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Relancer la recherche agricole et forestière en RDC

Se doter d'une masse critique de scientifiques

Photo: ©FAO/Giulio Napolitano
Préserver l’un des écosystèmes les plus précieux de la planète, tout en améliorant les moyens d’existence des communautés des forêts ou des alentours

14 février 2011, Kinshasa/Rome - En partenariat avec l'Union européenne (UE), la FAO pilote les efforts visant à aider la République démocratique du Congo (RDC) à donner un nouveau souffle à sa recherche agricole et forestière, composante vitale pour nourrir une population sous-alimentée et préserver certaines de ses ressources les plus précieuses.

La République démocratique du Congo, un pays grand comme 81 fois la Belgique, est d'une richesse incroyable, et pas seulement grâce aux ressources dont regorge son sous-sol. Ses vastes étendues de terres arables et ses immenses forêts ont un potentiel sans égal.

Cependant, la richesse du pays ne profite que très peu à sa population, dont plus de 70 pour cent est sous-alimentée. Et comment faire en sorte que le développement des forêts et des terres se fasse également au service des générations futures?

"La recherche est le préalable de tout développement", affirme Gustave Tuka, ancien Secrétaire général du Ministère de la recherche scientifique.

"Autrefois, c'était la fierté du Congo, ajoute-t-il, mais après une longue période de léthargie, nous sommes tout juste en train de la faire renaître". En guise d'illustration, il compare son pays au Nigéria, qui aurait plus de 1 200 scientifiques agricoles à plein temps. "Ici, nous n'en avons qu'une poignée".

Patrick Houben, de l'Union européenne au Congo, évoque le lancement fin 2006 de l'initiative en faveur de la recherche agricole et forestière, connue sous le nom de REAFOR et dotée de 8 millions d'euros de l'Union européenne: "Nous avions la modeste ambition de mettre en place deux équipes de scientifiques."

Fin du projet

"Grâce au soutien de l'UE et à l'appui de nos nombreux partenaires dans l'agriculture et la foresterie, le projet REAFOR touche maintenant à sa fin", déclare Ndiaga Gueye, Représentant de la FAO en RDC.

Le maître d'oeuvre du REAFOR est la FAO, explique-t-il, qui bénéficie du soutien de nombreux partenaires spécialisés, notamment le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), l'Institut international d'agriculture tropicale (IITA), l'Institut national pour l'étude et la recherche agronomiques (INERA) et l'Université de Kisangani (UNIKIS).

Dans le domaine de la foresterie, 13 doctorants et 35 étudiants de maîtrise conduisent des recherches visant à préserver l'un des écosystèmes les plus précieux de la planète, tout en améliorant les moyens d'existence des communautés des forêts ou des alentours, qui en sont fortement tributaires pour leurs revenus et leur subsistance.

24 étudiants (5 en doctorat et 19 en maîtrise) mènent des projets de recherche agricole qui se concentrent sur les cultures vivrières de base comme le manioc et le plantain, et sur la manière de produire plus et mieux tout en préservant l'environnement et l'écosystème.

Entre-temps, les stations de recherche, du coeur de la forêt pluviale aux hautes collines bordant l'Ouganda ou les savanes du sud-ouest, sont en train d'être remises en état et équipées d'un matériel moderne, afin de doter les étudiants des moyens nécessaires à leurs travaux.

Où va le système?

"Notre but est d'offrir au Congo les moyens de se doter à nouveau d'une masse critique de scientifiques", souligne le responsable du projet de la FAO, Nehru Essomba. A l'heure où les étudiants se préparent à soutenir leur thèse et où le REAFOR touche à sa fin, Essomba est convaincu qu'un des buts immédiats du projet, la formation des étudiants et la remise en état des actifs, sera atteint.

Par ailleurs, son souhait serait de déclencher une prise de conscience sur la nécessité d'un plan de réforme institutionnelle. "Pour la simple raison qu'un système ne peut se développer que s'il sait où il va."

"Nous avons atteint nos objectifs", annonce Patrick Houben. Et il ajoute que la question est de savoir comment parvenir à poursuivre la recherche à la conclusion du projet. "Et là, c'est aux Congolais eux-mêmes que revient cette décision", conclut-il.