Don des Pays-Bas de 7 millions de dollars en faveur de la gestion de l'eau au Proche-Orient et en Afrique

Les images de télédétection par satellite permettront d'améliorer l'utilisation de l'eau pour les cultures

27 novembre 2015, Rome -- Les Pays-Bas et la FAO intensifient leur collaboration dans le domaine de la gestion de l'eau. Un don de 7 millions de dollars du gouvernement néerlandais en faveur de l'utilisation des technologies de télédétection va permettre d'aider les pays pauvres en eau du Proche-Orient et d'Afrique à surveiller et à améliorer leur utilisation de l'eau pour la production agricole.

Le projet financé par les Pays-Bas et doté, avec ce don supplémentaire, d'un budget de 10 millions de dollars, utilise les données par satellite pour détecter les terres où l'utilisation de l'eau ne se traduit pas en une production agricole optimale, identifier la source du problème et recommander différentes techniques de semis et d'irrigation.

«Le projet se sert de certaines des technologies les plus avancées en tenant compte des écosystèmes et de l'utilisation équitable des ressources en eau», a déclaré le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva lors d'un événement marquant la prolongation de l'accord au siège de la FAO à Rome.

Il a souligné l'importance du projet à la veille de la Conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra à Paris, en faisant remarquer le stress supplémentaire qu'exerce le changement climatique sur les agriculteurs et la manière dont ils gèrent leurs ressources en eau limitées.

«Nous savons tous que les ressources en eau se raréfient, mais qu'en même temps, elles sont cruciales pour produire suffisamment de nourriture pour une population croissante», a indiqué la Représentante permanente des Pays-Bas auprès de la FAO, Mme Gerda Verburg.

«Grâce à cette approche innovante de télédétection pour améliorer la productivité de l'eau, nous offrons aux agriculteurs un outil concret pour décider du meilleur usage de l'eau et de quels types de plantes cultiver – mais aussi de la campagne de croissance de façon à pouvoir cibler leurs investissements», a-t-elle ajouté.

Les outils créés dans le cadre du projet, qui seront mis à la disposition des gouvernements comme des agriculteurs à titre gratuit, visent également à permettre aux responsables politiques de prendre des décisions fondées sur des données concrètes.

Quelque 70 pour cent de tous les prélèvements d'eau douce dans le monde sont destinés à l'agriculture – un chiffre qui arrive même à toucher les 95 pour cent dans certains pays en développement, compromettant sérieusement l'avenir durable de la production agricole.

La raréfaction des ressources hydriques et la concurrence pour l'eau risquent également de faire avorter les efforts de réduction de la pauvreté, en particulier dans les zones rurales semi-arides où l'accès à cette précieuse ressource pour l'agriculture et l'élevage est capital pour jouir de moyens d'existence stables.

Le programme

Un élément clé du programme quadriennal est un portail d'images par satellite actualisées et interprétées, montrant l'état des terres cultivées en temps quasi-réel.

Sur la base de ces informations – qui intègrent les précipitations et les données de transpiration des plantes, entre autres – les experts sont en mesure d’évaluer rapidement les zones à problème où la productivité de l'eau et des terres est faible, ce qui signifie que ces zones utilisent des quantités relativement élevées de ressources limitées pour un rendement minimal.

A l'aide des données de télédétection plutôt que d'enquêtes de terrain, on obtient un outil de mesure unifié permettant de comparer aisément la productivité des terres – du niveau du pays à celui de la ferme.

En posant des questions telles que, pourquoi une exploitation utilise l'eau disponible mieux qu'une autre dans la même zone, les chercheurs et les partenaires locaux peuvent alors enquêter sur la façon dont les agriculteurs gèrent leurs cultures – y compris les techniques de sélection et d'irrigation – et identifier des moyens de combler les déficits de rendement.

Le projet comporte un volet de formation qui a pour but d'améliorer les capacités des agriculteurs et des décideurs en matière de productivité de l'eau dans l'agriculture locale – ce qui signifie plus de valeur ajoutée par unité d'eau.

Le portail de données fournira des informations sur trois échelles: niveau continental sur l'ensemble de l'Afrique et du Proche-Orient, niveau des pays et des bassins versants, et niveau des périmètres d'irrigation.

Grâce à ces financements supplémentaires, le projet va pouvoir ajouter trois nouveaux pays à sa liste – la Jordanie, le Liban et la Syrie, ainsi que le Bassin du Jourdain – portant ainsi le nombre total de pays participants à 18. Ces pays ont été choisis pour la pression accrue que subissent leurs ressources naturelles déjà rares à cause des problèmes de migration.

Le projet, qui traduit l'intérêt des Pays-Bas pour les questions hydriques dans le secteur de l'agriculture, est mis en œuvre par la FAO en collaboration avec l'Institut UNESCO-IHE pour l'éducation relative à l'eau, l'Institut international de gestion de l'eau (IWMI), et d'autres partenaires.

Photo: ©FAO/Marco Longari
La plupart des pays d’Afrique du Nord et du Proche-Orient sont affectés par une grave pénurie d’eau. Ceci comporte des défis considérables, notamment en ce qui concerne le secteur agricole, qui devraient être accentués par le changement climatique.