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Le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable fête ses 20 ans

La conférence de Vigo souligne l'importance de la gestion des pêches pour un avenir durable

8 octobre 2015, Vigo, Espagne – Vingt ans après sa création, le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable s'est retrouvé sous les projecteurs devant un parterre de ministres, de chercheurs et de dirigeants du secteur halieutique au premier Forum international des opérateurs de la filière pêche qui s'est ouvert à Vigo (Espagne) aujourd'hui.
 
“Le Code de conduite a connu un indéniable succès car il saisit aussi bien l’essence de la conservation de la nature que la nécessité pour les pays en développement de progresser et de prospérer”, a souligné Arni Mathiesen, Sous-Directeur général, Département des pêches et de l’aquaculture de la FAO, au cours de la session d’ouverture de la conférence.


“Bon nombre des stocks de poisson étaient utilisés de façon non durable avant l’adoption du Code de conduite en 1995. Depuis, alors que les actions de la communauté internationale ont freiné la détérioration, je reste persuadé que nous pouvons faire davantage pour reconstituer les stocks et que nous devons travailler ensemble sur ces objectifs au cours des deux prochaines décennies du Code”, a-t-il ajouté.


Les produits de la mer sont parmi les denrées faisant l'objet du plus gros volume d'échanges internationaux, avec quelque 145 milliards de dollars par an. Le poisson est la principale source de protéines animales pour des milliards d'êtres humains, et plus de 10 pour cent de la population mondiale dépend des pêches de capture et de l'aquaculture pour vivre.

La pression exercée sur les ressources marines de la planète augmentera très vraisemblablement alors que le monde s'apprête à devoir nourrir neuf milliards de bouches d'ici 2050, ce qui rend d'autant plus cruciale la gestion durable des pêches.

Conservation et croissance


Depuis 1995, lors de son élaboration par 170 pays, le Code de conduite fixe des normes universelles visant à guider les gouvernements et les acteurs privés dans la conservation et la gestion des océans, des fleuves et des lacs.

Parallèlement, il reconnaît le besoin de développement des pays et le rôle important qu'un secteur dynamique des pêches peut jouer dans la prospérité d'un pays par le biais d'initiatives de croissance bleue.

“L’ensemble des parties prenantes, notamment les instituts universitaires, la société civile et le secteur privé, ont reconnu le Code de conduite à l'unanimité”, a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva, qui a souligné son rôle dans les stratégies de croissance bleue qui exploitent de façon durable les ressources aquatiques pour améliorer les moyens d'existence des plus vulnérables.
 
Un outil complet


Depuis les pratiques responsables de pêche à la manutention, à l'étiquetage et au commerce, le code couvre quasiment tous les aspects du secteur halieutique et a servi d'orientation aux politiques gouvernementales sur tous les continents.

Ainsi, aujourd'hui, la plupart des pays disposent de politiques et de législations compatibles avec le Code.

De nouvelles directives de l'UE exigeant des marchés d'indiquer les zones de provenance de leurs prises sont parmi les nombreux exemples de règlements qui font partie de l'héritage du Code et permettent aux consommateurs modernes de faire des choix avisés sur ce qu'ils mangent.

Par ailleurs, le Code a pour vocation de protéger et d'améliorer les moyens d'existence des petits pêcheurs et aquaculteurs des pays en développement et de les aider à pénétrer sur les marchés internationaux en se conformant à diverses normes d'importation.

“Le Code est un document vivant et il continue de s'adapter aux exigences du temps”, a souligné M. Mathiesen.

Plus récemment, de nouvelles clauses et plans d'action ont été ajoutés pour répondre à de nouveaux enjeux, notamment la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, et la nécessité de veiller à la durabilité dans le secteur de l'aquaculture en rapide essor.

La FAO poursuit ses travaux pour aider les gouvernements à renforcer leurs capacités techniques en vue de la mise en œuvre des principes énoncés par le code et améliorer leurs statistiques et leurs systèmes d'information, et ce, pour faciliter des décisions de politique en connaissance de cause au niveau national et régional.

Elle aide en outre les petits producteurs à devenir plus compétitifs sur les marchés internationaux en leur fournissant et en analysant les données actualisées sur la commercialisation et les informations sur le commerce par le biais de ses réseaux, tels que FAO Globefish.

Gestion des pêches: une affaire axée sur la collaboration

Le forum de deux jours se déroule en marge du Conxemar 2015 – un des principaux salons professionnels du secteur de la pêche qui attire des milliers de visiteurs du monde entier chaque année.

La FAO collabore avec l'association Conxemar , le Ministère de l'agriculture, de l'alimentation et de l'environnement espagnol et le gouvernement régional de Galice à ce forum où les experts de pêches se pencheront -aux côtés des négociants, des producteurs et des décideurs-sur l'état de la gouvernance des océans, le rôle croissant des fermes aquicoles pour la sécurité alimentaire, l'amélioration de la sécurité sanitaire et de la traçabilité des produits de la pêche, la réduction des pertes et gaspillages alimentaires, et l'exploitation durable des ressources marines pour la croissance économique.

“Nous sommes fiers de célébrer les vingt ans du Code de conduite pour une pêche responsable ici à Vigo. Cela démontre la forte collaboration qui existe entre le gouvernement espagnol et la FAO, et souligne l’ampleur du travail accompli par l’Organisation dans le cadre des pêches”, a déclaré Isabel García Tejerina, Ministre espagnole des pêches, souhaitant la bienvenue à 72 délégations des cinq continents mercredi soir à Vigo.

Photo: ©FAO/Giulio Napolitano
Des rougets disposés à la salle de vente aux enchères “Silver Fish” de Fiumicino, en Italie, avec la zone de pêche de la FAO indiquée sur l’étiquette.

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