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Valorisation de la production locale en Afrique occidentale et compétitivité sur le marché mondial

Coopération FAO-Slow Food pour la protection de la biodiversité agro-alimentaire et le développement du marché local et d’exportation

27 octobre 2008, Turin/Rome- La valorisation de la production locale dans les pays en développement aide non seulement à promouvoir le marché interne et les exportations, mais elle contribue aussi de manière importante à la sécurité alimentaire de millions de personnes qui tirent leur subsistance de l’agriculture.

C’est dans cette optique que la Fondation Slow Food pour la biodiversité et la FAO viennent de passer un accord de coopération dans le cadre du Projet FAO de sécurité alimentaire en Afrique occidentale, financé par la Coopération italienne et qui intéresse quatre pays : la Guinée-Bissau, le Mali, le Sénégal et la Sierra Leone.

Terra Madre

L’accord a été présenté hier soir à "Terra Madre", la grande kermesse de quatre jours (Turin 23-27 octobre) organisée par Slow Food et à laquelle participent plus de  7 000 petits producteurs et opérateurs de la filière agro-alimentaire venus des quatre coins de la planète pour se concerter sur les moyens de promouvoir une production alimentaire durable et respectueuse des méthodes traditionnelles.

“Nous nous réjouissons de cette collaboration avec l’association internationale Slow Food. Nous apprécions et partageons avec elle la place centrale accordée à l’agriculture comme moteur du développement ainsi que son engagement en faveur de la protection de la biodiversité agro-alimentaire et pour la défense des petits producteurs des pays pauvres”, a déclaré M. Alexander Müller, Sous-Directeur général de la FAO responsable du Département de la gestion des ressources naturelles et de l’environnement.

“La relance du secteur agricole deviendra une réalité seulement lorsque les communautés locales productives en tireront des bénéfices. Slow Food œuvre dans ce sens et nous sommes heureux de pouvoir travailler ensemble aujourd’hui en Afrique de l’Ouest et demain, ailleurs”, a ajouté M. Müller.

Une approche innovante

“Le Projet FAO de sécurité alimentaire – dont l’accord avec Slow Food est une composante – est financé par la Coopération italienne pour un total d’environ 20 millions de dollars. Il se caractérise par une approche innovante qui vise non seulement à accroître la production agricole mais aussi à trouver des débouchés commerciaux”, indique Paolo Lucci Chiarissi, responsable de la contribution italienne au Fonds fiduciaire mondial de la FAO pour la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire des aliments.

Dans des pays où 40 à 50% de la population adulte n’a jamais fréquenté l’école, il est important que les ruraux se familiarisent avec des pratiques agricoles plus efficaces et apprennent aussi à lancer une petite activité commerciale, à tirer le meilleur parti des maigres ressources à leur disposition et à conserver et transformer les produits pour éviter d’avoir à les vendre tous au moment de la récolte.

La diversification de la production est un autre élément important afin d’éviter la dépendance d’une seule culture comme cela s’était produit en Guinée-Bissau où la chute des cours de la noix de cajou – qui représente 90% des exportations de ce pays – a gravement affecté l’économie nationale.  La diversification est également une stratégie valable pour améliorer la production agricole et renforcer la résistance des écosystèmes agraires au changement climatique en cours.

”On ne peut vivre sans agriculture”

“On ne peut vivre sans agriculture”, s’est exclamé M. Piero Sardo, président de la Fondation Slow Food pour la biodiversité. “L’économie locale est une des forces réelles contre la crise économique et financière mondiale actuelle.  Le  modèle de développement basé sur la surproduction et le profit a fait faillite ; il n’a pas permis de nourrir la planète mais il l’a polluée et a compromis gravement la biodiversité agroalimentaire qui est l’unique garantie pour notre futur.

“Il convient de s’activer pour protéger les produits traditionnels, soutenir les  petits agriculteurs en réduisant la distance entre ces derniers et les consommateurs et promouvoir ce qu’on appelle la filière courte”, a ajouté M. Sardo.


Une concurrence difficile

La production agricole des pays en développement doit souvent subir la concurrence des produits d’un marché mondial où les distorsions sont le fruit des subventions et incitations que les pays riches accordent à leurs propres agricultures.  La défense de la biodiversité agroalimentaire locale aidera à valoriser les cultures et les habitudes alimentaires traditionnelles et à protéger les pays pauvres qui ne dépendront plus des importations pour satisfaire leurs besoins alimentaires.

L’Association Slow Food pour la biodiversité est née en 2003 avec pour objectif de protéger et de mettre en valeur l’environnement grâce à des initiatives et à des projets au niveau aussi bien local qu’international pour la protection de la biodiversité des cultures et des traditions artisanales et alimentaires dans le monde.