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Les organisations des Nations Unies basées à Rome affrontent ensemble les pertes alimentaires

La Suisse financera un projet de 2,7 millions de dollars prévoyant des activités pilotes dans trois pays africains

Photo: ©FAO/Christena Dowsett
Le projet triennal des Nations Unies portera sur la réduction des pertes de céréales et de légumineuses.

20 décembre 2013, Rome - L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont lancé un projet commun destiné à affronter le problème des pertes alimentaires.

Chaque année, environ un tiers de toute la nourriture produite et destinée à la consommation humaine est perdue ou gaspillée. Cela représente 1,3 milliard de tonnes -suffisamment pour nourrir 2 milliards de personnes.

Les trois organisations des Nations Unies collaboreront au projet de 2,7 millions de dollars de réduction des pertes alilmentaires dans les pays en développement, financé par l'Agence suisse pour la coopération au développement. Ces pertes, qui ont lieu durant les phases de récolte, transformation, transport et stockage des produits, sont imputables aux lacunes en matière d'infrastructures ou au manque de compétences et de technologies.

Le projet triennal se concentrera en particulier sur la réduction des pertes de céréales et de légumineuses telles que maïs, riz, haricots et niébé - des aliments de base essentiels pour la sécurité alimentaire mondiale qui ont un impact prépondérant sur les moyens d'existence de millions de petits agriculteurs.

Selon un rapport publié en 2011 par la Banque mondiale, la FAO et le "Natural Resources Institute" (Royaume-Uni), les pertes céréalières en Afrique subsaharienne s'élèveraient à 4 milliards de dollars par an et pourraient satisfaire les besoins alimentaires minimum d'au moins 48 millions de personnes.

A l'échelle mondiale, l'initiative conjointe permettra de partager les connaissances sur les moyens les plus efficaces d'atténuer les pertes après récolte et d'aider les pays à instaurer des politiques et réglementations visant à réduire les gaspillages et pertes au niveau national et régional.

Le projet recensera également les points critiques des pertes dans les chaînes d'approvisionnement des légumineuses et céréales de trois pays africains - Burkina Faso, République démocratique du Congo et Ouganda - et identifiera et testera des solutions potentielles aux problèmes de récolte et de manipulation, de taux d'humidité durant le stockage, aux attaques de rats, oiseaux et autres organismes nuisibles, et aux dégâts provoqués par les insectes.

Sécurité alimentaire


Le projet des Nations Unies contribuera à la fois à l'Objectif du Millénaire pour le développement consistant à améliorer la sécurité alimentaire et au défi Faim Zéro lancé en juin 2012 par le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, dont un des principaux volets est d'éliminer les pertes ou gaspillages alimentaires.

"Lorsque quelque 840 millions d'êtres humains sont affamés chaque jour, nous avons la responsabilité éthique de garantir que la nourriture produite est consommée, et non perdue ou gaspillée", a déclaré Jong Jin Kim, Directeur de la Division FAO d'appui aux programmes, s'exprimant au nom des trois organisations basées à Rome. "La réduction des pertes et gaspillages alimentaires permettra de de pouvoir disposer de quantités significatives de nourriture et de réduire les coûts pour l'environnement, élément déterminant pour l'avenir, vu que nous devrons augmenter la production de 60 pour cent d'ici 2050 pour répondre à la demande d'une population en pleine expansion".

La FAO estime que 250 km3 d'eau et 1,4 milliard d'hectares sont gaspillés chaque année pour produire 1,3 milliard de tonnes de nourriture perdue ou gaspillée, sans compter les 3,3 milliards de tonnes d'émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

"En exploitant les atouts de chacune des trois organisations et grâce à la contribution de la Suisse, nous estimons que le projet aura un impact considérable en incitant les Etats membres à agir pour réduire les pertes alimentaires", a souligné M. Kim.

Les pertes alimentaires se produisent essentiellement durant les phases de production- récolte, transport et stockage- tandis que les gaspillages alimentaires ont lieu davantage au stade de la vente au détail et au niveau des consommateurs.

Au total, les pertes et gaspillages alimentaires représentent environ 30 pour cent des céréales, 40-50 pour cent des plantes-racines et des fruits et légumes, 20 pour cent des oléagineux, de la viande et des produits laitiers, et 30 pour cent du poisson produits chaque année.