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Grippe aviaire: la menace persiste malgré de nombreuses victoires

Ne pas baisser la garde contre H5N1 et les maladies infectieuses émergentes

Photo: ©Tarkik Tinazay/WPN pour la FAO
La grippe aviaire continue de faire parler d'elle
16 avril 2010, Rome - Bien que le monde soit parvenu à éliminer le virus mortel H5N1 de l'influenza aviaire chez les volailles dans quasiment 63 pays infectés au paroxysme de la crise en 2006, le virus persiste néanmoins dans cinq pays, constituant une menace permanente pour la santé animale et humaine.
  

Interrogé avant l'ouverture de la Conférence ministérielle internationale sur la grippe animale et pandémique prévue pour lundi prochain à Hanoi, M. Juan Lubroth, Vétérinaire en chef à la FAO, a souligné qu'en dépit des succès considérables remportés, le virus H5N1 doit être traqué dans ses derniers retranchements en Egypte, en Indonésie, au Bangladesh, au Viet Nam ainsi qu'en Chine.


"La maîtrise progressive du H5N1 dans ces pays demeure une priorité internationale", selon M. Lubroth. "Même si l'attention du public s'est tournée vers la pandémie grippale H1N1 pendant une bonne partie de l'année 2009, le virus H5N1 reste une menace sérieuse.


20 milliards de dollars de dommages 


"Il ne faut pas oublier que le virus a causé la mort de 292 êtres humains. Il a également tué ou contraint à l'abattage systématique plus de 260 millions de volailles, provoqué des pertes économiques estimées à 20 milliards de dollars à l'échelle mondiale et dévasté les moyens d'existence des ménages agricoles.

"Tant qu'il survivra, ne serait-ce que dans un pays, il constituera encore un péril pour la santé publique à prendre très au sérieux."


La souche H5N1 de la grippe aviaire reste ancrée dans des régions où des dizaines de millions de canards domestiques sont élevés en plein air, où il existe une intense production industrielle de poulets associée à des marchés de volailles vivantes, et des densités élevées de population humaine et animale.

"Dans ces circonstances, la recherche de solutions efficaces est une véritable gageure", selon M. Lubroth qui fait remarquer que le processus même de croissance économique et démographique, y compris l'intensification de la production agricole, a facilité l'apparition de nouvelles maladies infectieuses, à mesure que de plus en plus d'animaux et d'hommes colonisaient des écosystèmes délicats.


Un risque pour l'homme


"Il est clair que l'homme continuera à être exposé à toute une série de zoonoses, et même si la gravité et l'ampleur des foyers reste imprévisible, il est avéré que la pression monte", estime l'expert de la FAO.


La FAO, l'OMS et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), qui ont piloté les efforts à l'échelle mondiale contre la souche H5N1, devraient jouer un rôle de chef de file dans la recherche d'une solution définitive au problème.

Les trois organisations devraient collaborer pour renforcer les défenses internationales contre les maladies infectieuses émergentes, ajoute M. Lubroth.


La conférence ministérielle de Hanoi a pour but de canaliser les efforts de coopération internationale contre les maladies en mettant à profit les expériences acquises durant les réponses aux pandémies de grippe A/H1N1 et H5N1.


De crise en crise


"Nous devons cesser de passer d'une crise à l'autre", met en garde M. Lubroth. "Il faut se concentrer davantage sur la prévision et la surveillance des facteurs à l'origine de l'émergence et de la propagation des maladies, et instituer une meilleure gestion des risques.


"Nous devons être en mesure d'affronter les problèmes à la source, avant qu'ils ne se transforment en menaces régionales, continentales ou mondiales".

A Hanoi, il sera aussi question de faire avancer la stratégie pilotée par les Nations Unies, "Un monde, une santé", visant à la réduction des risques de maladies infectieuses émergentes.