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Premières directives mondiales pour la réduction des rejets de poisson

Plus de 20 millions de tonnes de captures annuelles sont concernées

Photo: ©FAO/Giuseppe Bizzarri
Les pêcheurs ont besoin de nouvelles techniques leur permettant d’attraper uniquement les poissons ciblés
14 janvier 2011, Rome ­- Les premières directives mondiales sur la gestion des prises accessoires et la réduction des rejets ont été publiées aujourd'hui par la FAO. Elles seront à présent soumises pour approbation au Comité des pêches lors de sa session en fin du mois à Rome.

Les directives ont été avalisées par des experts de 35 pays réunis au siège de l'Organisation le mois dernier.

Les directives portent sur toutes les prises accessoires confondues, y compris les rejets, c'est-à-dire le poisson capturé accidentellement puis rejeté à la mer, mort ou mourant. Les prises accidentelles et les rejets sont une menace pour la durabilité de nombreuses pêcheries et portent préjudice aux moyens d'existence de millions de petits pêcheurs et autres métiers de la pêche.

Les prises accessoires peuvent comprendre en outre des espèces menacées d'extinction telles que juvéniles, tortues de mer, oiseaux marins, dauphins, etc. En fonction de la définition employée, ces prises peuvent dépasser 20 millions de tonnes par an. Dans certains pays, elles ont une valeur économique et sont consommées, ce qui empêche d'en estimer l'ampleur.

"Il s'agit là des premières directives portant sur toutes les espèces capturées par les engins de pêche", indique l'expert en technologies de la pêche de la  FAO, Frank Chopin. "Les directives étendent les principes de l'aménagement des pêches à toutes les espèces et tous les secteurs concernés. Alors que le Code de conduite pour une pêche responsable se réfère aux prises accessoires et aux rejets, ces directives approfondissent la façon dont les pays doivent affronter les prises d'espèces non ciblées et les problèmes de rejets sur le plan pratique ".

Il souligne que ces directives avaient été requises par les pays eux-mêmes et sont un pas en avant vers l'application d'une approche écosystémique de l'aménagement des pêches.


Les directives couvrent la planification de la gestion des prises accidentelles, l'amélioration des engins de pêche, les fermetures saisonnières de la pêche, les incitations économiques pour faciliter l'adoption des mesures, le suivi, la recherche et le développement, le renforcement des capacités des Etats à appliquer les directives et toutes autres questions pertinentes.

M. Chopin fait remarquer qu'il a été fait en sorte que les directives n'imposent pas une contrainte excessive aux petits pêcheurs artisanaux et aux nations en développement. "Les directives mettent l'accent sur la nécessité d'effectuer d'emblée un état des lieux de la situation pour déceler la présence de problèmes. Les impacts sociaux, economiques et biologiques liés à l'application de ces directives doivent être étudiés au cas par cas", ajoute-t-il.