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La faim dans le monde augmente de nouveau et réduit à néant des années de progrès

La Conférence de la FAO met l’accent sur le développement rural durable, une solution face aux conflits, au changement climatique et aux migrations

3 juillet 2017, Rome - « Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a augmenté depuis 2015, et menace de réduire à néant des années de progrès » a déclaré aujourd'hui M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO devant les Etats membres, à l'occasion de l'ouverture de la Conférence bisannuelle de l'Organisation.

M. José Graziano da Silva a insisté sur le fait que 60 pour cent des personnes souffrant de la faim dans le monde vivaient dans des pays affectés par un conflit et étaient confrontés au changement climatique.

La FAO a identifié actuellement 19 pays en situation de crise prolongée, faisant souvent face à des événements climatique extrêmes tels que des sécheresses et des inondations.

La FAO a également signalé un risque élevé de famine dans le nord-est du Nigéria, en Somalie, au Soudan du Sud et au Yémen avec 20 millions de personnes gravement affectées.

Les moyens d'existence de ces populations, pour la plupart rurales, ont été perturbés et « nombreux sont ceux à ne pas avoir trouvé d'autres options que celles qui les ont conduit à augmenter les chiffres de la migration de détresse », a indiqué M. José Graziano da Silva.

« Il est essentiel d'avoir un engagement politique fort afin d'éradiquer la faim, mais ce n'est pas assez. Nous pourrons uniquement mettre un terme aux souffrances liées à la faim lorsque les pays concrétiseront les engagements qu'ils ont pris, en particulier au niveau national et local. » a-t-il précisé.

« La paix est évidemment la solution clé afin de mettre un terme à ces crises mais nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre l'instauration de la paix, et la FAO, le Programme alimentaire mondial et le Fonds international de développement agricole travaillent tous très durs afin de venir en aide aux populations vulnérables. Il est très important de s'assurer que toutes ces personnes disposent des conditions nécessaires pour continuer de produire leur propre nourriture. Les populations vulnérables ne peuvent être laissées pour compte, en particulier, les jeunes et les femmes. » a-t-il ajouté.

Le Directeur général de la FAO s'exprimait à l'occasion de la Conférence de la FAO (du 3 au 8 juillet), le plus important organe directeur de l'Organisation, chargé de revoir et voter le programme de travail et budget et de déterminer les domaines d'action prioritaires liés à l'alimentation et à l'agriculture.

Près de 1100 participants sont attendus lors de cette rencontre dont un chef d'Etat, un premier ministre, 82 ministres et de nombreux représentants d'organisations internationales, du secteur privé et de la société civile.

Promouvoir l'agriculture durable et les efforts visant à s'adapter au changement climatique et à en atténuer les effets, lutter contre la réduction de la pauvreté, les pénuries d'eau, les phénomènes de migration, soutenir les moyens d'existence ruraux affectés par les conflits et le travail en cours concernant la nutrition, les pêches, la foresterie et la résistance antimicrobienne font partie des principales priorités de la FAO pour les deux prochaines années.

Un vaste soutien, la nécessité d'agir

L'éventualité d'être bientôt confronté à la pire crise alimentaire depuis la Seconde guerre mondiale - qui touchera le nord-est du Nigéria, le Soudan du Sud et le Yémen- signifie que « nous ne pouvons pas baisser les bras, nous devons renouveler nos efforts et les décupler de manière extraordinaire, » a déclaré M. Paolo Gentiloni, premier ministre italien lors de son discours inaugural. Il a décrit l'Objectif de l'ONU Faim Zéro comme une manière de parvenir à la paix, à la justice et à l'égalité tout en préservant l'avenir du monde.

M. Gentiloni a appelé toute l'Europe à partager le fardeau des arrivées massives de migrants en Italie, afin de rester « loyal avec sa propre histoire, ses principes et par respect pour sa civilisation. Les efforts de développement doivent aller au-delà des interventions d'urgence » a-t-il déclaré.

« Nous ne pouvons pas sauver les gens en les mettant dans des camps. Pour sauver des vies, nous devons sauver leurs moyens d'existence » a indiqué M. Graziano da Silva.

Le Pape François a exprimé son vif soutien envers le programme de la FAO, mettant l'accent sur le besoin de solidarité et de reconnaissance des droits de l'homme. « Nous sommes tous conscients que le fait de pouvoir leur assurer à tous une nourriture quotidienne n'est pas suffisant, il est impératif de reconnaître que tout le monde a le droit à l'alimentation » a indique le souverain pontife dans ses remarques lues par le Cardinal Pietro Parolin, le Secrétaire d'Etat du Vatican.

Le Pape François a annoncé qu'il visitera la FAO en personne à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation le 16 octobre.

M. Achim Steiner, qui pendant une décennie (jusqu'à 2016) a dirigé le Programme des Nations Unies pour l'Environnement et est actuellement l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le Développement, a prononcé le discours en hommage à M. McDougall, un économiste australien qui a milité pour la création de la FAO.

L'agriculture ne représente que 4 pour cent du Produit intérieur brut mondial mais son rôle est bien plus important et sa portée est telle qu'elle a contribué à faire naître « d'incroyables histoires » sur les gens, leurs terres et leurs cultures, » a déclaré M. Steiner dans un discours qui a mis à l'honneur l'avenir de l'économie agricole dans le sillage de l'Accord de Paris sur le climat.

Des politiques inadéquates et un manque d'attention budgétaire dans un secteur qui est actuellement affecté par des niveaux élevés de gaspillage et par l'érosion des ressources naturelles, reflète une « stratégie à haut risque » a-t-il ajouté.

Photo: ©FAO/Giuseppe Carotenuto
M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO salue M. Paolo Gentiloni, premier ministre italien.

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