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Il est essentiel de lutter contre la pêche illégale en vue de parvenir à des océans sains

Ce nouveau traité est un outil indispensable pour instaurer une pêche durable et pour les communautés côtières, la Suède intensifie ses efforts

Photo: © FAO/Sia Kambou
Le PSMA offre de nouveaux pouvoirs aux responsables des ports afin de vérifier que les bateaux visiteurs respectent les règles de pêche.

8 juin 2017, New York- «Les océans du monde offrent à la fois des défis et des solutions au Programme de développement durable à l'horizon 2030 et les gérer avec plus d'attention est essentiel pour la sécurité alimentaire mondiale d'aujourd'hui et de demain, ainsi que pour les moyens d'existence de millions de personnes», a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva lors de laConférence des Nations Unies sur les océans.

Plus de trois milliards de personnes dépendent du poisson pour ses protéines animales, tandis que les moyens d'existence de 300 millions de personnes sont basés sur la pêche maritime et que la plupart d'entre eux sont liés à la pêche à petite échelle, pilier des écosystèmes marins et côtiers de nombreux pays en développement.

La Conférence de haut-niveau des Nations Unies sur les océans vise à soutenir la mise en œuvre de l'Objectif de développement durable numéro 14, qui consiste à conserver et à exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable.

«La non-durabilité pose de nombreux risques et comporte des coûts élevés. Aujourd'hui, les activités de pêche excessive, une faible productivité et une rentabilité insuffisante concernent nombre d'endroits dans le monde», a indiqué M. José Graziano da Silva.

«Cela contribue à mettre davantage de pression sur les ressources marines et à ce que près d'un tiers des stocks de poissons marins soient exploités à des niveaux biologiquement non-durables, une pression trois fois plus importante en 40 ans. La production halieutique annuelle augmenterait d'environ 20 pour cent (soit 32 milliards de dollars supplémentaires chaque année) si les partenaires travaillaient ensemble à la reconstitution des stocks de poisson surexploités», a-t-il ajouté.

Des ministres de l'Indonésie, de la Norvège, des îles Palaos et de la Suède se sont également exprimés lors de l'événement qui a eu lieu jeudi, tout comme des représentants du gouvernement mozambicain, du secteur privé et de la société civile.

La FAO joue un rôle de premier plan en vue de réaliser une cible primordiale de l'ODD 14  qui consiste à mettre un terme à la pêche illicite non-déclarée et non réglementée d'ici à 2020. La pêche INN représente plus de 26 millions de tonnes de poisson chaque année, soit un sixième de toutes les captures faites en mer et est estimée à 23 milliards de dollars. La pêche INN compromet également directement les efforts visant à s'assurer que les ressources marines soient exploitées durablement.

Le rôle de la FAO

Depuis 2001, les membres de la FAO se sont mis d'accord sur la nécessité de lutter contre la pêche INN et, en 2016, leurs efforts ont abouti à l'Accord relatif aux mesures du ressort de l'Etat du port (PSMA), un traité international négocié par la FAO qui a également contribué à son entrée en vigueur. Le traité compte maintenant 50 Etats parties dont l'Union européenne, l'Indonésie, les Etats-Unis et bientôt le Japon, ainsi que de nombreux petits Etats insulaires en développement.

Le PSMA donne de nouveaux pouvoirs aux responsables du port qui vérifieront que les bateaux visiteurs respectent toutes les règles de pêche, dont celles d'avoir des permis en règle, de respecter les quotas et d'éviter de pêcher les espèces menacées.

Le traité requiert également que les parties contribuent à sa mise en œuvre effective en s'assurant qu'elles ont la capacité technique de remplir leurs obligations. La FAO a déjà consacré plus d'1,5 millions de dollars à ce titre, ce que M. José Graziano da Silva a décrit comme «un capital de départ» en attendant les contributions volontaires des donneurs.

«Les activités de pêche INN représentent une menace pour la vie marine, freinent le développement et la prospérité des pays vulnérables et doivent impérativement cesser», a déclaré M. Sven Erik Bucht, Ministre suédois des affaires rurales, qui s'est entretenu avec M. Graziano da Silva et a annoncé officiellement une contribution de 5,4 millions de dollars de la Suède pour la FAO en faveur de la lutte contre la pêche INN.

Le financement aidera également à soutenir le travail de la FAO portant sur la meilleure manière de disposer des équipements de pêche abandonnés, qui constituent des déchets pour les océans et tuent les poissons. Il s'agira également de consolider le Fichier mondial des navires de pêche, une plateforme de la FAO visant à fournir des informations essentielles et transparentes aux personnes chargées de la gestion des pêches.

La FAO dirige également des travaux sur les Systèmes de documentation des captures qui permettent de suivre à la trace les poissons, de la source au magasin, des données de plus en plus demandées par les consommateurs. A travers l'Initiative Croissance bleue, la FAO travaille également à promouvoir le développement durable au sein des communautés de pêche côtières de manière générale.

 «Je crois vraiment que nous devrions progresser ensemble afin de prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche INN», a souligné M. Graziano da Silva.

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