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La sécurité alimentaire en Afrique requiert une attention urgente

Priorité aux investissements, aux petits producteurs et à l’agriculture familiale

Photo: ©FAO/Giulio Napolitano
Faim et malnutrition en Afrique sont essentiellement imputables aux sous-investissements dans l’agriculture, selon M. Diouf

6 mai 2010, Rome – Le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, a exhorté aujourd’hui la communauté internationale à accorder une attention urgente à la situation actuelle de la sécurité alimentaire en Afrique.

“Depuis 2009, en Afrique subsaharienne plus de 265 millions de personnes sont sous-alimentées et 30 pour cent de la population est victime de la faim”, a signalé M. Diouf dans son allocution d’ouverture du Segment Ministériel de la 26ème session de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique à Luanda (Angola).

“Cette situation exige notre pleine et entière attention de toute urgence”, a-t-il ajouté.

L’agriculture au cœur des politiques et des programmes de développement

Il a fait toutefois remarquer qu’en dépit de ses effets négatifs, la récente crise économique mondiale a “placé l’agriculture et la sécurité alimentaire au cœur des politiques et programmes nationaux et régionaux de développement, ce qui permet d’envisager la prochaine décennie avec un regain d’optimisme”.

Et d’ajouter : “Ce nouvel ordre de priorités devrait être l’occasion de soutenir les petits producteurs et de renforcer l’agriculture familiale”.

L’agriculture africaine se heurte à de multiples problèmes, qui vont d’un accès insuffisant à l’eau et aux intrants modernes, au manque d’infrastructures rurales. Pour garantir une production vivrière durable et une sécurité alimentaire, l’agriculture devra atteindre des taux de croissance significatifs au cours des 40 prochaines années. Or, le continent a remporté divers succès à cet égard au cours des années passées.

En effet, l’Afrique regorge de terres arables, d’eau et de main-d’œuvre. Moyennant la mise en place de politiques adaptées, elle pourrait accroître sa production agricole, ses revenus et sa sécurité alimentaire, affirme M. Diouf. En 2008, l’Afrique a produit 152,3 millions de tonnes de céréales, soit 12 pour cent de plus que l’année précédente, et les projections pour 2009 indiquent une production céréalière de 160 millions de tonnes. 


Le fond du problème: le sous-investissement

La faim et la malnutrition en Afrique sont essentiellement imputables aux sous-investissements dans l’agriculture, a souligné M. Diouf. Seuls neuf pays africains ont alloué au moins 10 pour cent de leur budget national à l’agriculture, conformément aux engagements pris par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis au Sommet de l’Union africaine à Maputo en 2003.

Dans un même temps, la part d’aide publique au développement (APD) des pays riches octroyée à l’agriculture des pays en développement est tombée, à l’échelle mondiale, de 19 pour cent en 1980 à environ 5 pour cent aujourd’hui.

Néanmoins, “je demeure convaincu qu’avec la volonté politique et une bonne gouvernance, l’Afrique sera à même de développer son agriculture pour nourrir sa population”, a souligné M. Diouf. Et citant le Président du Malawi, Son Excellence Bingu Wa Mutharika, président actuel de l’Union africaine, il a ajouté que le mot d’ordre devrait être que “dans cinq ans, aucun enfant africain ne meure de faim ou de malnutrition”.

La Conférence régionale de cinq jours s’achève demain.