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L’agriculture et la sécurité alimentaire au cœur de l’action contre le changement climatique

A la COP22, la FAO dévoile un nouveau cadre mondial

16 novembre 2016, Marrakech – Le monde doit renforcer rapidement ses actions et rehausser ses ambitions sur le changement climatique, a déclaré aujourd’hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, devant les délégués participant à la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique (COP22) qui se tient au Maroc.

Prenant la parole lors de la Journée d’action de haut niveau sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, M. Graziano da Silva a fait valoir que les effets du changement climatique sur l'agriculture - notamment les cultures, l'élevage, la foresterie, la pêche, les terres et l'eau - compromettent déjà les efforts mondiaux visant à assurer la sécurité alimentaire et la nutrition.

Et les ruraux pauvres sont les plus touchés.

Se félicitant que plus de 90 pour cent des pays mettent l’accent sur l’agriculture dans leurs plans nationaux d’adaptation et d’atténuation du changement climatique, le chef de la FAO a souligné: «Il est temps d'investir dans l'agriculture durable et résiliente face au climat comme élément fondamental de la solution climatique».

La conférence sur le climat de l'année dernière à Paris (COP21) avait débouché sur le premier accord climatique mondial juridiquement contraignant. Le sommet actuel à Marrakech, au Maroc, est axé sur la mise en œuvre des engagements pris par tous les pays signataires. Faisant écho à l'esprit prévalant à la COP, l'Accord de Paris est irréversible et l'inaction serait un désastre pour le monde.

Transformer l’agriculture, maximiser les avantages

Bien que l'agriculture contribue à près de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre, elle constitue un élément fondamental de la solution pour stimuler la résilience et lutter contre les effets du changement climatique, en particulier dans les pays en développement où l'agriculture est souvent l'épine dorsale de l'économie.

Le renforcement de l'agriculture réduit la malnutrition et la pauvreté, crée des opportunités économiques et génère une croissance plus rapide et plus équitable, notamment pour les jeunes.

L'agriculture durable améliore également la gestion des ressources naturelles et notamment l'eau. Elle conserve la biodiversité et les services écosystémiques et accroît la séquestration du carbone tout en atténuant les pressions qui entraînent la déforestation.

«Nous pouvons transformer l'agriculture pour la rendre à la fois plus productive et plus résiliente. Cette transformation peut répondre à la triple menace de la faim, de la pauvreté et du changement climatique», a fait remarquer le Directeur général de la FAO. «Les pays reconnaissent ce potentiel et prennent des engagements sans précédent».

Il convient d'intensifier les flux internationaux de financement en ce qui concerne le climat et débloquer des investissements supplémentaires pour l'adaptation dans les secteurs de l’agriculture afin d’imprimer plus d’élan à l'action, a ajouté le Directeur général.

Action concertée pour placer l'agriculture au centre de l'action

Un événement spécial consacré aux initiatives centrées sur l’agriculture et organisé par la FAO et le Ministère marocain de l’agriculture a eu lieu aujourd’hui dans le cadre du Programme mondial d’action sur le climat dirigé par Laurence Tubiana (France) et Hakima El Haité (Maroc) qui ne ménagent aucun effort dans la lutte contre le changement climatique. Objectif: rassembler et accélérer les initiatives des secteurs public et privé en vue d’atteindre les objectifs internationaux en matière de climat.

Pour améliorer la lutte contre l'impact de la pénurie d’eau mondiale, la FAO a dévoilé aujourd'hui son Cadre mondial d'action pour faire face à la pénurie d'eau dans l'agriculture dans le contexte du changement climatique.

La pénurie d'eau - qui est déjà un enjeu mondial majeur - s'intensifiera avec le changement climatique et les pressions liées à la croissance démographique. De la Californie aux provinces de l'est de la Chine, et de la Jordanie à la pointe sud de l'Afrique, environ quatre milliards de personnes - près des deux tiers de la population mondiale – subissent de graves pénuries d’eau pendant au moins une partie de l’année.

La pénurie d'eau est «l'un des principaux défis de l'agriculture durable», a déclaré M. Graziano da Silva. «J'invite les pays et nos partenaires à se joindre à cette initiative».

Au cours d'un autre événement parallèle de haut niveau, le Directeur général de la FAO a salué le lancement opportun de l'Initiative en faveur de l'adaptation de l'agriculture africaine, programme phare du Royaume du Maroc et qui a été approuvée jusqu'à présent par 27 pays.

Ce programme, aussi appelé «Triple A», conduira l’action précisément dans les domaines où il convient d’opérer des transformations dans les secteurs agricoles – notamment la gestion durable des sols, une meilleure maîtrise de l'eau et une gestion globale des risques climatiques. La FAO collaborera fortement pour élargir cette initiative.

Cela exigera des flux plus importants de financement pour l'adaptation au climat et pour l'agriculture en particulier, a indiqué le chef de la FAO tout en précisant que deux pour cent seulement du financement climatique était destiné au secteur agricole. «C'est extrêmement peu et très en dessous de nos besoins», a-t-il déploré.

Le coût de l'inaction dépasse de loin celui de l'action

Le monde a adhéré aux objectifs ambitieux du Programme de développement durable 2030 et à l'Accord de Paris pour lutter contre la faim, la pauvreté et le changement climatique.

«Pour des millions de personnes, nos actions peuvent faire la différence entre la pauvreté et la prospérité, entre la faim et la sécurité alimentaire», a souligné le Directeur général de la FAO.

Photo: ©FAO/Rodger Bosch
Agriculture de conservation: Tseliso Maetlane cultive du maïs au Lesotho.

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