Il faut agir vite et investir dans l’éducation afin d’éviter d’entrer dans le « cercle vicieux de la non-durabilité », selon M. Thomson

Le Président de l'Assemblée générale des Nations unies se dit optimiste malgré quelques inquiétudes

23 novembre 2016, Rome - Alertant sur le fait que la voie empruntée actuellement par l'humanité risquait de nous faire entrer dans le «cercle vicieux de la non-durabilité» si personne n'intervenait, un haut responsable de l'ONU a insisté aujourd'hui sur l'importance de fournir un effort considérable d'ici la prochaine décennie afin de mettre en œuvre l'Accord de Paris sur le climat et de faire progresser le Programme de développement durable à l'horizon 2030 à l'échelle mondiale.

Si l'Accord de Paris a  bel et bien pour objectif de limiter le réchauffement climatique et les températures mondiales entre 1,5 et 2 degrés, «pour le moment, nous envisageons toujours une hausse de 3 à 4 degrés et il n'est pas certain que la civilisation, telle que nous la connaissons actuellement, puisse continuer à fonctionner ainsi», a déclaré aujourd'hui Peter Thompson, ressortissant des îles Fidji et Président de l'Assemblée générale des Nations Unies, aux représentants des gouvernements présents à la FAO à l'occasion d'un événement sur le nouveau Programme de développement durable à l'horizon 2030.

En plus du changement climatique, plusieurs domaines importants et urgents font partie du Programme, dont notamment la croissance démographique, la pauvreté et les inégalités, la dégradation environnementale, et les catastrophes naturelles qui contribuent à créer des situations de conflit, de migration, de faim et de malnutrition.

«Mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030, d'ici à la prochaine décennie, pour relever ces défis sera un grand test pour l'humanité tout entière, voire le plus grand», a indiqué M. Thompson, tout en appelant à déployer un effort considérable afin de sensibiliser les jeunes à l'importance de ce succès pour leur futur.

«Ma génération ne changera pas et poursuivra sa route qui la conduit droit vers ce cercle vicieux de la non-durabilité. Mais les jeunes, qui sont ceux qui ont le plus à perdre dans cette histoire car ils auront atteint l'âge adulte en 2030, ont la capacité de changer cela et de forcer leurs parents à changer leurs habitudes de consommation», a ajouté M. Thomson.

«Leurs choix détermineront notre succès ou notre échec», a-t-il indiqué, appelant également les gouvernements à s'assurer de l'intégration des ODD dans leurs programmes afin qu'ils soient «enseignés dans chaque école à travers le monde».

Un plan mondial qui peut fonctionner

Selon M. Thomson, la bonne nouvelle c'est que les ODD, l'Accord de Paris sur le climat et les autres accords internationaux obtenus ces 15 derniers mois, à savoir le Programme d'action d'Addis-Abeba, la Déclaration de Sendai et le Nouveau programme national de renouvellement urbain, «proposent une approche différente pour l'humanité et qui, même en ne nous ramenant pas dans le passé, pourra au moins contribuer à nous éloigner du cercle vicieux de la non-durabilité».   

«Ces accords nous fournissent le plan général et universel dont nous avons besoin pour instaurer la paix et promouvoir la prospérité», a-t-il argumenté, ajoutant que : «Des intérêts cruciaux sont en jeu : la place de l'humanité sur cette planète dépend de ce succès».

Selon le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, chaque pays se doit maintenant d'intégrer les Objectifs de développement durable et ces accords au sein des programmes et plans nationaux. Ils devront également collaborer pour trouver de nouvelles solutions afin de réunir les 5 à 7 mille milliards de dollars (provenant du financement public et privé) nécessaires pour leur réalisation.

M. Thomson a par ailleurs salué les récentes avancées sur ce sujet, citant les engagements de haut-niveau pris par les dirigeants à l'occasion de la COP 22 à Marrakech, qui contribueront à poursuivre les efforts visant à lutter contre le changement climatique et à mettre en œuvre le Programme de développement durable à l'horizon 2030.

Ne faire plus qu'un

M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO s'est également exprimé aujourd'hui ainsi que Mme Ertharin Cousin, Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM) et M. Périn St. Ange, Vice-président adjoint du Fonds international de développement agricole (FIDA).

Tous ont mis l'accent sur l'implication des agences alimentaires basées à Rome qui, à travers un solide partenariat, travaillent à soutenir les pays en vue de la réalisation du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

«Il est indispensable de travailler ensemble afin de s'assurer que personne n'est laissé pour compte», a ajouté M. Graziano da Silva.

Photo: ©FAO
M. Peter Thomson, Président de l’AGNU aux côtés de Mme Ertharin Cousin (PAM) et de M. José Graziano da Silva (FAO).

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