout le monde y met du sien, Faim Zéro pourra être atteint de notre vivant. Ensemble nous pouvons transformer cette vision en réalité», a encore dit le Directeur général de la FAO

Des prix aux derniers pays ayant fait des progrès

Au cours de la cérémonie, la Bolivie (Etat plurinational de Bolivie), le Costa Rica, le Laos (République démocratique populaire lao), le Mozambique, le Népal, l'Ouzbékistan, les Îles Salomon et le Suriname ont reçu un prix pour avoir atteint la cible des OMD. Ils ont rejoint d'autres pays qui avaient reçu le même prix les années précédentes.

L'Angola, la Chine, le Gabon, le Mali, le Myanmar et la République dominicaine ont été récompensés pour avoir également atteint l'objectif plus ambitieux du SMA.

Le Premier ministre du Gabon Daniel Ona Ondo et le vice-Premier ministre chinois Wang Yang ont reçu des diplômes au nom de leurs pays au cours de la même cérémonie.

Parmi les autres dignitaires présents figuraient: le Président du Mali Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier ministre de Djibouti Abdoulkader Kamil Mohamed, le Premier ministre d'Ethiopie Hailemariam Desalegn Boshe, le Premier ministre des îles Fidji Josaia Voreqe Bainimarama, le Premier ministre du Niger Brigi Rafini, le Premier Ministre de Saint-Vincent-et-Grenadines Ralph Gonsalves Everard et le Premier ministre de Tunisie, Habib Essid.

De la réduction de la faim à son éradication

L'Etat de l'insécurité alimentaire dans le monde 2015 (SOFI 2015), rapport diffusé le mois dernier par la FAO, note que les pays ayant fait des progrès dans la lutte contre la faim ont bénéficié de conditions politiques stables et ont promu la croissance économique inclusive et le développement de l'agriculture, de la pêche et de la foresterie.

Beaucoup parmi ces pays avaient également mis en œuvre des politiques visant à promouvoir et à protéger l'accès à la nourriture.

La protection sociale, facteur clé

Toujours selon le rapport, l'amélioration de la productivité des exploitations familiales de petite taille – notamment celles incluant des femmes et des jeunes –et le renforcement des mécanismes de protection sociale sont des facteurs clés favorisant à la fois la croissance inclusive et le bon fonctionnement des marchés.

En revanche, les conflits, l'instabilité politique ou les catastrophes naturelles – y compris celles découlant du changement climatique – entraînent souvent des crises prolongées qui aggravent la vulnérabilité et l'insécurité alimentaire.

Un engagement politique fort, le respect des droits humains fondamentaux et l'intégration de l'aide humanitaire avec l'assistance au développement sont nécessaires pour répondre à ces crises, indique le rapport.

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