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Diouf à Syrte: L'irrigation, clé de la sécurité alimentaire en Afrique

Un "Fonds d’action rapide" devrait être envisagé pour les pays en crise

Photo: ©FAO/Florita Botts
Ingénieux système d'irrigation dans le sud de la Tunisie
15 décembre 2008, Rome/Syrte – "La maîtrise de l’eau est un élément clé de la sécurité alimentaire", a déclaré M. Jacques Diouf, Directeur général de la FAO, à l’ouverture de la conférence de haut niveau sur “L’eau pour l’agriculture et l’énergie en Afrique: les défis du changement climatique” qui se tient du 15 au 17 décembre 2008 à Syrte (Libye).

La conférence est organisée par la FAO, chef de file de UN Water, et le gouvernement de la Jamahiriya arabe libyenne en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment l’Union africaine, le Conseil des ministres africains pour le développement de l’eau, la Banque africaine de développement et la Commission économique pour l’Afrique.

Au cours de leurs travaux, les ministres et hauts fonctionnaires de 53 pays africains doivent se pencher sur un programme pour une “Révolution bleue” utilisant au mieux les ressources en eau inexploitées de l’Afrique. Il s'agit de passer du stade de la parole à celui de l'action.

Etalé sur une vingtaine d’années, ce programme au coût d’environ 65 milliards de dollars détaille les besoins en investissements dans l'irrigation et l’énergie hydro-électrique dans chaque pays africain.

L’Afrique subsaharienne, qui a le plus fort taux de sous-alimentation au monde, sera durement touchée par le changement climatique. L’Afrique devra tripler sa production alimentaire d'ici à 2050 pour nourrir une population qui atteindra 2 milliards d’individus.

Des bilans par pays

C'est la première fois que des bilans par pays, basés sur des évaluations à court, moyen et long termes, sont dressés de manière exhaustive et précise en considérant les investissements pour la maîtrise de l'eau au niveau des villages, des périmètres irrigués et des grands bassins fluviaux, tant pour l'agriculture que pour la production hydro-électrique.

Evoquant la gravité de la crise financière, économique et alimentaire qui secoue l’ensemble de la planète, M. Diouf a souligné que la relance de la production agricole dans les pays pauvres grâce à des investissements substantiels dans l’agriculture était à la base de toute solution durable à la crise alimentaire.

M. Diouf a ajouté qu’il était capital d’"améliorer les conditions dans lesquelles travaillent les agriculteurs et dans lesquelles se font les échanges commerciaux".

A cet égard, il a rappelé qu’il avait récemment préconisé la tenue d’un nouveau Sommet mondial pour "assurer une plus grande cohérence dans la gouvernance de la sécurité alimentaire mondiale et pour jeter les bases d’un nouveau système d’échanges agricoles offrant aux agriculteurs des pays développés, comme à ceux des pays en développement, la possibilité de gagner dignement leur vie".

"Nous devons avoir l’intelligence et l’imagination de concevoir des politiques de développement agricole, ainsi que des règles et mécanismes assurant un commerce international non seulement libre, mais aussi équitable", a dit le Directeur général de la FAO.

Dans l’immédiat, un nouveau Sommet mondial sur l'alimentation devrait envisager la création d’un "Fonds d’action rapide" pour relancer, en cas de crise, la production agricole locale, notamment dans les pays à faible revenu et fortement importateurs d’aliments.

Déclaration commune

La conférence de Syrte doit déboucher sur une Déclaration commune soulignant l'importance de la maîtrise de l’eau au plan national, régional et continental en vue d’en exploiter pleinement le potentiel pour l’agriculture et l’énergie et afin que ces deux secteurs puissent assurer la sécurité alimentaire et les besoins croissants de l'Afrique en aliments et en énergie.

UN Water est le mécanisme interagences qui coordonne les activités des Nations Unies relatives à l’eau.