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Croissance durable grâce à l’agriculture au Sud-Soudan

D'arpès un relevé topographique satellitaire, seuls 4,5 pour cent des terres disponibles sont exploitées

Photo: ©FAO
Le Sud-Soudan est extrêmement riche en ressources naturelles
8 juillet 2011, Juba/Rome - Alors que le Sud-Soudan s'apprête à fêter son indépendance le 9 juillet, cet Etat fraîchement créé doit faire face à de nombreux défis pour se doter d'un secteur économique solide, stable et capable d'offrir à ses habitants moyens de subsistance et sécurité alimentaire.

La FAO n'a cessé d'œuvrer au Sud-Soudan et se tient prête à aider ce jeune Etat à se doter d'une agriculture performante et durable. A cet égard, elle a élaboré un plan d'assistance technique intérimaire au secteur agricole.

Ce plan s'articule en trois volets: formation et vulgarisation au sein des services étatiques ; médiation pour la prévention des conflits sur l'eau ; et développement de la filière élevage. Sans conteste, il apportera une contribution notable au nouveau programme gouvernemental de développement général du Sud-Soudan.

Le plan intérimaire comprend d'autres volets, à savoir la création d'une filière de production de semences et le développement de l'agriculture urbaine et périurbaine, car beaucoup de personnes déplacées retournent à Juba, la capitale, et à d'autres agglomérations importantes du Sud-Soudan. Et pour les nourrir, il faudra produire autant que possible.

Un programme de réhabilitation de 61 millions de dollars

"Le Sud-Soudan est extrêmement riche en ressources naturelles et étant donné que 95 pour cent de la population dépend de ces ressources pour leurs moyens de subsistance, l'agriculture offre un potentiel extraordinaire de croissance durable", souligne George Okech, Chef du Bureau de la FAO au Sud-Soudan.

Actuellement, la FAO gère un programme de réhabilitation d'urgence de 61 millions de dollars au Sud-Soudan. Jusqu'ici, ce programme a permis à 250 000 personnes déplacées de reprendre leurs activités agricoles qu'elles avaient abandonnées durant le conflit armé. Il a également permis de soutenir les ménages vulnérables qui hébergent ces personnes depuis leur retour aux champs.

Les activités de soutien offertes par la FAO comprennent aussi la formation des jeunes agriculteurs dans des fermes-écoles et la mise en place d'un potentiel humain pour gérer les services administratifs.

Images satellitaires

Toujours dans le cadre de ses efforts en faveur de cet Etat récemment créé, la FAO vient d'effectuer un relevé topographique satellitaire qui montre que seulement 4,5 pour cent des terres disponibles sont actuellement en cultivation.

Les données satellitaires ont ensuite été vérifiées sur le terrain par des experts locaux dotés de systèmes GPS. Le relevé a coûté 20,6 millions de dollars avancés par le Programme Union européenne de renforcement des capacités institutionnelles du Soudan: information sur la sécurité alimentaire pour l'action.

L'objectif du relevé satellitaire était d'identifier la répartition des principales terres agricoles et des autres ressources naturelles, notamment les forêts, les pâturages et les fleuves.

"Le lancement de la base de données sur les terres ne pouvait advenir à un moment plus opportun pour le nouvel Etat du Sud-Soudan", déclare John Chuol Dhol, Directeur général de la production agricole du Sud-Soudan.

Le relevé topographique satellitaire n'est pas seulement une méthode formidable pour développer un système de collecte des données agricoles mais il pourrait constituer également une base solide pour le monitorage des ressources naturelles et, par voie de conséquence, de la sécurité alimentaire.

Un atelier se tiendra en août prochain à Juba pour présenter les résultats obtenus grâce aux données satellitaires. Il est organisé par la FAO et le gouvernement sud-soudanais.

Toujours en août, la FAO discutera avec les bailleurs de fonds de son plan d'assistance technique intérimaire au secteur agricole d'une valeur de 50 millions de dollars dans l'espoir d'assurer le financement de cet important programme. Parmi les bailleurs de fonds: le Canada, le CERF, le Fonds humanitaire commun des Nations Unies, la France, l'Espagne, la Suisse et l'Union européenne (ECHO inclus).