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Les abeilles sont un indicateur de la bonne santé des écosystèmes agricoles qu’elles aident à créer

Le Directeur général de la FAO invite la communauté internationale à adopter des approches en faveur des pollinisateurs

20 mai 2016, LJUBLJANA - Les abeilles apportent une contribution inestimable au secteur agricole et sont un indicateur de la santé environnementale. Elles reflètent la biodiversité et contribuent grandement à son maintien. 

«Un monde sans pollinisateurs serait un monde sans diversité alimentaire - et à long-terme, sans sécurité alimentaire,» a déclaré aujourd'hui le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva, à l'occasion de sa visite en Slovénie, dont l'étape principale  se tiendra samedi lors du festival national des apiculteurs.

La Slovénie, qui veut faire du 20 mai  la journée internationale des abeilles, a demandé l’aide de la FAO dans sa démarche. Le pays a déjà reçu le soutien de l’Organisation et de 53 pays lors de la dernière Conférence régionale pour l’Europe. Prochaines étapes : les comités techniques de la FAO et la Conférence de la FAO en 2017. Après l’accord conclu sur les Objectifs de développement durable et celui sur le changement climatique, il s’agira d’une des actions les plus concrètes, en accord avec les Objectifs de l’Agenda de développement durable pour 2030, a fait remarquer M. Graziano da Silva. 

«Les abeilles sont les pollinisateurs les plus connus, un groupe d'espèces qui volent, sautent et rampent sur les fleurs pour permettre aux plantes - notamment celles responsables de plus d'un tiers de la production mondiale de cultures vivrières - de se reproduire. Leur absence nous priverait de nombreux aliments nutritifs comme les pommes de terre, les oignons, les fraises, le chou-fleur, le poivre, le café, les citrouilles, les carottes, les tournesols, les pommes, les amandes, les tomates et le cacao,» a précisé M. José Graziano da Silva.

Pourtant, en dépit de leur rôle essentiel, nous cherchons à leur nuire en les exposant à des risques toujours plus nombreux, a prévenu le Directeur général.  

Les menaces pesant sur les abeilles comprennent le changement d'affectation des terres, l'utilisation de pesticides, la monoculture et le changement climatique, en mesure de perturber les saisons de floraison.

«Les abeilles sont le signe du bon fonctionnement des écosystèmes,» a indiqué M. José Graziano da Silva, ajoutant que «de manière générale, le déclin des pollinisateurs est également le signe des effets négatifs causés par les changements mondiaux sur les écosystèmes du monde entier». 

Il a fait remarquer que la FAO encourageait l'adoption de méthodes de production agricole visant à améliorer les fonctions des écosystèmes - notamment les méthodes de protection intégrée contre les ravageurs, qui réduisent l'utilisation de produits agrochimiques pour augmenter la production de manière durable.

La pollinisation rend service aux écosystèmes

«Le service rendu par la pollinisation aux écosystèmes est l'un des plus visibles et rend possible la production agricole,» a déclaré le Directeur général.

«Favoriser le développement de communautés de pollinisateurs solides - tout comme le travail réalisé par les papillons, les coléoptères, les oiseaux, les chauves-souris, les moucherons et autres animaux - signifie leur assurer une diversité d'habitats et soutenir les pratiques agricoles traditionnelles qui jouent en leur faveur,» a-t-il indiqué. 

Améliorer la diversité et la densité des pollinisateurs aura un impact direct et positif sur les rendements des récoltes. Depuis 2000, la FAO coordonne l'Action mondiale en faveur des services de pollinisation, en faisant part de son savoir et en élaborant des recommandations et des protocoles afin d'aider les pays à surveiller les pollinisateurs, à mieux comprendre les menaces qui y sont liées et à combler leurs besoins en information et leurs lacunes concernant les données.

Saluant la Slovénie pour son rôle leader dans le domaine apicole, M. José Graziano da Silva a invité tous les pays à adopter des méthodes agricoles favorables aux pollinisateurs. «Les consommateurs doivent prendre davantage conscience du rôle important des abeilles et des autres pollinisateurs et faire des choix en leur faveur,» a-t- il ajouté.

«Sans les abeilles, il serait impossible de réaliser le principal objectif de la FAO, à savoir un monde libéré de la faim,» a-t-il précisé.

Des abeilles très occupées

Chaque jour, une seule abeille se pose sur environ 7000 fleurs et il lui faudra répéter la même action sur quatre millions de fleurs pour produire un kilo de miel.

Selon la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, 81 millions de ruches produisent 1,6 million de tonnes de miel à travers le monde, soit près d'un tiers de ce qui commercialisé au-delà des frontières nationales. Alors que le nombre de ruches dans le monde a augmenté ces 50 dernières années, leur nombre a pourtant baissé dans de nombreux pays européens et nord-américains.

La santé des écosystèmes et la biodiversité dépendent également de plus de 20 000 espèces d'abeilles sauvages butineuses qui, en raison de leurs liens avec certaines plantes à fleurs, sont plus vulnérables face au changement climatique.

Photo: @FAO/Dino Martins
Une abeille au travail dans la vallée de Kerio au Kenya.

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