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Le développement rural est un dividende la paix selon le Président colombien Juan Manuel Santos

Le lauréat du prix Nobel de la Paix 2016 salue les efforts de la FAO visant à relancer l’agriculture du pays après 50 ans de conflit

15 décembre 2016, Rome - Juan Manuel Santos, Président de la Colombie et lauréat du prix Nobel de la Paix 2016, a exposé sa vision pour l'avenir de son pays après 50 ans de guerre civile, affirmant que les bénéfices engrangés par le dividende de paix profiteront également à de nombreux autres pays, en plus du sien.

« La paix dans notre pays est une paix qui profitera au monde entier, et ce sur plusieurs aspects. Deux d'entre eux, sont la sécurité alimentaire et le développement agricole » a-t-il déclaré à l'occasion de sa visite à la FAO.

Le Président Juan Manuel Santos est récemment parvenu à conclure un accord de paix avec les FARC, les Forces armées révolutionnaires de Colombie. Cet accord fait suite à de longues négociations et des décennies de conflits qui ont causé la mort de 200 000 personnes et déplacé des millions d'autres.
La Colombie, la FAO, l'Union européenne et le Programme de développement des Nations unies se sont tous engagés à faire du développement rural une priorité et un instrument du maintien de la paix.

« Nos champs ont également été victimes du conflit armé, qui a porté préjudice à la productivité du secteur rural, qui a contribué à augmenter la fracture sociale dans les zones urbaines et aggravé les inégalités dans notre pays » a indiqué M. Santos.

« La Colombie a montré qu'il n'existait qu'une seule voie pour parvenir à la paix, la voie du dialogue, de la négociation, de la coopération, de l'inclusion et de l'égalité et cette voie est aussi celle qui mène au développement durable, où personne ne doit être laissé pour compte » a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur-général de la FAO, alors qu'il accueillait le chef d'état.

Il a également remercié le Président Santos pour avoir accepté de rejoindre l'Alliance FAO-Lauréats du prix Nobel de la paix pour la sécurité alimentaire et la paix. Lancée en mai dernier, cette initiative, avec l'aide des lauréats du prix, soutient les efforts de la FAO visant à briser le lien entre conflit et faim et à promouvoir la résilience dans le monde.

L'accord de paix colombien est l'«exemple de quelque chose qui semblait au début impossible, devenir possible » et fait office de modèle pour tous les pays qui travaillent à éradiquer la faim et la pauvreté extrême et à réaliser les Objectifs de développement durable » a indiqué M. Graziano da Silva.

M. Neven Mimica, Commissaire européen en charge de la Coopération internationale et du développement, s'est dit partisan des initiatives visant à « rendre possible l'impossible » et a souligné que l'Union européenne avait lancé cette semaine, un fonds fiduciaire de 95 millions d'euros pour soutenir l'économie rurale colombienne.

La prochaine étape pour la Colombie

Le Président Juan Manuel Santos a insisté sur le fait qu'un axe clé du processus de paix en Colombie repose sur la promotion du développement rural dans les communautés dont les moyens d'existence ont été diminués par le conflit. « Les femmes rurales ont été touchées de manière disproportionnée par le conflit et devront bénéficier d'un soutien supplémentaire » a-t-il précisé.

« La FAO, a-t-il ajouté, est un partenaire important pour le gouvernement qui se prépare à mettre en œuvre une Stratégie d'intervention rapide visant à accélérer les investissements dans le secteur rural, qui a particulièrement besoin d'améliorer son taux d'emploi pour parvenir à une certaine prospérité, ce qui devrait permettre de renforcer la confiance de la population en une paix durable. »

Le plan comprend des investissements considérables dans l'infrastructure dans des zones où l'Etat n'avait jusqu' à présent été que très peu impliqué, et apportera des systèmes d'irrigation, des routes, de l'électricité, une couverture internet et des programmes de crédit rural, des réseaux de distribution de semences, des subventions agricoles, des écoles, des logements. Le plan consiste également à améliorer l'accès à l'eau potable et aux systèmes d'évacuation et mettra en œuvre des programmes de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

« Ce sont des investissements que nous devrions faire avec ou sans accord de paix » a précisé M. Santos. Utiliser les terres de manière plus efficace fait également partie des principaux axes du plan pour lequel la FAO s'est déjà engagé à contribuer en aidant à élaborer des directives. Les nouvelles lois agraires seront élaborées de manière à protéger les droits de propriété rurale et un fonds pour la Terre sera mis en place pour les paysans n'en possédant pas. La Colombie fera son possible pour que sa refonte institutionnelle corresponde aux Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers et aux Principes du CSA pour un investissement responsable dans l'agriculture et les systèmes alimentaires » a-t-il ajouté.

« La Colombie entre dans une phase d'après-conflit où la paix est particulièrement vulnérable. La paix doit faire l'objet d'efforts constants » a déclaré M. José Graziano da Silva

« La Colombie compte sur le soutien de la FAO, de l'Union européenne, du Programme de développement des Nations unies et des groupes de la société civile tels que Via Campesina » a indiqué M. Santos.

«La crédibilité de la FAO et son expertise, en particulier en ce qui concerne l'appui aux exploitants agricoles et a l'agriculture familiale est un élément stratégique de la réforme rurale colombienne, » a fait valoir M. Santos, ajoutant que le plan avait déjà atteint un stade avancé dans l'élaboration d'une approche globale. Il a également salué le rôle essentiel joué par le Commissaire M. Mimica, dans le cadre du processus.

Au-delà de la Colombie

« Le succès colombien a également beaucoup à offrir au monde. Le pays a en effet la capacité de devenir un grand producteur alimentaire puisqu'actuellement seules 30 pour cent des terres arables sont utilisées à des fins productives » a précisé M. Santos.

« La FAO est née à la fin de la Seconde guerre mondiale alors que l'Europe était dévastée et menacée par de nouvelles famines,  mais notre pays n'est pas dévasté et notre population ne court pas un risque de famine. Nous possédons des terres avec un potentiel énorme qui a été gâché à cause du conflit » a indiqué M. Santos.

« A présent, je suis ravi d'annoncer que nous allons exploiter au mieux ce potentiel et transformer la Colombie en fournisseur alimentaire, celui dont le monde a besoin pour lutter contre la faim au-delà de nos frontières et de participer ainsi à la réalisation des objectifs de la FAO, de manière concrète. »a-t-il ajouté.

Photo: ©FAO/Colombia
Une ferme d'Alta Guajira, en Colombie.

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