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La sécurité alimentaire s’améliore au Zimbabwe

Mais 1,68 million de personnes ont encore besoin d’une aide alimentaire

Photo: ©FAO/Desmond Kwande
Programme FAO/UE d'intrants agricoles au Zimbabwe
10 août 2010, Rome - La sécurité alimentaire au Zimbabwe a enregistré des progrès considérables grâce aux efforts du gouvernement et à un programme international d'assistance d'un montant de 70 millions de dollars offrant aux agriculteurs des intrants subventionnés. Toutefois, le pays aura encore besoin d'une aide agricole et alimentaire l'an prochain pour quelque 1,68 million d'habitants.


Voici les principales conclusions d'un rapport publié aujourd'hui par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), à la suite d'une mission conjointe qui s'est rendue dans le pays en juin dernier pour évaluer la situation nationale des récoltes et de la sécurité alimentaire.


La mission a constaté que les superficies plantées en maïs, l'aliment de base, ont augmenté de 20 pour cent en 2010 pour atteindre leur plus haut niveau depuis 30 ans, et que la production a progressé de 7 pour cent en 2009.


Par rapport à la campagne médiocre de 2008 qui avait donné moins de 500 000 tonnes de maïs, la production a plus que doublé en 2009 et en 2010, s'établissant respectivement à 1,27 et à 1,35 million de tonnes.


"L'effort généreux de la communauté internationale pour la campagne d'intrants 2009/10  a fortement contribué aux bons résultats de cette année, même si dans certaines zones du pays, la répartition des précipitations a été inégale", a indiqué Cristina Amaral, Chef des opérations d'urgence et de réhabilitation de la FAO en Afrique.


"En dépit de l'amélioration des disponibilités alimentaires, jusqu'à 1,68 million de personnes auront besoin d'une aide alimentaire car les prix demeurent comparativement élevés pour les familles à faible revenu", a souligné Jan Delbaere, du PAM, co-auteur du rapport.


"Les disponibilités céréalières du Zimbabwe ne sont que de 1,66 million de tonnes, contre des besoins totaux estimés à 2,09 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation 2010/11 (avril/mars), ce qui laisse un déficit à combler de 428 000 tonnes", a fait remarquer Liliana Balbi, Chef d'équipe, Système mondial d'information et d'alerte rapide de la FAO (SMIAR).  Ce déficit sera couvert en partie par les importations commerciales, estimées à 317 000 tonnes de céréales, dont 200 000 tonnes de maïs.


La mission a estimé qu'en 2010/11, 1,68 million de Zimbabwéens souffriront d'insécurité alimentaire et auront besoin de 133 000 tonnes d'aide alimentaire. Selon le rapport, la pauvreté généralisée et l'insécurité alimentaire chronique ont porté à un manque de diversité de la consommation et contribué à une prévalence accrue de malnutrition chronique chez les jeunes enfants. Le manque de liquidités reste un obstacle pour accéder aux intrants et accroître la production vivrière.


Le programme d'intrants pour 2009/10, formulé conjointement par l'AGRA, la FAO, le FIDA et le PAM, a proposé un programme à impact rapide visant à doper la production vivrière des petits exploitants au Zimbabwe. La réponse de la communauté internationale a été positive et la FAO a reçu des contributions de plusieurs donateurs : Union européenne, Etats-Unis, Pays-Bas, Suède, Espagne et Finlande. Dans le cadre de sa « Facilité alimentaire », l'UE a fait la contribution la plus importante avec 15,4 millions d'euros  (20 millions de dollars).


Au total, 51 500 tonnes d'engrais et 6 500 tonnes de semences de maïs ont été distribuées à 738 000 ménages. La FAO a également encouragé l'agriculture de conservation qui a aidé les cultivateurs à améliorer la fertilité grâce à des techniques comme le maintien de la couverture organique du sol, le travail réduit du sol et la meilleure rotation des cultures. Le programme a également facilité l'utilisation de bons à échanger chez les revendeurs locaux contre les intrants nécessaires.


Les programmes de soutien agricole doivent être poursuivis durant la prochaine campagne de semis pour consolider les gains obtenus jusqu'à présent.