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Gros plan sur la pollution des sols

La rencontre annuelle du Partenariat mondial sur les sols met l’accent sur «les sols noirs» et les initiatives encourageant le partage des données

Photo: ©FAO/Ishara Kodikara
Des agriculteurs déchargent de la terre au Sri Lanka.

22 juin 2017, Rome -  La pollution des sols, en partie causée par les excédents de produits chimiques dans les sols, sera à l'honneur lors de la 5ème Assemblée plénière du Partenariat mondial sur les sols qui se tient cette semaine au siège de la FAO.

Le surplus d'azote et les métaux traces, à savoir l'arsenic, le cadmium, le plomb et le mercure, peuvent nuire au métabolisme des plantes et avoir pour effet de réduire la production agricole, sans oublier la pression mise sur les terres arables. Dès leur entrée dans la chaîne alimentaire, de tels polluants représentent également des risques pour la sécurité alimentaire, les ressources en eau, les moyens d'existence ruraux et la santé humaine.

«La pollution des sols est un problème émergent mais, étant donné qu'elle se manifeste sous diverses formes, le seul moyen de combler le manque de connaissances sur le sujet et de promouvoir une gestion durable des sols est d'intensifier la collaboration mondiale et d'apporter des preuves scientifiques solides» a déclaré M. Ronald Vargas, Fonctionnaire chargé de la gestion des sols et Secrétaire du GSP.

«Combattre la pollution des sols et parvenir à une gestion durable des sols est essentiel pour lutter contre le changement climatique», a indiqué M. Rattan Lal, Président de l'Union internationale des sciences du sol, alors qu'il s'exprimait au cours de l'Assemblée plénière. Lutter contre les problèmes engendrés par l'être humain, par le biais de pratiques durables, signifiera qu'«il y aura davantage de changements entre maintenant et 2050 que pendant les 12 millénaires qui ont suivi l'avènement de l'agriculture», a-t-il ajouté.

«L'Assemblée plénière du GSP est une plateforme unique, neutre et multipartite permettant de discuter des problèmes mondiaux relatifs aux sols, de tirer des leçons des bonnes pratiques et de réfléchir aux actions nécessaires afin de garantir la bonne santé des sols qui, à leur tour, contribueront au bon fonctionnement des services écosystémiques et à la production d'une nourriture de qualité pour tous. Agir à l'échelle nationale est notre nouveau défi», a souligné Mme Maria Helena Semedo, Directrice générale adjointe de la FAO - Coordonnatrice, ressources naturelles et climat.

L'Assemblée plénière a approuvé trois nouvelles initiatives visant à faciliter le partage d'informations : le Système d'information mondial sur les sols, le Réseau mondial des laboratoires de recherche sur les sols (créé pour coordonner et uniformiser les systèmes de mesures pour tous les pays) et le Réseau international des sols noirs, lancé pour améliorer les connaissances en matière de fertilité des sols agricoles à travers le monde, qui sont également connus pour leur haute teneur en carbone.

La pollution des sols à la loupe

Près d'un tiers des sols du monde sont dégradés, en grande partie à cause de pratiques de gestion des sols non durables. Des dizaines de milliards de tonnes de sols sont perdus chaque année par le secteur agricole et la pollution des sols est l'une des causes principales. Dans certains pays, elle peut d'ailleurs affecter jusqu'à un cinquième des terres cultivables.

Le terme «pollution des sols» fait référence à la présence de produits chimiques dans le sol, qui soit n'ont pas lieu d'y être, soit présentent un taux de concentration supérieure à la normale. De tels cas de contamination peuvent apparaître à la suite d'activités minières ou industrielles ou encore suite à une mauvaise gestion des égouts et des déchets. Dans certains cas, les polluants se propagent sur de vastes surfaces à cause du vent et de la pluie. Les intrants agricoles tels que l'engrais, les herbicides et les pesticides (et même les antibiotiques contenus dans le fumier animal) font également partie des polluants potentiels et représentent des défis particuliers, en raison de l'évolution rapide des formules cliniques utilisées.

La pollution des sols est un risque insidieux car elle est plus dure à déceler que d'autres processus de dégradation des sols, à l'image de l'érosion. Les risques posés dépendent de la manière dont le sol et ses différentes propriétés vont affecter le comportement des produits chimiques et la vitesse avec laquelle ils pénètreront les écosystèmes.

La diversité des contaminants, les types de sols et leur manière d'interagir rendent les études sur les sols, destinées à en identifier les dangers, difficiles et coûteuses. Les membres du GSP ont approuvé l'organisation d'un symposium mondial sur la contamination et la pollution des sols. La rencontre aura lieu en avril 2018 et se penchera également sur la meilleure manière de construire des réseaux mondiaux de données qui permettront de faciliter le partage d'informations et d'harmoniser les normes.

Les sols noirs

Bien que communément appelés «sols noirs» dans la classification nationale des sols, ces derniers sont pourtant loin d'être homogènes. Le nouveau Réseau international des sols noirs les définit comme contenant au moins 25 cm d'humus, avec une teneur en carbone organique du sol supérieure à 2 pour cent. Selon cette définition, ils recouvrent ainsi 916 millions d'hectares, soit 7 pour cent de la surface terrestre mondiale non recouverte de glace. Près d'un quart des sols noirs sont du type classique "Chernozem" et recouverts d'une couche d'humus de plus d'1 mètre. On les trouve dans les zones steppiques d'Europe de l'Est et d'Asie centrale et dans les anciennes prairies d'Amérique du Nord. Le Réseau international des sols noirs assurera la conservation des sols noirs et leur productivité sur le long terme, en produisant des rapports analytiques et en servant de plateforme pour faciliter le partage des connaissances et la coopération technique.

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