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L’agriculture des bas-fonds offre de multiples avantages au Libéria

L’UE et la FAO soutiennent un plan de relance des zones à fort potentiel agricole

Photo: ©FAO/Peter di Campo
Augmenter la production de riz au Libéria

26 août 2010, Monrovia/Rome - Les basses terres fertiles qui recouvrent un cinquième du Libéria font partie d'un programme parrainé par l'Union européenne et la FAO visant à réduire la dépendance de la nation à l'égard des importations de riz et à améliorer les moyens d'existence des familles agricoles vulnérables.

Le gouvernement libérien s'est fixé comme priorité la réhabilitation des marais, en particulier ceux contenant des rizières endommagées ou abandonnées, car les exploitations des bas-fonds ont un potentiel de rendement de riz supérieur de 80-90 pour cent à celles des plateaux.

"En utilisant davantage nos basses terres, nous obtiendrons non seulement de meilleurs rendements, mais nous limiterons également la déforestation et l'érosion du sol", a indiqué J. Qwelibo Subah, Directeur général de l'Institut central de recherche agricole du Libéria, mettant l'accent sur les avantages environnementaux.

"Dans les marais, on peut faire deux ou trois récoltes de riz par an, contre une seule sur les flancs des montagnes", explique Sheku Kamara, ingénieur agricole de la FAO. "En plus, avec le riz de montagne, il faut se déplacer d'une zone à l'autre après chaque récolte, puis pratiquer la coupe et le brûlis pour défricher la végétation. Et recommencer ainsi de suite".

M. Kamara a fourni un appui technique à un projet de réhabilitation de l'irrigation sur 2 000 hectares de marais, financé par la Facilité alimentaire de l'Union européenne (EUFF), le mécanisme de réponse rapide de l'UE à la flambée des prix alimentaires dans les pays en développement.

Créer des diguettes

La production de riz au Libéria a connu une forte impulsion après la guerre civile de 14 ans qui s'est achevée en 2003. Pour ne citer qu'un chiffre, elle est passée de 85 000 tonnes en 2005 à 144 000 tonnes en 2007. Pourtant, selon les données du gouvernement, le Libéria importe 60 pour cent du riz consommé dans le pays.

Dans les comtés de Bong, Nimba et Lofa, jusqu'à 5 000 hommes et femmes - dont beaucoup furent contraints d'abandonner leurs fermes durant le conflit- sont en train de revitaliser les fermes des basses terres, en réparant les systèmes d'irrigation et en recevant une formation en techniques agricoles durables.

"Pendant la guerre, nous avons dû fuir. Après, nous n'avions ni argent, ni occasion de travailler", déplore Bendu Bendeh, de Samay (comté de Bong), devant les terrains marécageux qu'elle et ses voisins ont remis en état.

"Maintenant, nous savons comment créer des diguettes", poursuit-elle, se référant aux levées de terre qui quadrillent les champs et servent à la fois à contrôler l'irrigation, de plateformes de travail et de passages. "Nous avons appris à obtenir le riz d'une pépinière et à repiquer les plantules pour avoir une meilleure récolte".

Mme Bendeh et d'autres villageois ont également reçu des semences, des outils, des engrais et autres fournitures pour lutter contre les ravageurs.

Facilité alimentaire de l'UE

L'EUFF alloue 4,5 millions de dollars au Libéria par le biais de la FAO, dans le cadre de son initiative sur deux ans dotée d'un milliard de dollars, visant à aider les pays en développement d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine à atteindre une sécurité alimentaire à long terme.

Au Libéria, l'EUFF fait partie d'une initiative multiforme du gouvernement et du Programme conjoint des Nations Unies pour la sécurité alimentaire et la nutrition qui a pour vocation de fournir une aide d'urgence aux ménages victimes d'insécurité alimentaire tout en renforçant les capacités des Libériens à améliorer leurs moyens d'existence.

Dans le cadre de l'EUFF, la FAO a distribué des semences certifiées, des engrais et des fournitures de lutte contre les ravageurs à 10 000 ménages ruraux vulnérables. L'Organisation soutient également des projets de jardins scolaires avec des intrants agricoles et une formation, et fournit des intrants pour la production de légumes et une assistance technique à 6 000 maraîchers des zones urbaines et périurbaines.

L'appui technique de la FAO au gouvernement Libérien comprend toute une série de formations visant à améliorer la qualité des services de vulgarisation, renforcer les capacités des employés à conduire des inventaires des récoltes et revitaliser le système national de production, d'essais et de stockage des semences.

L'EUFF soutient également des activités complémentaires du PNUD, de l'UNICEF et du PAM qui vont des filets de sécurité comme les programmes vivres-contre-travail destinés aux ménages vulnérables, aux programmes d'alimentation scolaire et aux projets de construction de barrages et de routes.