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Les agriculteurs du sud du Pakistan frappés par de nouvelles inondations dévastatrices

La FAO lance un appel pour 18,9 millions de dollars afin d’éviter l’escalade de la catastrophe dans les zones rurales

Photo: ©FAO/Reuters/Akhtar Soomro
Victimes des inondations dans la province de Sindh
23 septembre 2011, Rome/Islamabad - Des fonds sont requis d'urgence pour venir en aide aux agriculteurs du sud du Pakistan frappés par des inondations encore plus dramatiques que celles de l'an dernier, a annoncé la FAO aujourd'hui.

L'Organisation lance un appel pour 18,9 millions de dollars afin de répondre aux besoins primaires de millions de familles rurales des provinces du Sindh et du Baloutchistan. Cet appel de fonds rentre dans le cadre du dernier appel de l'ONU pour le Pakistan et vise à acheminer des secours d'urgence au bétail et des ensembles d'intrants agricoles à plus de 300 000 familles démunies.

Les fortes pluies de mousson qui ont démarré à la mi-août ont endommagé ou détruit 73 pour cent des récoltes et 67 pour cent des stocks vivriers dans les districts concernés de la province de Sindh, et ont décimé près de 78 000 têtes de bétail. L'avenir s'annonce sombre pour des millions de gens qui ont tout perdu.

Cette catastrophe a frappé avant même que les communautés ébranlées par les inondations de l'an dernier n'aient eu le temps de se relever - ce qui est également dû au fait que le Sindh n'a pas reçu la même aide que d'autres provinces en 2010. Les inondations et les pluies incessantes risquent d'alourdir le bilan des pertes d'actifs dans l'élevage et de faire perdre une autre occasion de semer du blé et d'autres cultures vitales. 

Priorité au bétail

Une des priorités absolues est désormais d'empêcher de nouvelles pertes de bétail. Au moins 5 millions d'animaux manquent de nourriture et d'abri et sont exposés à des maladies débilitantes et à des infestations de vers.

"Quelque 80 pour cent des habitants de la zone sinistrée dépendent de l'agriculture - et de l'élevage - pour vivre", souligne Luigi Damiani, Coordonnateur des urgences et de la réhabilitation à la FAO. "Ces animaux représentent souvent une vie entière d'économies pour les ménages. Il est vital d'acheminer des rations d'urgence pour le bétail, des semences fourragères, des vaccins et des traitements vermifuges".

Relancer la production agricole

Le relèvement des moyens d'existence basés sur l'agriculture passe par la relance de la production agricole. Là où les semis sont possibles, il faut fournir aux agriculteurs des intrants tels que semences et engrais, à temps pour la campagne d'hiver Rabi. La remise en état rapide des infrastructures d'irrigation et de drainage est essentielle car quelque 80 pour cent du blé semé dans le Sindh est irrigué. Ces réparations pourront se faire dans le cadre de programmes d'argent-contre-travail qui créeront des opportunités de revenus vitales pour les communautés sinistrées.

Conséquences exponentielles

La destruction des cultures sur pied a anéanti les sources actuelles et futures de nourriture et de revenus des agriculteurs, ce qui aura des conséquences humanitaires exponentielles si une assistance immédiate n'est pas fournie.

Avant l'arrivée des pluies de 2011, on estimait que les familles frappées par les inondations de 2010 auraient besoin de trois à quatre campagnes agricoles pour se remettre sur pied. Pour de nombreuses communautés du sud du Pakistan, la nouvelle catastrophe a exacerbé les pertes subies après les inondations de 2010 car la décrue dans de nombreuses zones du Sindh a été trop lente pour permettre les semis d'hiver.

"Tout retard d'intervention ne fera qu'aggraver l'insécurité alimentaire, les menaces pour la santé publique, la perte des accords fonciers en raison de l'incapacité des agriculteurs de rembourser leurs dettes, les déplacements de population et la dépendance à plus long terme de l'aide alimentaire", indique Kevin Gallagher, Représentant de la FAO au Pakistan. Toutefois, un soutien opportun des donateurs peut conjurer de nouvelles pertes de bétail et des occasions ratées de semis.

La FAO et ses partenaires prêts à intervenir

La FAO, conjointement au Programme alimentaire mondial, dirige le Groupe interorganismes de sécurité alimentaire au Pakistan, en collaboration avec l'Agence nationale de gestion des catastrophes et les ministères compétents. Au total, les besoins de financement du Groupe s'élèvent à 174 millions de dollars.

Au cours de l'année qui vient de s'écouler, la FAO a fortement étendu sa présence et ses partenariats au Pakistan, en mettant l'accent en particulier sur la planification des chocs futurs au moyen de plans d'urgence, d'évaluations détaillées des moyens d'existence et de cartographie des besoins.

Suite aux inondations de l'an dernier, la FAO a livré des intrants agricoles, soutenu l'élevage et remis en état les systèmes d'irrigation à la ferme, venant en aide à plus de 7 millions de personnes, grâce aux fonds octroyés par l'Australie, la Belgique, le Canada, le Fonds central d'intervention d'urgence, la Direction générale de l'aide humanitaire et de la protection civile, l'Union européenne, le Fonds international pour le développement agricole, l'Italie, la Suède, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.