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L’Amérique latine et les Caraïbes sont sur la bonne voie pour éradiquer la faim et la pauvreté

Le Directeur général souligne l’engagement politique de la région comme principal facteur permettant d’atteindre les Objectifs de développement durable (ODD)

Photo: ©FAO/...
Le Directeur général et le President mexicain Peña Nieto à l'ouverture de la 34e Conférence régionale.
Mexico, 1 mars 2016 – «Le monde est entré dans une nouvelle ère: celle des Objectifs de développement durable», a déclaré le Directeur général de la FAO s’adressant aux représentants des gouvernements de l’Amérique latine et des Caraïbes réunis pour  la 34e Conférence régionale de la FAO qui se tient du 29 février au 3 mars 2016, au Méxique.

Selon M. José Graziano da Silva, les deux premiers Objectifs de développement durable consistant à éradiquer la faim et la pauvreté d’ici à 2030 sont «les engagements les plus ambitieux et les plus significatifs jamais pris dans toute l’histoire des Nations Unies», et d’ajouter que l’Amérique latine et les Caraïbes peuvent être la première région au monde à les atteindre.

En 1990, 14,7% de la population de la région souffrait de la faim, et plus de 66 millions de personnes n’avaient pas accès à la nourriture nécessaire pour mener une vie saine.

«Aujourd’hui, le panorama est diffèrent: le nombre total de personnes souffrant de la faim est estimé à 34 millions et le taux a diminué de 5% par rapport à l’ensemble de la population, qui a augmenté de 130 millions depuis 1990», a déclaré le Directeur général.

L’Amérique latine et les Caraïbes placent la barre haut

Selon la FAO, l’Amérique latine et les Caraïbes constituent l’unique région au monde ayant atteint les objectifs visant à réduire la faim établis par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et le Sommet mondial de l’alimentation.

Sur la base de ce succès, les gouvernements se sont engagés à éradiquer la faim d’ici à 2025, 5 ans avant la date prévue pour les Objectifs de développement durable des Nations Unies approuvés récemment.

Pour y parvenir, les gouvernements proposent d’établir des accords régionaux, notamment l’Initiative Amérique latine et Caraïbes libérées de la faim et le Plan de sécurité alimentaire, de nutrition et d’éradication de la faim de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC). En outre, de nombreux gouvernements mettent en œuvre leurs propres programmes nationaux pour lutter contre la faim.

Dans son allocution d’ouverture à la Conférence régionale, M. Graziano da Silva a souligné l’appui de la FAO pour la mise en œuvre des ODD dans les pays de la région, mettant l’accent sur les trois objectifs relatifs à l’éradication de la faim et de la pauvreté, et la nécessité de s’adapter au changement climatique.

«Notre collaboration pourrait se baser principalement sur les statistiques, car il est essentiel d’établir des étapes de base afin de faciliter le suivi dans chaque pays», a précisé le Directeur général.

La faim diminue mais l’obésité augmente

Malgré une réduction de la faim et de la pauvreté dans la région, 7,1% des enfants de moins de 5 ans sont en surpoids et 22% des adultes sont obèses.


«La situation des femmes est particulièrement alarmante, avec un taux moyen d’obésité de 29% contre 18% pour les hommes ».

Le Directeur général de la FAO invite les pays à créer des «cercles vertueux» qui puissent lier l’agriculture durable à une meilleure nutrition, en regroupant les programmes d’alimentation scolaire, l’éducation nutritionnelle et l’agriculture familiale par le biais des marchés publics.

«Nous pourrons promouvoir une meilleure alimentation et faire face au double fardeau de la malnutrition en préservant les cultures et les produits alimentaires traditionnels de la région».

Une nouvelle approche de développement

Selon M. Graziano da Silva, le lien étroit entre la pauvreté rurale et l’insécurité alimentaire dans la région exige une nouvelle approche axée sur le développement socioéconomique et environnemental.

«Pour éradiquer la faim, il est essentiel de renforcer l’agriculture familiale ainsi que de développer des systèmes alimentaires inclusifs, efficaces et durables».

«Pour ce faire, il est important de coordonner les politiques de développement agricole avec la protection sociale, la gestion des risques et les politiques de l’emploi dans le secteur de l’agriculture».

Cette approche doit en outre intégrer l’accès aux ressources et services productifs, les politiques de protection sociale et d’emploi rural, en particulier pour les jeunes, les femmes vivant en milieu rural et les peuples indigènes.

Changement climatique

«Le climat est en train de changer maintenant, pas dans le futur», a souligné le Directeur général, lançant un appel aux gouvernements afin qu’ils promeuvent l’utilisation durable des ressources naturelles, la gestion des risques de catastrophe et l’adaptation au changement climatique.

L’Accord de Paris, conclu récemment, constitue une étape historique que la région devrait adopter comme cadre de référence en vue de renforcer la résilience des agriculteurs aux effets du changement climatique.

Le secteur agricole de la région a perdu, à lui seul,11 milliards de dollars en raison des catastrophes naturelles entre 2003 et 2013, alors qu’un tiers de la population vit dans des zones fortement exposées aux catastrophes naturelles.

«Les agriculteurs familiaux sont particulièrement vulnérables. Leurs moyens d’existence dépendent fortement du climat et ils ont une faible capacité à se remettre des catastrophes naturelles», a ajouté le Directeur général, concluant qu’il est nécessaire de mettre au point une gestion holistique des risques de catastrophe.

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