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Des produits alimentaires abordables pour les populations et des conditions de vie décentes pour les petits agriculteurs familiaux

Le Directeur général de la FAO souligne le rôle du commerce afin de garantir une sécurité alimentaire mondiale et de s’adapter au changement climatique

3 octobre 2016, Rome - «La baisse des prix pourrait entraver les efforts internationaux visant à éradiquer la faim et la pauvreté extrême, à moins que des mesures ne soient prises afin de garantir des revenus et des moyens d'existence décents aux petits exploitants agricoles», a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«De manière générale, les prix des produits alimentaires affichent de nouveau une tendance vers la baisse alors que l'offre dépasse la demande. Cette situation fait suite à la soudaine flambée des prix enregistrée entre 2008 et 2012 et à une longue période de volatilité sur les marchés alimentaires», a indiqué M. José Graziano da Silva aux ministres de l'agriculture et du commerce et aux membres des gouvernements et experts présents à la réunion de haut-niveau sur les prix des produits alimentaires, qui se tient au siège de la FAO, à Rome.

«En tant que décideurs politiques, vous êtes confrontés au défi de proposer une alimentation à la fois nutritive et abordable aux populations pauvres, et de garantir de bonnes conditions aux producteurs, notamment aux agriculteurs familiaux», a-t-il ajouté.

«Des produits alimentaires avec un prix relativement bas contribuent à réduire les revenus des agriculteurs, et en particulier ceux des agriculteurs familiaux pauvres, responsables de la production des aliments de base dans les pays en développement. Cela contribue également à freiner la circulation d'argent au sein des communautés rurales, à réduire les revenus et à décourager les nouveaux investissements dans la production, les infrastructures et les services», a précisé le Directeur général de la FAO.

Il a par ailleurs souligné la nécessité d'analyser la baisse actuelle des prix des produits agricoles dans le contexte des efforts de la communauté internationale visant à réaliser le Programme pour le développement durable à l'horizon 2030 et à atteindre les Objectifs de développement durable.

Faire en sorte que le commerce bénéficie à tous    

Dans une allocution vidéo diffusée au cours de la réunion, M. Roberto Azevêdo, Directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a déclaré que «dans de bonnes conditions» le commerce offre aux populations des occasions d'accéder aux marchés mondiaux et aide à créer des conditions favorables permettant aux producteurs d'investir et d'innover.

La «décision historique», prise à Nairobi en décembre 2015 par des membres de l'OMC, consistant à annuler les subventions à l'exportation des produits agricoles aidera à rétablir des règles équitables sur les marchés agricoles et bénéficiera aux agriculteurs et aux exportateurs des pays en développement et moins développés, selon M. Azevêdo.

De son côté, M. José Graziano da Silva a mis en avant le potentiel du commerce pour contribuer à la sécurité alimentaire mondiale et à une meilleure nutrition, soulignant son rôle «d'outil d'adaptation» face au changement climatique. Les pays qui s'attendent à connaître une baisse des rendements et de la production en raison du changement climatique pourront se tourner vers les marchés mondiaux afin de nourrir leur population.

Le Directeur général de la FAO a également noté qu'une plus grande ouverture au commerce «pouvait également comporter des risques». Si elle n'est pas gérée correctement, «elle pourrait compromettre la production locale et donc les moyens d'existence des populations pauvres en milieu rural».

L'annulation des subventions à l'exportation des produits agricoles, qui a des répercussions sur les prix des marchés mondiaux, pourrait représenter un moyen d'améliorer le commerce de façon à ce qu'«il bénéficie aux petits exploitants agricoles dans les pays en développement et apporte la prospérité dans les zones rurales», a indiqué M. Graziano da Silva.

Protection sociale

«Alors que la demande représente l'un des puissants facteurs de la hausse ou de la baisse des prix des produits alimentaires, une bonne manière de rendre cela financièrement plus avantageux pour les producteurs et plus abordable pour les consommateurs est de promouvoir et de renforcer les programmes de protection sociale et d'autres initiatives telles que les bons alimentaires», a fait valoir le Directeur général de la FAO.

«L'objectif de ces politiques est de bâtir un cercle vertueux de production et de consommation locales», a-t-il ajouté.

«Afin d'y parvenir, de telles mesures doivent être accompagnées d'une collaboration solide entre les institutions responsables de l'agriculture, du développement rural, du commerce, de l'environnement, de la nutrition, de la santé et de la sécurité sociale», a indiqué M. José Graziano da Silva.

Fluctuation des prix et autres cas de figure

Afin de mieux se préparer aux prochains cas de figure relatifs à l'évolution à long terme des prix des produits agricoles, M. José Graziano da Silva a déclaré que la FAO cherchait à améliorer ses systèmes de modélisation afin de mieux comprendre les éventuelles fluctuations des prix et changements de tendances et d'aider les pays à élaborer des politiques adéquates.

Les Perspectives agricoles OCDE/FAO soulignent la forte probabilité de soudaines flambées des prix pour les 10 prochaines années, principalement en raison du changement climatique.

Photo: ©FAO/Benjamin Rasmussen
Un marché dans la ville de Boulder, dans le Colorado, aux Etats-Unis.

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