L’Europe et l’Asie centrale souhaitent améliorer la nutrition et l’agriculture durable

La Conférence régionale de la FAO pour l’Europe débute en Turquie, une semaine de discussions est prévue

4 mai 2016, Antalya, Turquie - Suite à des avancées considérables en matière de prévalence de la faim, plusieurs pays d'Europe et d'Asie centrale aspirent maintenant à améliorer la qualité de l'alimentation de leur population et à transformer leurs systèmes alimentaires en vue de s'adapter au changement climatique, d'optimiser l'utilisation des ressources naturelles et de réduire le gaspillage.

Le nombre de personnes souffrant de la faim dans la région - calculé en fonction des apports caloriques et énergétiques - a baissé de 40 pour cent depuis 1990, a fait remarquer aujourd'hui le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva. Il s'exprimait au début de la Conférence régionale biannuelle de la FAO pour l'Europe.

«Cependant, malgré des tendances globales favorables en matière de sécurité alimentaire, d'autres formes de malnutrition persistent et continuent de poser problème, affectant tous les pays de la région,» a ajouté M. Graziano da Silva.

Par exemple, dans 48 des 53 pays de la région Europe et Asie Centrale, la prévalence du surpoids et de l'obésité chez les adultes dépasse les 55 pour cent, tandis que des taux relativement élevés de retard de croissance continuent d'affecter les enfants dans le Caucase et en Asie centrale.

«La bonne nouvelle, a déclaré M. Graziano da Silva, c'est que plusieurs gouvernements de la région ont déjà commencé à prendre des mesures allant au-delà du simple fait de produire davantage de nourriture et visent à transformer les systèmes alimentaires en vue d'améliorer la qualité de l'alimentation et la nutrition des populations.»

Soulignant qu'un grand nombre de personnes souffrant de la pauvreté et de la malnutrition dans la région vivent en zone rurale, le Directeur général a indiqué que les actions de développement devraient mettre l'accent sur la contribution au dynamisme des économies rurales.

Pour soutenir de telles actions, la FAO s'est engagée dans deux initiatives prioritaires dans la région.

La première se concentre sur l'autonomisation des petits exploitants agricoles et des agriculteurs familiaux afin d'améliorer leurs moyens d'existence et leur résilience face aux catastrophes et aux chocs, y compris le changement climatique. Les retombées positives incluent l'amélioration de la nutrition et le renforcement de la durabilité de l'exploitation des ressources naturelles dans la production alimentaire.

La deuxième initiative régionale vise à améliorer l'agriculture et le contexte politique du commerce alimentaire afin d'aider les petites et moyennes exploitations agricoles à prospérer et à se développer.

S'attaquer aux causes de la migration

Prenant l'exemple du contexte dramatique qui prévaut actuellement en Turquie face à l'afflux de plus de 2,5 millions de réfugiés et de migrants issus de différents pays, M. Graziano da Silva a insisté sur la nécessité de combattre le phénomène à la racine, un phénomène qui met les populations sous pression et provoque des déplacements massifs à la fois à l'intérieur des pays et au-delà des frontières.

«Les conflits armés font évidemment partie des causes, mais le changement climatique, les menaces pesant sur les chaînes alimentaires telles que les ravageurs et les maladies agricoles, la pauvreté rurale, les catastrophes naturelles engendrées par le climat et d'autres dures réalités mettent également sous pression les familles et les communautés,» a-t-il précisé ce matin.

«Donner la priorité à la sécurité alimentaire, à l'agriculture et au développement rural peut aider à soutenir l'établissement de sociétés pacifiques et stables,» a expliqué M. Graziano da Silva, décrivant le développement durable comme un élément essentiel pour construire un monde plus sûr et plus pacifique. 

Les Conférences régionales de la FAO se déroulent tous les deux ans et réunissent, dans le cas de l'Europe et de l'Asie centrale, des délégués issus des 53 pays membres ainsi qu'une organisation membre (l'Union européenne). De nombreuses organisations observatrices représentant la société civile et le secteur privé y participent également. La Conférence fixe les priorités régionales en matière d'alimentation et d'agriculture et supervise les programmes de la FAO sur le terrain ainsi que d'autres travaux dans la région.

Parmi les moments forts des séances de la semaine figure notamment une réunion ministérielle sur la manière dont les pays membres de la FAO en Europe et en Asie centrale aborderont les Objectifs de développement durable adoptés récemment, et qui mettent l'accent sur la sécurité alimentaire, la nutrition, la production alimentaire durable et sur d'autres questions liées au travail de la FAO.

La promotion d'un groupe d'aliments connu sous le nom de légumineuses - les haricots secs, les pois, les lentilles et autres graines comestibles qui poussent dans les gousses - est un point essentiel à l'ordre du jour. Les pertes et le gaspillage alimentaire, les techniques nucléaires pour le contrôle des insectes nuisibles et le recensement de l'agriculture mondiale à venir seront également au cœur des discussions.

Photo: ©FAO/Vano Shlamov
En Géorgie, une femme travaille dans une serre à tomates.