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Le rapport de la FAO et du PAM est un outil inestimable pour le Conseil de sécurité de l’ONU, dixit son Président

Le Directeur général de la FAO présente le rapport sur l’insécurité alimentaire dans les pays touchés par les conflits

Photo: ©FAO/Karel Prinsloo
Des éleveurs en Somalie. Les actions visant à promouvoir la sécurité alimentaire peuvent aider à prévenir les crises, atténuer ses impacts et stimuler la reconstruction du pays.

9 juin 2017, New York - Au cours d'un entretien avec M. Sacha Sergio Llorentty Solíz, Ambassadeur de Bolivie auprès de l'ONU et Président du Conseil de sécurité, M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO, a présenté une nouvelle version d'un rapport conjoint de la FAO et du PAM portant sur la surveillance de l'évolution de l'insécurité alimentaire dans les pays affectés par une crise.

M. l'Ambassadeur Llorentty Solíz a décrit le rapport comme «un outil inestimable» qui permettra au Conseil de sécurité des Nations Unies d'être au fait de la situation de la sécurité alimentaire dans les pays traversant une période de conflits. «Ces informations sont très fiables et nous avons hâte de prendre connaissance des futures éditions», a-t-il ajouté.

Lors de la rencontre qui s'est tenue jeudi, M. Graziano da Silva a insisté sur le fait que les pays traversant actuellement une période de conflits comptaient une concentration extrêmement élevée de personnes en situation d'insécurité alimentaire.

Il a fait remarquer qu'améliorer la sécurité alimentaire pouvait contribuer à bâtir une paix durable, voire même prévenir un conflit en approche. «Les actions visant à promouvoir la sécurité alimentaire peuvent aider à prévenir une crise et à en atténuer les impacts, tout en stimulant la reconstruction et le redressement du pays après la crise», a souligné le Directeur général de la FAO.

Selon les estimations, 108 millions de personnes réparties dans 48 pays seraient confrontées à des niveaux incroyablement élevés d'insécurité alimentaire aigue. Ce chiffre est 35 fois supérieur à celui du rapport de l'année dernière, lorsque 80 millions de personnes se trouvaient dans la même situation.

Le rapport conjoint de la FAO et du Programme alimentaire mondial (PAM) Surveiller la sécurité alimentaire des pays en situation de conflits, soumis au Conseil de sécurité des Nations Unies, indique que ces conflits trouvent leur origine dans des crises alimentaires majeures, dans une hausse vertigineuse des prix des produits alimentaires à l'échelle locale et dans des conditions climatiques anormales, provoquées par le phénomène El Niño.

«Le conflit civil est le facteur déterminant dans 10 des 13 pires crises, soulignant ainsi le lien fort qui existe entre paix et sécurité alimentaire», ont précisé M. José Graziano da Silva et M. David Beasley, Directeur exécutif du PAM, dans le préambule du rapport. Ils ont également souligné la manière dont les conflits avaient contribué à ce que de nombreuses personnes se retrouvent en situation d'insécurité alimentaire, nécessitant une aide urgente.

«Les programmes humanitaires consacrés à la protection des moyens d'existence et l'aide à la résilience sont de plus en plus demandés», ont-ils ajouté.

Le rapport souligne la manière dont certaines de ces zones, affectées par des crises alimentaires, sont également en proie aux conflits et à la violence. En particulier au Soudan du Sud, où l'état de famine a été déclaré, dans le Nord-est du Nigéria, en Somalie et au Yémen, pays également menacés par la famine.

Le rapport insiste en outre sur l'impact du conflit sur les pays voisins, à l'image de l'impact de la crise des réfugiés syriens au Liban et de celle du Bassin du lac Tchad qui affecte plusieurs régions du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Nigéria. 

«Investir dans l'agriculture et le développement rural tout en apportant une aide alimentaire vitale est essentiel pour limiter l'impact négatif des conflits et lutter contre ses causes profondes», a indiqué M. José Graziano da Silva, tandis que M. David Beasley a mis en avant le fait que, pour la plupart des pays évalués par le rapport, huit personnes affectées sur dix vivaient en milieu rural.

Soulignant la nécessité d'investissements adéquats pour prévenir les crises et stimuler la reconstruction, les directeurs de la FAO et du PAM ont appelé à une meilleure compréhension de la situation et à poursuivre les efforts conjoints afin de faire face aux crises.

Dans le cadre du Programme de développement durable à l'horizon 2030, le rapport souligne que, si l'on considère le fait que les conflits peuvent freiner le développement durable, l'Objectif de développement durable numéro 16 consiste à réduire toutes les formes de violence et à trouver des solutions durables aux conflits et à l'insécurité. De même, éradiquer l'extrême pauvreté et la faim, parvenir à la sécurité alimentaire et rendre l'agriculture durable ont été reconnus comme des points primordiaux en vue de bâtir des sociétés pacifiques et inclusives.

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