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L'OMC convient d'abolir les subventions aux exportations agricoles malgré des divergences de vues des Etats sur d'autres points

La FAO insiste sur des politiques commerciales équitables et favorisant la sécurité alimentaire

Photo: ©FAO/Alessia Pierdomenico
Étal de fruits à Barcelone (Espagne). Les subventions à l'exportation et autres mesures similaires sont souvent considérées comme source de distorsions du commerce mondial.

21décembre 2015, Rome - La FAO se félicite de l'accord de Nairobi qui vient d'être adopté par les États membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour supprimer les subventions à l'exportation des produits agricoles. Elle fait toutefois remarquer que des différences subsistent sur d'autres mesures visant à créer des conditions commerciales plus équitables à l'échelle mondiale, en particulier pour les pays en développement.

La déclaration publiée le 19 décembre à la clôture de la 10ème Conférence ministérielle de l'OMC à Nairobi (Kenya) comprend un certain nombre de décisions sur l'Accord sur l'agriculture.

Notamment, quatre décisions ministérielles ont été adoptées sur les points suivants: compétitivité des exportations par l'abolition de nombreuses subventions à l'exportation pour tous les pays d'ici 2018; les pays en développement pourront continuer pour le moment à détenir des stocks à des fins de sécurité alimentaire; mécanisme de sauvegarde spéciale permettant aux pays en développement de relever temporairement leurs tarifs pour faire face à des hausses d'importations; engagement des pays développés à fournir un accès en franchise de droits et de contingents aux exportateurs de coton des pays moins avancés à compter de 2016, pour autant que cela soit compatible avec les accords existants.

Tout en saluant l'accord de Nairobi, le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva a souligné la nécessité d'un accord mondial sur le commerce où les pays puissent concilier la réalisation de leur sécurité alimentaire nationale et leurs objectifs de développement sans porter préjudice à leurs partenaires commerciaux.

"L'incertitude qui règne sur la négociation de ce cadre est préoccupante dans un monde où le commerce agricole mondial sera vraisemblablement en augmentation au cours des prochaines décennies, au fur et à mesure que les régimes de consommation et de  production continueronnt d'évoluer", a déclaré le Directeur général.

"Une plus grande participation aux échanges mondiaux est de ce fait inévitable pour la plupart des pays. Toutefois, le processus de libéralisation des échanges, avec ses conséquences, devra être bien géré si nous voulons que le commerce améliore la sécurité alimentaire", a-t-il ajouté.

Commerce et sécurité alimentaire


M. Graziano da Silva a également évoqué le rapport récemment publié par la FAO, La Situation des marchés des produits agricoles (SOCO) 2015-16, qui souligne l'impact du commerce sur les quatre dimensions de la sécurité alimentaire: disponibilité, accès, utilisation et stabilité. 

Il fait en outre remarquer que le commerce et les politiques qui s'y rattachent ont des répercussions différentes sur les dimensions de la sécurité alimentaire selon les pays, voire à l'intérieur d'un même pays, et que celles-ci évoluent au fil du temps avec le développement des pays.

Harmoniser les objectifs à court et à long terme est d'une importance vitale, compte tenu des variations considérables de la nature des perturbations et de la fréquence accrue des chocs du marché due aux aléas géopolitiques, météorologiques et stratégiques. Si les efforts de protection des marchés intérieurs contre la volatilité des prix mondiaux pourraient avoir l'effet contraire, les mesures d'incitation agricoles jouent un rôle important pour doper la production et la productivité de l'agriculture et encourager une plus vaste croissance économique.

Renforcer la gouvernance commerciale


Les questions de commerce et de sécurité alimentaire peuvent être mieux harmonisées au sein du système multilatéral en améliorant l'Accord de l'OMC sur l'agriculture. En revanche, il a été difficile de trouver un juste équilibre entre les disciplines des politiques commerciales et l'espace politique souhaité par les pays en développement.

Dans la nouvelle édition du SOCO, la FAO soutient que prendre du recul pour résoudre les priorités et les problèmes nationaux sous-jacents pourrait être la meilleure façon de progresser. Elle souligne qu'il faut renforcer la cohérence des politiques de sécurité alimentaire, pour permettre aux gouvernements de concevoir de meilleures politiques commerciales tout en améliorant la conformité avec les cadres commerciaux régionaux et mondiaux.

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