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Fermiers et forestiers contre le changement climatique

Il faut des mesures d’incitation dans les pays en développement

Photo: ©Clive Shirley/FAO
Cultures inondées en Afrique australe

4 décembre 2008, Rome - Le problème du réchauffement de la planète dû aux émissions de gaz à effet de serre requiert une intervention plus marquée des communautés agricoles, ainsi que de la foresterie et des utilisateurs des forêts dans la réduction de ces émissions.

"L'agriculture et la déforestation contribuent pour une grande part au changement climatique, mais dans le même temps, les agriculteurs et les usagers des forêts pourraient devenir des acteurs clés de la réduction des émissions de gaz à effet de serre", a déclaré M. Alexander Müller, Sous-directeur général de la FAO.

Des bénéfices partagés

"Pour développer le potentiel de l'agriculture et de la foresterie dans l'atténuation du changement climatique, il faut cibler les mécanismes financiers sur les agriculteurs et les forestiers dans le monde entier, plus particulièrement sur les petits exploitants des pays en développement", a ajouté M. Müller.

"Ces mécanismes devraient accorder la priorité aux mesures de réduction des émissions qui présentent des co-bénéfices' pour la sécurité alimentaire et énergétique, la réduction de la pauvreté et l'utilisation durable des ressources naturelles. La foresterie et l'agriculture offrent de multiples opportunités pour ce type de mesures ‘gagnant-gagnant", selon M. Müller.

Les émissions de gaz à effet de serre dues à la foresterie et à l'agriculture contribuent pour plus de 30 pour cent aux émissions totales annuelles (déforestation et dégradation des forêts: 17,4 pour cent, agriculture: 13,5 pour cent). L'agriculture est responsable de 50 pour cent du méthane (élevage et riziculture) et de plus de 75 pour cent de l'oxyde nitreux (essentiellement dû aux applications d'engrais) libéré chaque année par les activités humaines.

"Le changement climatique touchera les vies et les moyens d'existence des agriculteurs, des pêcheurs et des utilisateurs des forêts des pays en développement, dont beaucoup ont déjà du mal à joindre les deux bouts pour nourrir leur famille", a encore dit M. Müller.

Risques croissants

Les communautés rurales, en particulier celles qui vivent dans des zones déjà écologiquement fragiles, sont confrontées à un risque immédiat et croissant de pertes accrues de récoltes, de pertes d'animaux, et de disponibilités réduites de ressources marines, aquicoles et forestières.

Les hommes, les végétaux et les poissons seront exposés à de nouveaux ravageurs et de nouvelles maladies. "Le changement climatique pourrait aggraver la faim, en particulier dans les pays les plus pauvres. Nous devons agir sans tarder si nous voulons éviter une catastrophe humanitaire", a souligné M. Müller.

Quarante pour cent de la biomasse terrestre est gérée directement ou indirectement par les agriculteurs, les forestiers ou les éleveurs. "La communauté internationale ne pourra gagner sa bataille contre le changement climatique que si nous parvenons à mobiliser le potentiel de ces utilisateurs des terres dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et le captage du carbone dans les sols et les plantes. Nous devons nous adapter aux changements climatiques dont l'intensité et la rapidité ne cessent d'augmenter."

En utilisant des variétés culturales plus productives, en améliorant la lutte contre les feux de brousse, la gestion des ressources naturelles, la capture des biogaz des déjections animales, en régénérant la terre par des pâturages contrôlés, des pratiques biologiques de gestion des terres, l'agriculture de conservation et les systèmes agro-forestiers sont des techniques prometteuses.

Ces techniques devraient être plus fortement encouragées pour réduire les gaz à effet de serre dus à l'agriculture et à la foresterie et accroître l'adaptation aux changements climatiques.

La FAO soutient les pays insulaires du Pacifique pour l'intégration de stratégies d'adaptation au changement climatique et de mitigation dans les plans nationaux concernant l'agriculture, les pêches et la sécurité alimentaire.

A titre d'exemple, la FAO aide le Maroc et d'autres pays en développement à évaluer les effets du changement climatique sur l'agriculture et la sécurité alimentaire.

Au Bangladesh et au Népal, la FAO renforce les capacités nationales et locales en matière d'agriculture, d'élevage, de foresterie et de pêches pour la réduction des risques de catastrophes, la gestion des risques climatiques et l'adaptation au changement climatique, notamment en reliant l'appui sectoriel aux actions communautaires.