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La crise économique risque de compromettre les progrès accomplis par l’Europe dans la lutte contre la faim

L’agriculture a aidé 50 millions de personnes à sortir de la pauvreté

Photo: ©FAO/Giulio Napolitano
Il n'existe aucun moteur plus puissant pour la croissance et l'éradication de la faim et de la pauvreté que les investissements dans l'agriculture, a déclaré M. Diouf.

13 mai 2010, Rome - La région Europe-Asie centrale a remporté un franc succès dans la lutte contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire au cours des dix dernières années, en grande partie grâce à l'agriculture, a indiqué le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf, dans son allocution devant la 27ème Conférence régionale de la FAO pour l'Europe à Erevan (Arménie).

M. Diouf a néanmoins mis en garde que la crise financière et économique internationale risquait de mettre ce processus en péril.

"La crise financière et économique est susceptible de compromettre les progrès et à l'amélioration significative des niveaux de vie atteints dans la région durant la dernière décennie", a-t-il souligné.

«Des études de la FAO ont montré que la crise a affaibli l'agriculture des pays d'Europe centrale et orientale". En outre, selon les estimations de la Banque mondiale, la région Europe-Asie centrale est celle qui a subi le plus fort contrecoup de la crise, a-t-il observé.

La cérémonie d'ouverture a vu la participation du Ministre arménien de l'agriculture, M. Gerasim Alaverdyan, qui a souhaité la bienvenue aux délégations.

Sortir de la pauvreté

Depuis 1998, quelque 50 millions d'habitants de la région sont parvenus à s'extraire de la pauvreté - un exemple remarquable de réussite dans la lutte contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire, a affirmé M. Diouf.

"En Asie centrale, le nombre de personnes victimes de la faim a reculé de 38 pour cent, de 9,3 millions en 2000-2002 à 5,8 millions en 2004-2006. L'agriculture y a contribué pour beaucoup", a-t-il fait remarquer.

L'histoire a montré qu'"il n'existe aucun moteur plus puissant pour la croissance et l'éradication de la faim et de la pauvreté que les investissements dans l'agriculture", a déclaré M. Diouf.

Il faut donc accroître les ressources financières, a-t-il poursuivi, en soulignant qu'à l'échelle mondiale, 44 milliards de dollars par an d'Aide publique au développement étaient nécessaires pour financer intrants, infrastructures rurales et technologies au profit des petits agriculteurs des pays pauvres.

On estime qu'avec des investissements appropriés, près de 10 millions d'hectares de terres arables pourraient être remis en production pour cultiver des céréales et des oléagineux au Kazakhstan, en Fédération de Russie et en Ukraine. 

M. Diouf qui, mardi, a donné le coup d'envoi de la campagne internationale 1billionhungry visant à mobiliser l'opinion publique pour faire pression sur les dirigeants mondiaux et libérer un milliard d'êtres humains de l'étau de la faim, a réitéré sa conviction qu'"ensemble, nous pouvons éliminer la faim de la surface de la terre".

Cependant, a-t-il ajouté, "il faut pour cela passer des paroles aux actes, et le faire sans plus attendre".  

La Conférence régionale de deux jours a été précédée par la 36ème session de la Commission européenne d'agriculture (ECA).