FAO.org

Accueil > Médias > Nouvelles

Des habitats de poissons artificiels en Somalie au profit des communautés côtières

La FAO et la Force navale de l'UE déploient 25 Dispositifs de concentration du poisson pour stimuler les pêcheries locales, améliorer la nutrition et réduire le piratage

7 décembre 2015, Bosasso (Somalie) - La FAO, en collaboration avec l'Union européenne, vient d'achever le déploiement en Somalie de 25 «aimants à poisson» le long de 3 300 kilomètres de côtes en vue de stimuler la petite pêche artisanale.

Les Dispositifs de concentration du poisson (DCP) sont constitués d'une bouée flottante et d’un «tapis habitat» solidaire de quelques mètres carrés fixé sur le fond marin. La vie végétale s’y développe rapidement, attirant un grand nombre de poissons. Cela crée de nouvelles zones de pêche à haute densité là où il n'y en avait pas.

Les 25 «aimants à poisson» attireront un grand nombre d’espèces différentes de poisson dont le thon que les petits pêcheurs, normalement, ne peuvent pas attraper facilement. Ces DCP rendent la pêche plus sûre et efficace tout en encourageant les pêcheurs à déployer leurs filets loin des habitats naturels tels que les récifs coralliens et les herbiers à posidonies qui sont vulnérables à la surpêche.

Cet effort a été financé par les gouvernements du Japon et de la Suisse, tandis que la Force navale de l’UE (EUNAVFOR), dont la mission consiste à lutter contre la piraterie tout en surveillant la pêche dans cette zone maritime, a assuré la protection et le soutien logistique au navire qui a déployé les DCP.

«L'initiative DCP est au centre de l’effort déployé par la FAO et ses partenaires pour renforcer les moyens d’existence des communautés côtières, renforcer la résilience et lutter contre les causes sous-jacentes de la piraterie, à savoir la pêche illégale, la dégradation des pêcheries locales, le taux élevé de chômage des jeunes et l'insécurité alimentaire», indique M. Richard Trenchard, Représentant de la FAO en Somalie.

De son côté, le chef de la Mission de l’UE en Somalie, M. Michele Cervone d'Urso, s’est félicité du programme DCP le qualifiant de complément essentiel aux efforts visant à créer des emplois dans les zones touchées par la piraterie.

«Il s’agit là d’une approche intégrée pour créer dans le long terme des possibilités d'emplois durables pour les jeunes et les femmes, soit autant d’alternatives à la piraterie et à la migration. Cette initiative développe aussi les chaînes de valeur du secteur de la pêche et de l'élevage au sein des communautés côtières du Puntland (Pount), de Galmudug et de Banadir où, traditionnellement, les communautés associent pêche saisonnière et activités pastorales», indique M. Cervone d'Urso.

Signalons que la FAO a travaillé avec une vingtaine de communautés locales ainsi qu’avec des Ministères fédéraux et régionaux somaliens pour identifier les emplacements des DCP et s’assurer qu’ils seront acceptés et bien utilisés.

Un développement généralisé


Un peu plus d'un million de Somaliens sont actuellement confrontés à une grave insécurité alimentaire, tandis qu'environ 307 800 enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë, indique-t-on à la FAO où l’on souligne que la durabilité de la pêche est un élément essentiel de lutte contre l'insécurité alimentaire et la malnutrition dans ce pays.

Selon M. Trenchard, les DCP doivent amorcer un développement à long terme au profit des communautés concernées et, plus important, encourager les investissements destinés à renforcer les liens avec les marchés.

«Outre l'expansion du programme DCP à d'autres zones, nous allons travailler avec les Ministères et les communautés de pêcheurs en vue d’attirer davantage d'investissements pour les machines à glace, le stockage à froid, la transformation, la bonification des sites de débarquement et, bien sûr, la réfection du réseau routier pour que le poisson arrive rapidement et aussi frais que possible sur les marchés», précise le Représentant de la FAO en Somalie.
 
Les activités connexes de la FAO en Somalie comprennent la construction de bateaux, la formation en matière de conservation du poisson, la distribution de réfrigérateurs solaires, la construction de jetées et l'enregistrement des pêcheurs. Une grande partie de ces derniers ont été soutenus par de généreux financements de la Norvège et du Royaume-Uni. En outre, grâce à un financement de l'UE, la FAO envisage de lancer un programme plus vaste visant à stimuler la croissance du secteur de la pêche dans son ensemble et à réduire davantage les chances d’émergence de la piraterie à l’avenir.

La durabilité est la clé

Les DCP peuvent avoir un impact négatif sur l'environnement s’ils sont utilisés à mauvais escient. Aussi la FAO a-t-elle été pionnière en élaborant des lignes directrices pour l’utilisation de ces dispositifs de manière durable, tout en s’appuyant sur les leçons apprises ailleurs.


L’emplacement est essentiel pour assurer la viabilité des DCP. En Somalie, la FAO a donc déployé ces dispositifs en eaux profondes dans des emplacements soigneusement ciblés et les a bien ancrés sur le fond marin.

Par ailleurs, la FAO a engagé un dialogue intense et constructif avec les femmes, les jeunes et les pêcheurs ainsi qu’avec les autorités compétentes en vue de mettre au point les règles et meilleures pratiques de gestion locales  permettant de réduire les risques de conflits locaux et d'assurer une utilisation durable des DCP. Ces règles sont consignées dans des accords locaux approuvés et paraphés par les anciens des villages, les dirigeants des coopératives et les représentants des pouvoirs publics.

Photo: ©FAO
Des pêcheurs somaliens à côté de l’un des nouveaux dispositifs de concentration du poisson (DCP).

Partagez