Investir pour un avenir où la faim n’existera plus

L’objectif Faim Zéro est réalisable avec des investissements judicieux, déclare le Directeur général de la FAO à la Conférence d’Addis-Abeba

15 juillet 2015, Rome – Soulignant l'opportunité historique de faire partie de la «génération  Faim Zéro», M. José Graziano Da Silva, Directeur général de la FAO, a appelé aujourd'hui à des investissements supplémentaires dans la protection sociale et le développement rural, lors de la troisième Conférence internationale sur le financement du développement qui se tient à Addis-Abeba, en Ethiopie.

L'Accord d'Addis sur lequel doit déboucher cette conférence servira de feuille de route pour les investissements futurs dans le développement qui cibleront les populations, seront durables et constitueront un pilier essentiel des nouveaux Objectifs de développement durable de l'ONU (ODD).

«Au travers des ODD et de cet Accord, le monde proclame: «Notre objectif est de mettre fin à la pauvreté et à la faim», a souligné M. Graziano da Silva devant les dirigeants du monde et les représentants de la société civile et du secteur privé lors de la session plénière de la conférence.

Pour atteindre cet objectif, des investissements plus importants sont nécessaires dans la protection sociale et le développement rural pour faire en sorte que chaque personne ait un accès adéquat à la nourriture durant toute l'année, et pour améliorer la productivité, les revenus et les moyens d'existence des pauvres, a-t-il ajouté.

 «Le renforcement de la protection sociale est crucial pour effectuer des progrès rapides en vue d'éradiquer la faim et secourir les familles les plus vulnérables», a encore dit M. Graziano da Silva.

Etant donné que plus de 70 pour cent des pauvres vivent en milieu rural, il faut accorder la priorité à la protection sociale dans les zones rurales, qui échappent généralement à l'attention des systèmes traditionnels de sécurité sociale.

Les investissements dans le développement devraient également cibler l'adaptation au changement climatique et les systèmes alimentaires durables et inclusifs, a encore dit le Directeur général de la FAO.

Investir en vue de réaliser des progrès rapides

Les propos de M. Graziano da Silva font suite à la publication d'un rapport de la FAO, du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds international de développement agricole (FIDA) qui détaille les investissements nécessaires pour éradiquer la faim dans le monde d'ici 2030 – un objectif clé des ODD qui seront adoptés en septembre 2015.

Il est largement admis que l'élimination de la faim est une condition essentielle à la réalisation d'autres objectifs de développement ayant trait à la santé, l'éducation et la productivité.

Pour reléguer la faim aux oubliettes d'ici 2013, les agences alimentaires de l'ONU estiment qu'un montant supplémentaire de 267 milliards de dollars par an en moyenne doit être investi dans les zones rurales et urbaines, ainsi que dans les mesures de protection sociale qui facilitent aux pauvres l'accès à la nourriture et améliorent leurs moyens d'existence.

Cela revient en moyenne à investir 160 dollars ​​par an et par personne vivant dans l'extrême pauvreté.

M. Graziano da Silva a souligné que cela n'était qu'une fraction des coûts que la malnutrition impose actuellement aux économies, aux sociétés et aux populations.

Malgré l'accès limité au crédit et à l'assurance dans de nombreux pays en développement, les agriculteurs du monde entier sont les principaux investisseurs dans l'agriculture et les zones rurales.

Les seuls investissements privés se sont avérés insuffisants pour briser le cercle vicieux de la pauvreté rurale. Des investissements supplémentaires du secteur public sont nécessaires pour améliorer les infrastructures rurales, les transports, la santé et l'éducation et libérer tout le potentiel des communautés agricoles.

Les transferts en espèces, à leur tour, vont permettre aux familles pauvres de bénéficier de régimes alimentaires plus diversifiés et plus sains, indique le rapport. Ainsi il s'agit de lutter à la fois contre la faim extrême et ce qu'on a appelé la «faim cachée», c'est-à-dire un apport insuffisant en vitamines, fer et autres minéraux.

Le rapport estime que l'augmentation des investissements dans la protection sociale induira une augmentation de la productivité et des revenus des personnes, permettant à celles-ci d'épargner et d'investir et déclenchant ainsi des cycles vertueux qui sauveront les familles les plus pauvres.

«Nous savons ce qu'il en est. Nous savons ce qu'il en coûte. Nous pouvons être la génération Faim Zéro, ouvrant ainsi la voie vers un avenir durable et inclusif qui n'abandonne personne au bord de la route», a conclu M. Graziano da Silva.

Photo: ©Zacharias Abubeker
Le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva à la tribune de la conférence à Addis-Abeba