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Côte d’Ivoire: les agriculteurs ont plus que jamais besoin d’aide

La FAO distribue semences et outils à des milliers de familles rurales

Photo: ©AFP
Réfugiés ivoiriens à leur arrivée au Libéria
18 avril 2011, Rome - Avec le retour timide du calme en Côte d'Ivoire qui succède à plusieurs mois de violence politique, une course contre la montre s'est engagée pour sauver la saison des semis de riz et de maïs qui débute avec les premières pluies dans l'ouest et le nord du pays.

Nonobstant la précarité de la situation sécuritaire, la FAO vient de lancer une opération de distribution de semences, d'engrais et d'outils agricoles à quelque 12 000 familles rurales en Côte d'Ivoire et au Libéria. Les distributions ciblent dans les prochains jours des villages qui abritent des réfugiés et des personnes déplacées.

Aide aux familles hôtes

On estime à un million le nombre de personnes déplacées en Côte d'Ivoire et à près de 150 000 celles qui ont trouvé refuge au Libéria où leur présence a pesé lourdement sur les maigres ressources des villages hôtes. En distribuant semences, engrais et outils, la FAO espère que l'assistance à la fois aux réfugiés et aux familles qui les ont accueillis préviendra de futures tensions tout en réduisant le fardeau de la lutte quotidienne pour se nourrir.

"Il n'y aura pas assez de nourriture car il y a moins de provisions que d'habitude pour couvrir la période de soudure jusqu'à la prochaine récolte", indique Luc Genot, qui coordonne l'aide d'urgence de la FAO en Côte d'Ivoire.

"En outre, le nombre croissant de personnes déplacées en zones rurales du fait du conflit accroît la pression sur les disponibilités alimentaires des ménages. Si l'on n'aide pas ces personnes à planter maintenant, elles auront besoin d'une aide alimentaire durant de longs mois", ajoute M. Genot.

Récoltes perdues

La menace qui pèse à présent sur la saison des pluies succède à la perte d'une grande partie de la récolte qui s'est achevée en janvier dernier. Les familles rurales ont soit été prises de court et ont pris la fuite sans avoir pu récolter, soit vendu leurs récoltes à vil prix dans la précipitation du départ afin d'avoir un peu d'argent liquide pour couvrir les frais de voyage.

Les violences, la pénurie de carburants et les barrages routiers ont limité la circulation dans le pays, occasionnant des pénuries de semences et d'engrais.

Dix années de troubles

Les troubles récents en Côte d'Ivoire ont été précédés de dix années de difficultés politiques qui ont mis à mal la population et la sécurité alimentaire dans un pays qui, autrement, est considéré comme l'une des économies agricoles les plus fortes d'Afrique de l'Ouest.

Les interventions de la FAO pour sauver la saison des semis actuelle ont été, jusqu'ici, financées par le Fonds central de réponse aux urgences des Nations Unies et sur ses propres ressources. La FAO a demandé à la communauté internationale un apport de départ de 4,25 millions de dollars dans le cadre de l'appel de l'ONU en faveur de l'agriculture de Côte d'Ivoire, et 6 millions de dollars pour le Libéria.

Ces fonds sont requis d'urgence pour la poursuite des opérations de la FAO des deux côtés de la frontière.