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Les méga-incendies pourraient contribuer au réchauffement de la planète

La FAO préconise un suivi des émissions liées aux feux de forêt et des stratégies intégrées de gestion des incendies

Photo: ©FAO/Roberto Faidutti
Les méga-feux, pour la plupart imputables à l'homme, seraient exacerbés par le changement climatique
10 mai, 2011, Rome/Sun City - Si les modifications du climat pourraient être à l'origine du nombre croissant de méga-feux, ces incendies pourraient contribuer à leur tour au réchauffement de la planète, indique la FAO dans un rapport présenté aujourd'hui à la 5ème Conférence internationale sur les feux de forêt à Sun City (Afrique du Sud).

L'Organisation a invité les pays à mettre en œuvre des stratégies mieux intégrées de gestion des feux et à améliorer la surveillance des émissions de dioxyde de carbone dues aux incendies et causant le réchauffement de la planète.

"Les méga-feux, pour la plupart imputables à l'homme, seraient exacerbés par le changement climatique, mais nous soupçonnons désormais qu'ils puissent constituer aussi un cercle vicieux qui accélère le réchauffement de la planète", souligne Pieter van Lierop, forestier à la FAO. "La question devient particulièrement pressante avec la fréquence et l'ampleur croissantes des méga-feux et les projections météorologiques de saisons d'incendies de plus en plus chaudes et arides", précise-t-il.

Parmi les exemples récents de méga-feux figurent l'incendie du Samedi noir de 2009 en Australie qui a fait 173 morts et rasé de nombreuses villes, et les 32 000 foyers d'incendies en Russie en 2010, où 62 personnes ont péri et quelque 2,3 millions d'hectares ont brûlé.

Le rapport, intitulé Findings and Implications from a Coarse-Scale Global Assessment of Recent Selected Mega-Fires, se penche sur les incendies qui ont éclaté récemment en Australie, au Botswana, au Brésil, aux Etats-Unis, en Grèce, en Indonésie, en Israël et en Russie.

Causes principales des méga-feux

La quasi-totalité des méga-feux de cette évaluation ont été déclenchés par l'homme. Les incendies sont souvent délibérément allumés pour défricher les terres à des fins agricoles ou de développement. La sécheresse était un facteur prépondérant dans tous les méga-feux examinés, à une exception près. Tous les feux examinés dans le rapport s'accompagnaient de conditions chaudes, arides et venteuses. Dans les forêts tropicales, les méga-feux sont principalement alimentés par le bois mort séché abandonné après la coupe et le défrichage en vue de la conversion des sols en plantations et en terres agricoles. 

Des stratégies de protection équilibrées

Même si on attribue souvent à la sécheresse la responsabilité de la propagation incontrôlée des méga-feux, la Floride et l'Australie occidentale offrent deux exemples où, en dépit de la présence prolongée d'une grave sécheresse, les coûts, pertes et dommages dus aux feux de forêt semblent nettement inférieurs qu'ailleurs. Ces programmes traduisent des approches de prévention, d'atténuation et d'extinction plus équilibrées. 

En Floride, le U.S. Forest Service et l'Etat de Floride sont propriétaires de quelque 800 000 hectares. Chaque année, les deux organismes procèdent en moyenne à une mise à feu contrôlée de 10 à 20 pour cent de leurs forêts. Les feux contrôlés sont organisés avec des rotations de 2 à 4 ans et coûtent entre 10 et 30 $ l'hectare, alors que dans les forêts non traitées, les coûts d'extinction des feux de brousse sont souvent supérieurs aux centaines, voire aux milliers de dollars l'hectare - sans compter les éventuels pertes et dégâts supplémentaires

Dans le sud-ouest de l'Australie occidentale, le Département de l'environnement et de la conservation protège un domaine d'environ 2,5 millions d'hectares. Il a couramment recours aux feux dirigés sur 8-9 pour cent de ce territoire, visant une couverture de 70-90 pour cent. Les coûts, pertes et dégâts liés aux feux de brousse ont considérablement diminué depuis le démarrage du programme de brûlage contrôlé.

Certaines régions ont mis en place des initiatives de gestion communautaire des feux. Ces modèles, administrés conjointement par des propriétaires privés et publics, concilient les intérêts contradictoires et visent à obtenir des forêts plus sûres et plus résilientes à l'échelle des paysages.